Logan Sargeant dispute pour la première fois une saison complète en FIA WEC et donc en endurance. L’ancien pilote de F1 aux 36 GP avec Williams Racing roule en LMGT3 (Ford Mustang n°88) et se prépare surtout en vue du programme Hypercar de Ford dans lequel il a été intégré. Endurance Live a pu le rencontrer à Spa.
La première fois que vous avez roulé en endurance, c’était au Red Bull Ring chez Racing Turkey en LMP2 en 2021 (avec Salih Yoluc et Charlie Eastwood). Quels souvenirs gardez-vous de votre première expérience en Prototype ?
« Elle s’est plutôt bien passée, car j’étais en pole position (sourires). En repensant à ce week-end, qui était, il est vrai, mon tout premier endurance, la première chose que j’ai remarquée, c’est à quel point l’ambiance était différente, à quel point c’était plus agréable. Avoir des coéquipiers avec lesquels on travaille vers un objectif commun plutôt que de s’entretuer. C’était un aspect sympa de ce week-end, et bien sûr, le rythme était excellent. Ce fut tout simplement un premier week-end très agréable. »
Après votre passage en F1 chez Williams Racing, vous êtes de retour en endurance. Que pensez-vous de la GT3 ?
« Elle est extrêmement différente de tout ce que j’ai conduit jusqu’à présent. C’est un vrai défi de m’y adapter. Je n’ai pas eu d’autres essais que le Rookie Test à Bahreïn et ça a été difficile. Mais j’ai l’impression de m’en approcher de plus en plus. Je me suis senti bien mieux ce week-end à Spa qu’à Imola. C’est une voiture lourde, avec un moteur à l’avant. Tout est différent de tout ce que j’ai connu jusqu’à présent. Les pneus sont extrêmement différents, mais ça fait partie du jeu. Je vois toujours ça comme une opportunité d’élargir mon bagage pour pouvoir monter dans n’importe quelle voiture et me sentir immédiatement à l’aise. C’est toujours ce qu’on essaie de faire, on peut toujours apprendre des choses, peu importe ce qu’on conduit. »
Avez-vous dû adapter votre style de conduite à cette voiture en particulier ?
« Tout ce que j’ai fait auparavant, je dois pratiquement le mettre de côté. Je conduis de manière complètement différente avec cette voiture, et je suppose que lorsque l’Hypercar arrivera, je devrai ressortir cette facette plus monoplace. Il faut être capable d’avoir deux boîtes à outils (une « monoplace », une « GT », ndlr). Évidemment, l’une d’elles, je le sais, est extrêmement rodée et solide, tandis que le côté GT3 est encore en cours de développement. C’est quelque chose qui ne pourra que m’aider pour l’avenir. »
Sur quels points pensez-vous devoir vous améliorer ?
« Je pense que la différence avec une voiture de GT, du moins avec la Mustang, c’est de comprendre ce dont la voiture a besoin compte tenu de son poids et du fait qu’elle a le moteur à l’avant. Ça bouleverse en quelque sorte tout ce que j’ai toujours fait avec mes pieds, car comme on le sait, la conduite se fait pour moitié avec les pieds, voire davantage avec les pieds qu’avec les mains. Je dois, en quelque sorte, réapprendre à utiliser mes pieds pour cette voiture. Ça a donc été un défi, simplement de comprendre que tout, dans cette voiture, doit être fait un peu plus tôt, plutôt que plus tard. Je dirais que le plus grand challenge, c’est justement de réapprendre à conduire. »
Le Mans approche, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
« C’est clairement la plus grande course d’endurance. C’est un immense privilège de piloter pour une marque américaine lors de la plus grande course du monde, et évidemment, nous voulons faire de notre mieux pour essayer de la remporter. J’ai eu le privilège de courir au Mans il y a quelques années. Ça fait cinq ans maintenant. Le temps passe vite. Mais j’ai vraiment adoré le circuit, j’ai tout aimé. Je n’ai jamais fait les 24 Heures, bien sûr, mais j’ai au moins pu rouler sur le circuit (Bugatti) et j’ai hâte d’y retourner, c’est certain. Et j’ai encore plus hâte d’y aller l’année prochaine en Hypercar. »
Vous investissez dans le programme Hypercar. Qu’avez-vous fait jusqu’à présent, et quel est votre rôle précis ?
« Pour ma part, je ne suis qu’un pilote parmi d’autres. Mon rôle précis pour l’instant, vu que la voiture n’est pas encore là, est surtout de passer beaucoup de temps sur simulateur, travailler sur le développement, les systèmes de commande, les commandes de conduite, peaufiner le volant, bref, régler tout ce qu’on peut faire dès maintenant avant l’arrivée de la voiture. Et puis, bien sûr, la communication et le marketing font aussi partie du boulot. Tout ce que Ford a besoin que je fasse, je suis impatient de le faire, et j’espère être présent lors de ce premier test en août. »
De quelle manière pensez-vous que votre expérience en F1 vous aidera dans ce nouveau programme ?
« Je pense que ça devrait beaucoup m’aider. On passe d’une voiture de GT, qui ne ressemble en rien à ce que j’ai conduit auparavant, à un prototype, qui ressemble beaucoup plus à ce que j’ai l’habitude de piloter. Et en plus de ça, je crois vraiment que je peux très bien utiliser ces outils de pilotage grâce à mon expérience en F1. Je sais déjà à quoi ils servent. Il s’agit maintenant de perfectionner les cartographies et la façon dont on veut les utiliser. Je suis donc super impatient de continuer à les améliorer avant l’arrivée de la voiture, puis, bien sûr, de les tester une fois qu’elle sera là. »

