Bilan WEC (2) : Porsche et Cadillac n’ont rien lâché !

Après notre focus sur le nouveau champion Ferrari, place à ses deux principaux adversaires cette saison : Porsche et Cadillac qui comptent une victoire chacun. 

Porsche : tout l’inverse de Ferrari !

Du côté de chez Penske Motorsport et Porsche, l’ambiance festive est plutôt restée en 2024, du moins en début de saison. Quelques difficultés d’exploitation (le pire de leur saison reste la disqualification de la #6 lors des qualifications au Mans pour poids non conforme) ternissent un peu les résultats, certes, mais le facteur principal venait d’ailleurs : en effet, la fin de saison 2024 était liée aux succès et podiums, soit tout l’inverse des Ferrari (ils avaient fait une seconde place à Bahreïn, mais s’est faite disqualifiée pour ne pas avoir respecté l’allocation pneumatique pour cette course).

Les 24 Heures du Mans ont fait du bien en terme de résultat : certes quand on voit la qualité de la course rendue par la #6, il y a de quoi être déçu (2e), mais le Mans a aussi relancé leur saison ! Troisième et quatrième au Brésil et une victoire pour Estre/Vanthoor/Campbell à Austin ! À Fuji, Porsche confirme, avec de nouveau une 3e place pour la #6 (qui signe son 4e podium consécutif !) et une 4e pour la #5 du trio Andlauer/Christensen/Jaminet, quand l’adversaire direct Italien s’enlise au delà du top 10 perdant de gros et précieux points. En arrivant à Bahreïn, clairement, la dynamique est dans le clan américano-allemand. Une dynamique qui, néanmoins, n’a pas fait le voyage jusqu’à la finale du WEC. Un temps dans le top 10, la #6 accuse le coup pas aidée non plus par l’abandon de la BMW M Hybrid V8 déclenchant le Safety Car à 40 min de l’arrivée. La #5, qui était aussi sur cette stratégie, a vu toutes ses chances s’évaporer au même moment. La conséquence est lourde : pas de points pour la dernière course de Porsche Penske Motorsports, le constructeur ayant annoncé un peu plus tôt l’arrêt de son programme. « Aujourd’hui, nous n’avions tout simplement pas le rythme nécessaire pour nous battre en tête » résume Thomas Laudenbach, vice-président de Porsche Motorsport. « Lorsque nous repensons aux trois dernières années, nous sommes remplis de fierté : nous avons été les premiers à remporter une course WEC avec une LMDh ; en 2024, nous avons décroché le titre des pilotes ; et au Mans, nous avons frôlé la victoire au classement général en terminant à la deuxième place. Je tiens à féliciter toute l’équipe Penske pour ces performances exceptionnelles. Félicitations également à notre équipe cliente GT3 Manthey qui a une nouvelle fois remporté les titres de champion du monde d’endurance. » Porsche n’est, en effet, pas reparti les mains vides de Bahreïn avec un double titres LMGT3. Elle termine 3e en Hypercar

La n°6, prétendante au titre ©️ MPS Agency

Cadillac pas toujours à l’écran, mais toujours présents !

2025 marquait le renouveau pour Cadillac. Non pas que la voiture ait évolué (ça devrait être le cas pour 2026 afin de rendre la voiture plus constante dans le trafic), mais après deux années avec Chip Ganassi Racing, le partenariat n’a pas été renouvelé. Un accord s’est fait avec Team Jota qui va enfin gérer un programme constructeur avec deux autos : la #12 de Lynn, Nato, Stevens et le trio Bourdais/Bamber/Button sur la 3B…n°38 pardon. Jota prouve tout de suite  ses compétences en plaçant ses 2 voitures en tête au Qatar, mais une incompréhension au moment d’une relance entre Lynn et Button brise toutes chances au team de briller. Néanmoins, la #12 prend la 8e place et l’avertissement à la concurrence est donné. Par sa difficile gestion du trafic, Imola confirme que les difficultés de la V-series R sont toujours présentes, néanmoins la n°12 arrive à finir 10e. A Spa Francorchamps, Cadillac s’affirme et met ses deux autos dans les points : la 5e place pour la discrète mais régulière #12, quand la 38 ouvre son compteur avec la 6e place ! De bon augure pour le Mans, bien que le podium semble encore un peu loin. L’apprentissage reste plutôt rapide et la collaboration entre Cadillac et Jota en bonne voie…

Quatrième manche de la saison, Le Mans permet aux deux Cadillac de briller. Lorsque le drapeau est agité par Roger Federer, elles partent en première ligne ! C’est la n°12 qui s’illustre et arrache la pole (Alex Lynn), 167 millièmes devant sa voisine de stand ! Le résultat de la course est solide, certes, mais avec une 4e place pour la n°12 et une 7e place pour la n°38, difficile de réellement savourer.

Heureusement le Brésil permet aux voitures dorées de garder un esprit positif, avec cette fois-ci aucun partage : pole position, toujours Alex Lynn, et doublé Cadillac en course (n°12 devant la n°38). Il s’agit là de la première victoire de Cadillac en WEC ! L’épreuve du Lone Star le Mans se déroulant aux USA, on peut considérer que c’est la manche à domicile de Cadillac. Mais les deux autos doivent se contenter des 6e et 8e places. À Fuji, c’est une nouvelle première ligne complètement verrouillée par les autos américaines, confirmant leur vélocité sur un tour. La course est beaucoup plus dure avec des V series toujours en difficulté à évoluer avec efficacité dans l’air sale du trafic. Des points sont malgré tout engrangés avec la 6e place (n°12), de quoi avoir encore mathématiquement ses chances pour le titre à Bahreïn…

©️ MPS Agency

Mais de titre, il n’y en aura pas. Au contraire, la n°38 est hors jeu avec un Drive through pour Jenson Button suite à un contact avec la Ferrari 296 GT3 de Thomas Flohr. La n°12, comme la Porsche n°6, évolue un temps dans le top 10, puis le perd de vue jusqu’au dernier Safety Car de la saison. Au final, une 6e place, mais la remontée de la n°50 jusqu’au podium offert par les futurs champions du monde pilotes prive Lynn/Nato/Stevens, Cadillac et Jota de la 3e place du classement Pilotes. Cependant, la n°12 est la championne de la régularité : le trio Alex Lynn, Will Stevens et Norman Nato ont été les seuls à marquer des points à chaque manche. Après une première saison très prometteuse, la concurrence est prévenue pour 2026 ! 

Sébastien Bourdais est revenu sur la saison de Cadillac terminée 4e chez les Constructeurs et sur la finale WEC. « Je pense que l’avenir est très prometteur. La n°12 a connu une saison assez incroyable, avec une victoire et de nombreuses performances solides, et aujourd’hui encore, elle a terminé juste derrière Toyota et trois Ferrari. Elle avait légitimement une chance de décrocher la troisième place du championnat, ce qui est plus que ce que nous pouvions espérer pour notre première année de collaboration entre JOTA et Cadillac. Je suis fier des gars. De notre côté, nous avons souvent eu le rythme cette année, mais malheureusement, pour une raison ou une autre, il y avait toujours quelque chose qui nous empêchait d’obtenir les résultats escomptés. Je suis fier de l’organisation en général et Jenson (Button) nous manquera l’année prochaine. Je suis sûr que nous aurons une équipe solide, j’espère que nous pourrons tout mettre en place et revenir plus forts. »

©️ MPS Agency

A suivre Alpine, Peugeot, Aston Martin

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