Stéphane Ratel (SRO) : « Les catégories, généralement, meurent quand elles deviennent trop chères »

Figure incontournable du sport automobile et visionnaire reconnu, Stéphane Ratel s’est imposé comme l’un des artisans majeurs du succès mondial des championnats GT. Fondateur et président de SRO Motorsports Group, il a su transformer une passion en un véritable empire de la compétition GT à l’échelle internationale. De la création des 24 Heures de Spa modernes à l’essor du GT World Challenge, son influence dépasse largement les paddocks. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, sa vision du sport automobile et les défis qui façonnent aujourd’hui l’avenir de la discipline.

Stéphane, la plate-forme technique GT3 est intégrée au championnat du monde du d’endurance FIA WEC depuis 2024. Est-ce une satisfaction pour vous ?

« Bien sûr. La catégorie GT3 n’a pas du tout été construite exclusivement pour SRO, même si je l’ai introduite à l’époque où je gérais un championnat FIA. Nous l’avons créé pour le championnat d’Europe GT3 il y a tout juste 20 ans. Cette catégorie s’est développée et est ouverte à tous. Qu’elle arrive au pinacle du sport automobile avec les 24 Heures du Mans et le Championnat du monde d’endurance, c’est effectivement formidable pour la catégorie. Cette arrivée en FIA WEC n’a fait que la renforcer. Nous avons vu arriver des nouveaux constructeurs et bien plus d’intérêt de manière général.

En revanche, l’augmentation des coûts est indéniable. Nous regardons cela avec attention parce que les catégories, généralement, meurent quand elles deviennent trop chères. Il faut toujours être très attentif à ça et surtout préserver le côté compétition client du GT3. J’ai fait la promotion de plusieurs catégories comme le GT1 et le GT2.  En Championnat du monde d’endurance et, notamment aux 24 Heures du Mans, nous avons vu la catégorie GTE. Toutes ces catégories ont disparu donc il ne faut pas que le GT3 soit la prochaine sur la liste. Nous devons maintenir un caractère de compétition client pour que ces voitures soient produites à beaucoup d’exemplaires, vendues à beaucoup d’écuries privées à travers le monde pour être populaires et rester à des prix abordables. »

Le SRO qui organise des compétitions majeures se porte-t-il bien ?  

« Tout va bien. Le SRO continue à organiser presque une vingtaine de championnats à travers le monde. Nous sommes à quelques jours des CrowdStrike 24 Heures  de Spa qui restent quand même, en termes de pur GT, la plus grande course GT au monde puisqu’on a 70 engagés, une seule catégorie et 10 constructeurs présents, dont 8 avec des pilotes et des écuries officielles. Pour le GT3, c’est une très grande épreuve. »

© SRO

Est-ce qu’il y aura des évolutions majeures à court terme ou long terme ?

« Non, comme je dis souvent maintenant, on a construit toute une pyramide qui comprend la Coupe du monde GT dans les rues de Macao, avec ensuite l’Intercontinental GT Challenge avec des grandes épreuves d’endurance comme les 12 Heures de Bathurst, et les 24 Heures du Nürburgring. On a vu le succès incroyable cette année avec la présence de Max Verstappen au Nürburgring. Après, on a la série GT World Challenge avec quatre plateformes, une européenne, une asiatique, une australienne et une américaine. Nous organisons aussi des championnats nationaux, le British GT, des championnats GT4, des championnats plus amateurs également. Tout ça fait une galaxie qui tient la route et donc pas d’évolution majeure de ce côté-là en ce qui nous concerne. »

Nous connaissons Stéphane Ratel, le fondateur et président du SRO, mais vous êtes parfois pilote ?  

« D’abord, Stéphane Ratel n’a jamais été un pilote. J’ai commencé dans ce métier en tant que promoteur de course, et à l’époque, modestement avec Venturi. C’était une toute petite aventure et le constructeur avait besoin de pilotes pour tester la voiture. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de faire quelques courses en tant que promoteur de BPR (Barth, Peter, Ratel), parce qu’on courait dans des pays lointains où souvent, il faisait très chaud. Parfois, il manquait un pilote donc on m’a proposé de rouler. Je n’étais pas très vieux et je ne me débrouillais pas trop mal. J’ai fait une pause de 20 ans entre 2001 à 2021. Puis, à la faveur du Covid, j’ai rencontré un ami qui m’a persuadé de remettre le casque. Pour débuter, j’ai fait un peu de Sim Racing avec lui et il m’a remis dans la voiture. Depuis, je fais deux ou trois courses par an pour garder la passion de l’intérieur et réaliser le plaisir extraordinaire que nous offrons à tous les pilotes qui concourent dans nos championnats. »

Le Mans 1994, Stéphane Ratel , Venturi © Vincent Laplaud

Merci à Vincent Laplaud

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