Un nouveau championnat commence avec les 6 Heures de Sao Paulo

Après les 24 Heures, le WEC reprend ses droits avec les 6 Heures de Sao Paulo, première manche hors Europe de la saison. Maintenant que Le Mans est passé, les équipes vont changer d’objectif : place à la lutte pour le championnat.

Un championnat en deux temps : il y a l’avant et l’après Le Mans. Et l’arrivée des Hypercars et des LMGT3 sur le circuit d’Interlagos est synonyme de basculement entre ces deux championnats. En général, sur les premières manches de la saison, les équipes travaillent en vue de la course la plus importante de la saison : les 24 Heures du Mans. Passée cette échéance, elles cherchent à obtenir la meilleure place possible et à obtenir le titre mondial en fin d’année, un paramètre qui pourrait faire changer la hiérarchie. « Les 6 Heures de São Paulo marquent notre première course hors d’Europe et le début d’un long périple pour les voitures et le matériel. Cela met notre équipe logistique à rude épreuve, avec beaucoup de travail de planification supplémentaire, ne serait-ce que pour nous assurer de ne rien oublier » avoue Justin Taylor, ingénieur en chef du programme Geneis Magma Racing. « Ce n’est pas une tâche facile, mais cela fait partie intégrante du défi que représente le WEC. Le Mans a constitué une étape précieuse pour nous dans la constitution de Genesis Magma Racing. Nous avons recueilli une mine de données et acquis de nouvelles expériences que nous avons analysées en détail afin d’en tirer tous les enseignements possibles pour la prochaine course. Étonnamment, Le Mans nous a appris certaines choses sur les performances des pneus par forte chaleur. Bien que le circuit d’Interlagos présente une densité et une répartition d’énergie très différentes, nous savons désormais un peu comment les gommes se comportent aux températures que nous pourrions y rencontrer, ce qui pourrait nous aider à prendre des décisions rapides pendant la course si nous constatons l’apparition des mêmes tendances. » Cette course au Brésil pourrait donc marquer un premier tournant dans cette saison de WEC. En effet, ce qu’il s’est passé en 2025 est un exemple parfait. Après une domination de Ferrari lors des quatre premières courses de l’année (Qatar, Imola, Spa et Le Mans), les 6 Heures de Sao Paulo avaient vu émerger une nouvelle force : Cadillac. Par la suite, Alpine, Aston Martin et Peugeot avaient musclé leur jeu et inscrit de gros points en fin d’exercice.

Alors, est-ce que le scénario va se répéter cette année. Probable. Mais, quand on analyse la situation, Toyota fera tout son possible pour rester le candidat le plus sérieux possible pour récupérer sa couronne. La marque japonaise est en tête du championnat et sort d’un succès magistral aux 24 Heures du Mans. Cette victoire a clairement motivé les troupes de l’usine de Cologne. Maintenant que ce premier objectif de gagner la course la plus importante est atteint, il en reste deux autres : triompher dans les classements pilotes et constructeurs. Et cela va commencer dès Interlagos. Mais attention, ce n’est pas parce que Toyota est dans une bonne dynamique qu’il faut les considérer comme les grands favoris. Cette saison peut être surprenante. Comme on l’a vu à Spa, puis au Mans, les stratégies décalées peuvent être décisives pour la victoire. BMW pourra en témoigner et il faudra aussi compter sur Cadillac, qui l’an dernier, avait dominé le week-end brésilien, remporté sa première victoire en WEC et signé un doublé. Ce n’était pas une première pour Jota qui avait triomphé à Spa en 2024 avec la Porsche 963. Ferrari, après deux courses moyennes, aura à cœur de se rattraper pour concurrencer Toyota. Il faudra cependant plus de performance que l’an dernier, car la Scuderia évoluait en seconde partie de peloton il y a un an à Interlagos. Genesis et Aston Martin pourraient être des outsider solides : leurs Hypercars sont à l’aise dans les courbes rapides et le tracé pauliste en compte quelques-unes.

© DPPI / FIA WEC

Passons maintenant au descriptif du circuit. Situé entre deux lacs dans la commune de Sao Paulo, Interlagos est l’un des tracés les plus mythiques au monde. Très vallonné et également rapide, c’est un véritable terrain de jeu pour les pilotes. Le premier virage est une véritable opportunité de dépassement. Après une très longue partie qui passe à fond (on ne peut pas dire ligne droite car c’est le début de cette section est une longue courbe à gauche), les pilotes doivent effectuer un freinage appuyé et lancer leur voiture dans un virage à gauche en descente. Pour le pilote qui a réalisé sa manœuvre, il est important de bien bloquer son concurrent dans le virage à droite qui vient tout de suite, sinon l’autre pourrait profiter d’une meilleure sortie pour reprendre l’avantage entre les virages 3 et 4. Vient ensuite un secteur fantastique, très rapide au début et qui se corse ensuite avec des virages très lents avec du dénivelé : le virage 9 en devers peut être un piège. Attention aussi à la remontée vers le virage 11, très lent, qui peut surprendre. Les virages 12 et 13, dans le dernier secteur, sont certainement les plus importants du circuit car ils conditionnent toute la remontée avec la courbe numéro 14 qui ramène jusqu’à la ligne d’arrivée. Une mauvaise sortie du virage 13 peut être synonyme de perte de temps et de place de perdue. « C’est un circuit à l’ancienne, avec beaucoup de dénivelés, des virages en banking et d’autres en dévers, mais surtout une spécificité unique : la voiture est rarement droite et constamment en appui dans les zones de freinage » commente Philippe Sinault, le team manager d’Alpine Endurance Team. « Il sera donc crucial d’avoir une voiture facile à exploiter et qui inspire confiance aux pilotes, notamment au freinage. Ce tracé exigeant est aussi éprouvant pour les pneumatiques. »

Au niveau de la liste des engagés, quelques changements sont à noter par rapport à la grille théorique. En Hypercar, la Cadillac n°12 ne sera confiée qu’à Will Stevens et Norman Nato. Les deux Valkyrie seront aussi pilotées par deux hommes : Harry Tincknell et Tom Gamble sur la n°007 ; Alex Ribeiras et Marco Sorensen sur la n°009. Enfin, du côté du LMGT3, de nombreux changements sont à noter. Chez Heart of Racing, Kobe Pauwels retrouve le volant de l’Aston Martin Vantage n°23 et remplace Dudu Barrichello, retenu par son programme en IMSA (Motorsport Park). Nicky Catsburg (Corvette TF Sport n°33) sera remplacé par remplacé par Nicolás Varrone. Enfin, le team Akkodis ASP récupère Esteban Masson sur la Lexus RC F GT3 n°78.

© DPPI / FIA WEC

Les derniers vainqueurs :

  • 2025 : Cadillac n°12 avec Alex Lynn, Norman Nato et Will Stevens
  • 2024 : Toyota n°8 avec Ryo Hirakawa, Brendon Hartley et Sébastien Buémi
  • 2014 : Porssche 919 (LMP1) avec Neel Jani, Romain Dumas et Marc Lieb.
  • 2013 : Audi R18 e-tron avec quattro avec Benoît Tréluyer, Marcel Fassler et André Lotterer
  • 2012 : Toyota TS030 avec Alexander Wurz et Nicolas Lapierre

Il s’agira de la sixième édition de l’épreuve depuis la création du championnat du monde d’endurance (WEC) en 2012. la course n’a pas eu lieu entre 2015 et 2023.

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