Sebastian Priaulx (Ford / Proton) : « Cette année en LMP2 est vraiment importante avant de rouler en Hypercar ! »

Après la pause des 24 Heures du Mans pour Sebastian Priaulx, le pilote Ford Racing en LMGT3 WEC dispute aussi l’ELMS en LMP2. Le but est d’acquérir le plus d’expérience avant de basculer en Hypercar avec la Ford.

Vous êtes très habitué à la Ford Mustang GT3. Comment se passe l’adaptation à la LMP2 ?

« J’aime beaucoup. Je pense que c’est une belle étape après les GT. Honnêtement, je n’ai pas eu l’impression que c’était un énorme saut en avant, ce qui est plutôt une bonne chose. Évidemment, il faut apprendre la gestion du trafic car maintenant c’est moi qui dépasse les voitures, ce qui est différent. On peut perdre beaucoup plus de temps en doublant qu’en étant doublé. La mentalité est donc différente, c’est certain, je l’ai appris au Castellet. C’était ma vraie première course et, au final, c’est génial pour moi de découvrir tout ça avant d’arriver en WEC l’année prochaine parce que ce sera exactement la même chose. C’est très précieux d’apprendre le proto, découvrir l’équipe, travailler avec eux et accumuler de l’expérience. Cette année est vraiment une bonne année d’apprentissage pour moi. »

Quelle est votre opinion sur vos deux premières courses ? Un peu décevantes peut-être ?

« Évidemment, lors de la première course à Barcelone, je n’ai malheureusement pas pu piloter, ce qui était frustrant (accident au premier virage). Mais c’est comme ça. Honnêtement, je suis très satisfait de mon dernier relais au Paul Ricard. Le résultat final ne reflète peut-être pas cela, mais j’étais content du rythme. C’était notre première vraie course, beaucoup d’équipes évoluent dans cette catégorie depuis longtemps et sont très fortes. Nous avons encore du travail à faire, notamment pour mettre la voiture dans la bonne fenêtre de fonctionnement. Mais nous progressons, je pense qu’en continuant à travailler étape par étape, nous serons très compétitifs d’ici la fin de saison. »

© MPS Agency

Est-ce une bonne manière d’apprendre avant de passer en Hypercar ensuite ?

« Bien sûr. Acquérir de l’expérience en P2, qui est probablement l’un des meilleurs prototypes au monde, devoir être rapide avec cette voiture est une vraie révélation. Le championnat est très difficile, et si vous êtes devant, cela signifie que vous faites du bon travail. Pour moi, c’est très bénéfique de découvrir ce niveau de compétition et de voir où nous en sommes. Cela m’a vraiment ouvert les yeux sur le niveau extrêmement élevé de la catégorie. »

Justement, comment jugez-vous le niveau de l’ELMS ?

« Très élevé. Je pense que cela dépend énormément de la voiture aussi. Si les réglages ne sont pas bons en LMP2, vous êtes complètement hors du coup. En GT3, avec la BoP, il y a un peu plus de marge. La fenêtre de fonctionnement est moins étroite. Le proto, au contraire, demande des réglages extrêmement précis. Si vous sortez légèrement de cette fenêtre idéale, vous pouvez perdre une seconde au tour. Ça paraît énorme, mais cette minute peut revenir très vite avec les bons réglages. Je dois apprendre cela : comprendre quand la voiture fonctionne bien, quand elle ne fonctionne pas bien, ce que cela représente réellement sur la piste. Les courses sont aussi différentes entre l’ELMS et l’IMSA. L’IMSA est un peu plus chaotique dans le trafic, alors que l’ELMS est plus axé sur la pureté de la course et des neutralisations. C’est quelque chose que j’apprends aussi. »

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Je vais mentionner deux personnes. La première est Mike Rockenfeller. De quelle manière cet homme très expérimenté et vainqueur aux 24 Heures du Mans peut vous aider en prototype en ELMS ?

« Avoir Mike avec nous est extrêmement bénéfique pour ce programme. Il a énormément d’expérience et ses informations sont très précieuses. C’est aussi un très bon ami. Être son coéquipier est génial, nous avons une excellente relation et c’est quelqu’un de très agréable à côtoyer. Au-delà de ça, il sait exactement quoi faire. Dans ce programme de développement, il va nous apporter ce petit plus dont nous avons besoin pour apprendre les prototypes. Il a déjà vécu tout cela. Il sait comment une voiture doit se comporter, ce dont elle a besoin. C’est formidable de l’avoir avec nous. Il est toujours très rapide et j’espère vraiment travailler davantage avec lui. Je ne connais pas encore les compositions d’équipages pour l’Hypercar, mais ce serait génial d’être associé avec lui. »

La deuxième personne, bien sûr, c’est votre père (Andy). De quelle manière vous aide-t-il aujourd’hui ?

« Oui, mon père m’a énormément aidé. Je ne pourrai jamais assez le remercier pour tout ce qu’il a fait pour ma carrière. Il continue encore aujourd’hui à m’aider sur beaucoup de choses. Évidemment, je suis devenu plus indépendant maintenant, mais je lui demande toujours des conseils. C’est précieux d’avoir ce soutien. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de la même aide que lorsque j’étais enfant, mais avoir cette expérience à disposition est extrêmement important. Et maintenant que je suis dans un programme Hypercar officiel, mon père a lui-même connu cette situation en tant que pilote d’usine (Ford, BMW), il comprend donc cette mentalité particulière et le niveau de pression différent que cela implique. C’est très utile et essentiel pour moi d’apprendre cela et de bénéficier de son expérience. »

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