James Barclay (McLaren) :  « Notre trajectoire est exactement celle que nous avions prévue »

À quelques mois de ses débuts en FIA WEC, McLaren poursuit le développement de son Hypercar avec ambition et méthode. James Barclay, directeur de McLaren Endurance, fait le point sur les essais, l’homologation, le recrutement des pilotes et les prochaines étapes d’un programme qui doit permettre à la marque britannique de se mesurer aux références de la discipline dès 2027.

Le compte à rebours est lancé pour McLaren. Après les premiers tours de roue de son Hypercar en mai, le constructeur britannique poursuit un programme d’essais dense, avec une priorité : arriver au départ de la saison 2027 du FIA WEC avec une voiture fiable et une équipe prête à affronter les meilleurs. Pour James Barclay, la progression suit le calendrier établi, même si une grande partie du travail reste à accomplir.

« Notre trajectoire est exactement celle que nous avions prévue », explique-t-il. Après six séances d’essais, hors tests aérodynamiques en ligne droite, McLaren a franchi plusieurs étapes importantes. Les premières sorties ont permis de faire fonctionner la voiture et de vérifier la fiabilité de ses composants. Le travail se concentre désormais davantage sur les réglages, les systèmes de contrôle et la recherche de performance, tout en poursuivant les validations techniques. Le directeur de McLaren Endurance ne minimise pas pour autant l’ampleur du défi. Le niveau affiché par les constructeurs déjà engagés en Hypercar impose une progression constante. « Nous savons où se situent les meilleurs concurrents. Nous avons maintenant une cible claire à atteindre », souligne-t-il.

Trois séances d’essais supplémentaires sont encore prévues avant la fin de l’année. Le programme alternera entre travail d’endurance et journées consacrées plus spécifiquement aux réglages et à la performance. McLaren entend également passer progressivement d’une voiture en piste à deux voitures, une étape essentielle pour préparer l’organisation opérationnelle de l’équipe. L’objectif ne se limite donc pas au développement technique. Il s’agit aussi de préparer les mécaniciens, les ingénieurs et l’ensemble du personnel à gérer deux prototypes simultanément. Après la fin de la saison WEC, les six pilotes de course doivent être réunis pour une séance commune, prévue en novembre. « Nous voulons passer d’un programme avec une voiture à des essais avec deux autos, puis réunir l’ensemble de nos pilotes. Ce n’est pas seulement une question de développement : nous devons aussi apprendre à faire fonctionner toute l’équipe avec deux Hypercars. »

© McLaren

L’homologation constitue une autre échéance incontournable. McLaren ne prévoit aucun changement de calendrier, même si la première manche du championnat devait être décalée. Pour le dirigeant britannique, la date est fixée et doit rester commune aux constructeurs afin de préserver l’équité sportive. « La date de l’homologation est verrouillée. Si un constructeur disposait d’un ou deux mois supplémentaires, cela ferait une différence considérable dans le développement. Nous devons respecter cette échéance et nous concentrer dessus », insiste-t-il.

Pour une équipe qui revient en endurance avec un programme Hypercar, l’expérience des pilotes représente un levier majeur. McLaren a donc choisi de s’appuyer sur des profils capables d’apporter immédiatement des références techniques et sportives (comme Alex Lynn). James Barclay considère cette expérience comme indispensable pour préparer la confrontation avec Ferrari, Toyota ou Cadillac. « Nous voulons les meilleurs pilotes possibles, mais aussi les bonnes personnalités. Pour rivaliser avec les meilleurs constructeurs, nous ne pouvons rien laisser au hasard. Si vous n’avez pas les bons outils, que ce soit la voiture ou les pilotes, vous prenez du retard. ». Le dirigeant britannique rappelle toutefois que 2027 sera d’abord une année d’apprentissage. McLaren ne s’attend pas à se battre immédiatement aux avant-postes, mais veut mettre en place les conditions nécessaires pour progresser rapidement. La fiabilité, la compréhension de la voiture et la capacité à exploiter son potentiel seront déterminantes.

Au-delà du châssis et du moteur, les systèmes électroniques et la gestion de l’énergie occupent une place centrale dans la performance des Hypercars modernes. Sur ce terrain, l’expérience de James Barclay en Formule E constitue un atout pour le projet McLaren.« Le logiciel est un élément fondamental de la voiture, même si on ne le voit pas comme un châssis ou un moteur. Nous commençons maintenant à développer ces systèmes plus en profondeur et nous savons quel niveau nous devons atteindre ». L’homologation ne signifiera pas pour autant la fin du développement. Elle fixera un cadre technique dans lequel McLaren devra ensuite optimiser les éléments autorisés par la réglementation. Le travail réalisé avant cette échéance sera donc déterminant pour éviter de compromettre les possibilités d’évolution futures.

L’essai privé de Lando Norris à Portimão a également apporté des enseignements intéressants. Pour James Barclay, le fait qu’un pilote de Formule 1 souhaite découvrir la voiture témoigne de l’attractivité actuelle de l’endurance. Son retour technique, nourri par son expérience en monoplace, a permis à McLaren de disposer d’un point de comparaison supplémentaire. « Il a immédiatement été dans le rythme. Son retour était très intéressant parce que c’était sa première expérience au volant d’une Hypercar. Il nous a aidés à mieux comprendre les points forts de notre voiture, mais aussi les domaines dans lesquels nous pouvons progresser ». L’expérience s’est révélée particulièrement positive. Le champion du monde F1 2025 a décrit la voiture comme rapide et passionnante à piloter, avec un potentiel encore à exploiter. Aucun nouvel essai n’est toutefois prévu à ce stade, la Formule 1 restant sa priorité.

© Drew Gibson / McLaren

McLaren ne cache pas non plus son intérêt pour l’IMSA, mais refuse de disperser ses ressources avant d’avoir consolidé son programme mondial. L’équipe doit d’abord réussir son homologation, préparer sa première saison et acquérir une solide expérience en FIA WEC. « Nous aimerions courir en IMSA, mais notre première mission est de poser des bases solides en WEC. Nous devons comprendre où nous nous situons et ce qu’il nous reste à accomplir avant d’élargir le programme », résume James Barclay.

La même logique s’applique à une éventuelle présence dans d’autres championnats, notamment en Asie. McLaren étudiera les opportunités si elles reposent sur une demande réelle et un modèle économique viable. Mais avant de penser à de nouveaux horizons, la priorité reste claire : faire de cette Hypercar une voiture compétitive et construire une équipe capable de progresser durablement.

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