Team principal de Peugeot Sport depuis le début de la saison de WEC, Emmanuel Esnault évoque ce nouveau rôle et parle de son rapport avec les 24 Heures du Mans.
Emmanuel Esnault est en poste depuis quelques mois maintenant. Le Français a été officialisé au sein de la maison Peugeot en fin d’année dernière et entame là sa première saison en tant que team principal de la marque tricolore. Le Sarthois d’origine possède une grande expérience dans l’univers du sport automobile puisqu’il est passé par McLaren en Formule 1 ou encore par Lamborghini quand Iron Lynx exploitait l’Hypercar italienne. Lors de ses premières semaines d’activité avec Peugeot, il a dû se familiariser avec ce nouvel univers. « Je dirais que c’est un gros projet, quand même, avec quasiment 200 personnes impliquées au sein d’un grand groupe, avec une marque, avec un riche héritage sportif. Je ne dirais pas que j’ai de la pression, mais il est important de bien faire. Naturellement, je suis arrivé dans une optique pleine d’humilité, en respectant le passé, en essayant d’avoir une vision objective« , confie-t-il.
Bien qu’il soit à un poste important où il peut décider de nombreuses choses et prendre des orientations différentes, le Français assure ne pas vouloir changer trop de choses au sein de l’équipe et conserver ce qui a été fait par le passé. « Si on change les choses, il faut que ça ait du sens, il faut que ce soit argumenté, il faut que ce soit dans l’intérêt unique du projet, c’est-à-dire délivrer de la performance. » Emmanuel Esnault se sait jugé sur chaque action qu’il mène et sur les résultats de ses deux voitures en course. Alors que c’est un poste à risque qui peut voir passer un certain nombre de visages en un court laps de temps, il reste confiant quant à l’avenir. « Mon relais chez Peugeot Sport, je le vois comme un marathon. L’effort va être sur la durée, sur la longueur. On ne va pas juger la qualité de mon travail uniquement au Mans 2026 ou à Fuji. C’est plus du moyen terme.«
Emmanuel Esnault a également fait un point sur le nouveau simulateur, l’un des outils de travail de Doriane Pin, la pilote de développement de la marque au lion. Il a indiqué qu’il devrait arriver dans les prochaines semaines. Malheureusement, il n’a pas pu être prêt à temps pour les 24 Heures du Mans. « C’est un outil complexe. Quand on le met en route, il faut compter quelques semaines, voire quelques mois, pour s’assurer qu’il correspond bien à la réalité. C’est donc une nouvelle étape de développement au sein du projet. Pour en tirer des bénéfices, il faudra attendre encore quelques semaines, pour être honnête« , avouait-il lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps.
La prochaine épreuve pour lui est bien entendu les 24 Heures du Mans, course qu’il connaît bien et à laquelle il est attaché. Sarthois d’origine, il a grandi avec la manifestation incontournable du monde de l’endurance et elle l’a fait rêver plus jeune. Forcément, cette édition aura une saveur particulière, d’autant plus qu’il représente une marque française, mais lorsqu’il a été interrogé sur le sujet, il se concentrait davantage sur le travail. « Bien sûr, ça va avoir une saveur particulière, mais encore une fois, il faut qu’on travaille. Tous les ingrédients sont là pour bien faire, que ce soit en ressources, en moyens d’essai, en expertise. Maintenant, à nous de mettre les ingrédients, de faire la bonne recette avec tous ces ingrédients là. C’est ça le truc.«
En 2025, les Peugeot 9X8 ont montré qu’elles étaient fiables au Mans parce que les deux voitures étaient à arrivée. Maintenant, c’est plus plutôt le côté performance qu’il faut travailler. « Tout le championnat progresse énormément. Quand vous vous basez sur des faits et des chiffres, quand vous regardez la qualité des pit stops, la qualité des stratégies, la variation de performance du début à la fin d’un relais, quand vous regardez l’écart qu’il y a entre les 15 premiers sur une grille, le championnat est extrêmement relevé. Tout le monde progresse et que même si vous êtes un peu plus en retrait, comme ça peut être le cas nous concernant, quand vous progressez un petit peu, ceux devant ne vous attendent pas, c’est-à-dire qu’ils progressent aussi. »
Interview réalisée par David Bristol à Spa

