Pour clore notre grand bilan WEC, finissons par une marque qui a toute la sympathie du paddock et des spectateurs : Aston Martin et ses envoutantes Valkyries. Pour sa première saison en WEC, les deux Hypercars vertes ont fait mieux que se défendre et on attend leur évolution en vue de 2026.
Initialement prévue pour les débuts de l’ère Hypercar, la Valkyrie devait être développée en partenariat avec Red Bull, sous la supervision d’Adrian Newey. Mais à la suite du rachat d’Aston Martin par Lawrence Stroll, le programme avait été mis au placard… avant de renaître grâce à l’équipe privée The Heart of Racing (THOR) dirigée par Ian James. Cette auto est basée sur la version de route et a un châssis en fibre de carbone. La Valkyrie AMR-LMH utilise une version modifiée du moteur V12 atmosphérique de 6,5 litres construit par Cosworth et développant plus de 1000 chevaux. A noter que cette auto n’a pas de système hybride et n’a pas de 4 roues motrices. Mais il a fallu la développer, la fiabiliser et composer avec la règlementation en vigueur pour être prêt pour la première course de la saison : pari réussi
Pour leur première apparition en compétition, les Valkyrie découvrent la réalité du WEC dans la douleur. À Losail, une des deux voitures terminent dernière de la catégorie (17e), à sept tours des leaders, tandis que l’autre renonce suite à des soucis mécaniques et après avoir perdu sa porte à 200 km/h. En Europe, les progrès se font sentir quelque peu. À Imola, les deux voitures terminent encore en fond de classement (17e et 18e), mais l’écart tombe à quatre tours seulement. C’est surtout à Spa-Francorchamps que la progression devient tangible : la #007 d’Harry Tincknell, Tom Gamble et Ross Gunn termine 13ᵉ, dans le même tour que les leaders, tandis que la #009 de Roman De Angelis, Alex Riberas et Marco Sørensen finit 14ᵉ, à un tour. Les premiers progrès se sont fait sentir avec une régularité plus solide. Le programme commence alors à montrer ses premiers progrès.
L’épreuve mancelle marque un véritable tournant pour la marque britannique. La #009 parvient à se hisser jusqu’en Q2 et se qualifie 15ᵉ. Après 24 heures solides et sans incident majeur, elles rallient l’arrivée 12e et 14e. Franchir la ligne d’arrivée avec les deux Valkyrie a été une victoire symbolique énorme, la preuve d’une fiabilité capable de tenir le coup sur la course la plus exigeante du monde. À São Paulo, la progression semble se confirmer après d’excellentes qualifications : la #009 part 11ᵉ et la #007 13ᵉ. Mais la course tourne à la déception : les autos ratent le coche et terminent 13ᵉ et 16ᵉ. Après la pause estivale, les deux voitures impressionnent à COTA où elles se battent aux avant-postes. Malheureusement, les deux Valkyrie abandonnent à 30 minutes de l’arrivée sur casse mécanique, frustrant une équipe qui visait un premier podium.
C’est au Japon que la Valkyrie a vraiment fait parler d’elle. Un meilleur temps en libres 3, une troisième place en qualifications, puis une belle cinquième place en course pour la #009. La #007, elle, abandonne après un contact avec une GT3 du même team. Ce n’est pas qu’une histoire de classement, ce qui a marqué, c’est la constance des relais et la fiabilité. Pour la première fois, Aston Martin s’est invitée dans la cour des grands, prouvant qu’avec un petit coup de pouce de la BoP (Balance de Performance), l’écart pouvait se combler. Lors de la finale à Bahreïn, les deux équipages passent en Hyperpole, la #009 s’élançant 6ᵉ, la #007 9ᵉ. Seule la #009 parvient à convertir ses efforts en points, menant la course puis terminant 7ᵉ.
Aston Martin a connu une progression remarquable tout au long de la saison. Arrivée au Qatar avec près de 4 secondes de retard au tour sur les leaders, la Valkyrie termine l’année capable de se battre pour le podium et d’entrer régulièrement dans les points. Un premier chapitre très prometteur, surtout pour un programme qui n’est pas 100% officiel, pour les deux Hypercars, dont le retour en endurance a été aussi bruyant avec son V12 mélodique que compétitif. Il faut désormais éplucher toutes les données récoltées, (en WEC et en IMSA), faire progresser la voiture dans la hiérarchie au niveau performance pour espérer en 2026 viser régulièrement les podiums en WEC.
« L’objectif d’Aston Martin en Hypercar en 2025 était de participer à des courses d’endurance au plus haut niveau, tant au niveau mondial dans le WEC qu’en Amérique du Nord dans l’IMSA », conclut Adam Carter, responsable Motorsport Endurance chez Aston Martin. « Ce sont deux séries magnifiques qui réunissent des constructeurs, des équipes et des pilotes qui sont au sommet de ce sport depuis, dans certains cas, des décennies. Le fait d’avoir mis sur le marché une voiture aussi unique que la Valkyrie, d’avoir commencé là où nous avons commencé et d’avoir constamment amélioré nos performances jusqu’à atteindre la finale du WEC à Bahreïn et d’y avoir réalisé une telle performance, démontre les capacités et la motivation de tous ceux qui participent à ce programme. Nous avons réalisé des progrès satisfaisants en 2025 et nous continuerons sur cette lancée la saison prochaine. »
Hugo Huveline / David Bristol

