Jenson Button : « Si je ne peux pas m’investir à 100 %, je ne veux pas le faire ! »

Jenson Button a mis fin à sa carrière de pilote professionnel samedi soir, à l’issue de la finale WEC de Bahreïn. Après ses premiers pas avec SMP, le Britannique est revenu en Endurance par le biais de Jota d’abord avec la Porsche 963 puis la Cadillac V-Series.R. Il a expliqué pourquoi il avait décidé d’arrêter et s’est exprimé sur ce qu’il allait faire plus tard.

« Je prends ma retraite de la course automobile professionnelle » annonce le Britannique de maintenant 45 ans. « Ma carrière a débuté en 2000 lorsque j’ai disputé ma première année en Formule 1 et elle se poursuit encore aujourd’hui, après 26 ans. C’est long pour un pilote de course pro et cela prend beaucoup de temps. Etre au sommet de son art, dans ce sport où l’on doit affronter les meilleurs pilotes du monde en endurance, c’est difficile donc je n’aurai pas eu le temps que pour cela en 2026. »

Il n’a aucun regret sur son arrêt de carrière, ni sur le fait d’avoir bifurqué vers l’Endurance il y a quelque temps. « J’ai couru en Formule 1 pendant tant d’années. J’étais arrivé à un point où je me disais : « Je n’apprends plus grand-chose de nouveau. » Les courses d’endurance ont donc vraiment été un nouveau souffle pour moi. Il y avait tellement plus à apprendre, pas seulement sur les voitures, mais sur la façon de courir également. J’adore le format, l’idée de courir 24 heures. J’ai dû apprendre beaucoup de choses, de nouvelles compétences que j’étais impatient d’acquérir. J’ai aussi appris à partager. En tant que pilote de Formule 1, on est très égoïste et soudain, on doit partager, faire des compromis. Je garderai un excellent souvenir de ces deux dernières années. »

©️ MPS Agency

En attendant de pouvoir profiter à fond de sa retraite, Jenson Button avait une dernière course à disputer, les 8 Heures de Bahreïn sur la Cadillac n°38 avec Earl Bamber et Sébastien Bourdais. « Cela a été un week-end très émouvant, ce fut ma dernière course professionnelle. C’était formidable de terminer ma carrière en franchissant la ligne d’arrivée sous le drapeau à damier. Ce n’était certainement pas une grande course pour notre équipe, mais j’ai tout de même apprécié ce moment. » Malheureusement, son ultime course a été entachée d’une pénalité pour avoir provoquée une collision avec une GT3. « Quand je suis monté dans la voiture, nous étions loin, nous avions du mal à trouver le rythme et essayions d’économiser les pneus pour la fin. J’ai ensuite eu quelques incidents qui n’ont pas aidé, notamment ce contact avec la Ferrari n°54. J’ai pris l’extérieur dans le virage n° 3, une trajectoire que j’ai empruntée à de nombreuses reprises, et je pensais être passé quand j’ai senti un choc à l’arrière qui l’a fait partir en tête-à-queue. C’était vraiment malheureux et je compatis pour lui, mais je ne pouvais vraiment rien faire. C’était véritablement un incident de course rendu difficile par une autre Hypercar à l’intérieur (la BMW n°20, ndlr). »

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Tout au long de ces deux dernières saisons professionnelles, Jenson Button a adoré l’endurance en particulier avec Team Jota. « Je me suis beaucoup amusé, j’ai vraiment apprécié et je suis vraiment très heureux d’avoir pu le faire avec une équipe comme Jota. Pour moi, l’un des aspects les plus importants de ma carrière en endurance est d’avoir travaillé avec cette équipe qui a commencé en tant que privée. Et puis c’est devenu une écurie d’usine. L’ambiance, l’esprit d’équipe, l’atmosphère familiale y sont incroyables. » S’il n’a aucun regret au moment de tourner la page, on sent que ce sera comme une petite mort (de pilote professionnel), chose qu’il n’avait pas ressenti au moment de quitter la F1. « On se souviendra toujours de moi pour la Formule 1 car j’y ai remporté le championnat du monde. Évidemment, pour beaucoup de gens, c’est le summum. Je repenserai à ma carrière, à mon travail, à mes victoires. Lorsque j’ai pris ma retraite en Formule 1, c’était différent. C’était plus excitant qu’autre chose car j’allais courir dans d’autres catégories : au Japon, en WEC, faire la Baja, du Rallycross, du Nascar. Cette fois, c’est différent, c’est la fin, c’est le point final. » 

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Mais alors de quoi va être fait 2026 pour l’homme aux 305 départs en F1 ? « Je continuerai à regarder les courses, me rendrai probablement au Mans, à Daytona. C’est toujours dans mon sang, je suis toujours passionné par la course automobile. Je vais continuer à courir mais ce sera plutôt en courses historiques. J’ai quelques voitures avec lesquelles je vais rouler pour le plaisir, j’adore cela. Je ne me vois pas participer à de grandes courses l’année prochaine ni dans le reste de ma carrière. Il faut consacrer beaucoup de temps et d’énergie pour être compétitif dans un championnat comme le WEC. Ces voitures sont très complexes. Ce sont réunions sur réunions avec des sujets multiples,  l’électronique, les systèmes, etc. Ça n’en finit plus. Je pense que si j’étais plus jeune, que j’avais plus de temps dans ma carrière, cela m’enthousiasmerait, mais maintenant, je veux juste piloter une voiture de course et m’amuser. Je n’ai pas le temps que l’équipe voudrait que j’y consacre, et si je ne peux pas m’investir à 100 %, je ne veux pas le faire. Je vais prendre du recul, passer plus de temps avec mes enfants, ma famille, j’ai hâte. Je vais monter dans des voitures ici et là pour le plaisir, et c’est tout ce qui compte pour moi. La course automobile doit être synonyme de plaisir et c’est exactement ce que ce sera en 2026 ! »

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Avec JOTA, Jenson Button a bouclé 1 951 tours en compétition, toujours classé dans le top 10 aux 24 Heures du Mans. Il compte sept podiums à son actif avec l’équipe britannique, et détient le statut de pilote Hypercar le plus expérimenté présent sur les podiums.

Certaines citations sont issues d’Eurosport, d’autres du communiqué de presse Cadillac. Un autre article sur Jenson Button suivra, le Britannique étant revenu sur toutes ses apparitions en Endurance…

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