Après une course mouvementée par les safety cars et les pénalités, c’est finalement Tom Dillmann (avec ses coéquipiers Nick Yelloly et Kuba Smiechowski) avec l’Oreca n°43 de l’équipe Inter Europol Compétition qui remporte les 4 Heures de Spa-Francorchamps. Le Français, juste à la descente du podium, est revenu sur sa performance.
J’imagine que cette victoire fait du bien, parce que votre début de saison a été un peu compliqué
« Très compliqué. Depuis Imola, on a changé le châssis parce qu’il y avait un souci. On avait fait un test avant la course et on a vu qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. On savait qu’on allait être de retour avec notre niveau de compétitivité de 2025. Ça s’est confirmé ce week-end en qualifications comme en course. Je suis donc très heureux. Comme d’habitude, il y a tellement d’étoiles qui doivent s’aligner pour gagner des courses de ELMS avec tous les safety cars, les virtual safety cars. Donc on ne sait jamais, même en étant les plus rapides, si nous allons gagner. Je suis content qu’enfin, tout se soit aligné. »
Ce fut une course assez tranquille ? Comment ça s’est passé pour vous ?
« On a fait un bon call (appel) sur le premier virtual safety car, ce qui a fait que quand Nick est entré dans la voiture, on était en tête. Et de là, on a pu gérer. La Vector Sport (qui sera plus tard pénalisée) était plutôt rapide. Après, Nick comme moi, on a géré un gap de trois, cinq secondes. Ça ne servait à rien de faire plus et brûler les pneus parce qu’il y avait tellement de safety cars que tu pouvais tout le temps t’attendre à une relance. Donc, il fallait garder un petit gap au cas où on a un peu de malchance dans le trafic, ce qui arrive beaucoup dans le Raidillon et le virage 15. Pour Nick et moi, il fallait juste gérer. Après, rien n’est jamais fait avec le trafic, etc. »
Est-ce un peu tard pour vous relancer au championnat ou ça vous remet un peu en selle (5e au championnat) ?
« Il faudrait gagner les deux dernières, ce qui n’est pas infaisable. Après il n’y a pas vraiment d’équipe dominante. L’année dernière, c’était nous ou Panis Racing, il y avait Genesis aussi. Cette année, les points sont un peu plus partagés, donc peut-être que le vainqueur ne sera pas avec un total hyper élevé. Je pense que ce n’est pas terminé, mais il faut qu’on prenne 50 points sur les deux dernières courses, je pense, pour avoir une chance. »
Des planètes qui s’alignent, c’est plutôt pas mal en ce moment parce qu’il y a cette victoire mais aussi l’IMSA où vous performez…
“On a gagné Mosport, Road America en IMSA, Spa en ELMS. Comme on dit, on surfe sur la vague parce que c’est assez rare quand même d’avoir autant de réussite. On a gagné Le Mans, mais après, on avait eu deux courses un peu plus difficiles à Watkins Glen et Imola. Mais depuis, ça fait trois victoires d’affilée, donc c’est génial. »
Comment voyez-vous votre fin de saison en IMSA ? Vous avez des chances ?
« Oui, clairement car là, on est vraiment en bataille pour le championnat. Il y a tellement de choses qui doivent s’aligner. Je sais que j’ai la voiture, j’ai l’équipe. Il faudra la réussite. Dans ces courses, il ne faut pas se choper le mauvais VSC ou le mauvais drapeau jaune au mauvais moment. Donc, je reste humble. Je sais qu’on a la voiture, que j’ai beaucoup de chance d’être dans une écurie comme celle là, d’avoir des bons équipiers aussi. »
Vous avez gagné une deuxième fois les 24 Heures du Mans en juin dernier. Comment est-ce que vous avez vécu cette victoire et en quoi est-elle différente ou similaire de la première ?
« Elle est différente parce que l’année dernière, je trouve qu’on était plus en gestion. On a fait très attention à la voiture à la fin. On n’a pas pris les vibreurs parce qu’on menait et qu’il n’y avait qu’une voiture qui pouvait nous battre. En 2025, on a géré cet avantage de quelques secondes sur la Panis Racing, tout en sachant qu’on ne peouvait pas abuser des vibreurs. Par contre, cette année, on y est allé vraiment, on va dire, vu qu’on avait déjà gagné. On s’est dit : « soit on casse, soit on gagne » parce que finir 2e, pour nous, ça ne le faisait pas. Donc, on est allé à fond. C’était, je dirais, beaucoup plus rigolo quand même. On a attaqué de minuit à 4 h de l’après-midi, on s’est lâché, c’était super cool. En 2025, je n’avais pas fini alors que cette année, j’ai fait le dernier relais, j’ai donc vécu les deux : la victoire dans les stands avec les gars et la victoire seul en faisant le tour d’honneur. C’est super sympa ces deux expériences puisque le tour d’honneur est assez spécial avec tous les commissaires au bord de la piste. »
Vous commencez à avoir un bon palmarès bien garni maintenant depuis quelques années. Est-ce vous allez continuer à taper aux portes de l’Hypercar, ou est-ce qu’il y a des gens qui vous les ouvrir ? Commencez-vous à avoir des contacts ?
« Il y a clairement des contacts. Maintenant, rien n’est fait, mais il y a des teams Hypercar qui s’intéressent à moi. Après, je me concentre sur mon travail avec Inter Europol Je prends énormément de plaisir. Évidemment, je veux faire de l’Hypercar, mais je ne me plains pas de ma vie actuelle non plus. Je ne suis pas du tout frustré ou quoi que ce soit. Je gagne des courses, je roule avec une super voiture, j’ai des supers équipiers. Je prends vraiment mon pied, mais j’aimerais bien être en Hypercar. Il y a des possibilités. »
Merci à Constance Fidel

