Qui pour battre Ferrari ? Les forces en présence analysées (partie 1)

À l’approche de la première manche de la saison du WEC, les 6 Heures d’Imola, Endurance Live passe en revue les constructeurs et équipages présents cette année en Hypercar.

Nouvelle saison. Nouveaux enjeux. Alors que la saison de championnat du monde d’endurance n’avait pas encore commencé, elle a été chamboulée. La manche inaugurale, au Qatar, a été reportée suite au conflit dans le Golfe. L’épreuve de 1 812km a été reportée le 24 octobre. Sur la liste des engagés en Hypercar, on peut remarquer quelques changements notables.

Porsche a quitté la compétition au terme de l’exercice 2025 et se concentre désormais sur l’IMSA. Mais dans le même temps, Genesis a fait son apparition. Le constructeur coréen arrive avec deux équipages mêlant expérience et jeunesse et pourrait créer la surprise. À l’approche de la première (vraie) manche de la saison, à Imola, nous passons en revue les troupes présentes dans la catégorie reine. Ici, nous nous concentrons sur Ferrari, Toyota, Alpine et Genesis.

Imola accueillera la première course de l'année. © Charly Lopez / DPPI / FIA WEC

Ferrari : que faire de mieux ?

L’équipe italienne fait figure de favorite cette année. Quelques semaines après son double triomphe championnats pilotes et constructeurs, la Scuderia revient avec de grandes ambitions. La 499P n’a peu évolué à l’intersaison. Cependant, quelques modifications sur l’aérodynamisme imposées par la FIA ont été apportées. Attention aussi aux nouveaux pneus utilisés. Ferrari pourra compter sur deux équipages avec de l’expérience : les équipages n’ont pas été remaniés et connaissent donc très bien l’Hypercar. Cette dernière a été très performante en début de saison 2025 avant de perdre de la vitesse au lendemain des 24 Heures du Mans.

Au niveau des pilotes, Antonio Fuoco, Nicklas Nielsen et Miguel Molina resteront dans la n°50. Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi seront de nouveau associés dans la n°51. Du côté de chez AF Corse, il n’y a pas de changement non plus puisque la n°83 sera de nouveau entre les mains des derniers vainqueurs des 24 Heures du Mans, Robert Kubica, Phil Hanson et Yifei Ye.

Si Ferrari parvient à retrouver sa rapidité du début de l’exercice précédent, la voiture pourrait être redoutable. Mais attention : depuis 2023 et l’arrivée massive des constructeurs en Hypercar, aucun équipage n’est parvenu à conserver sa couronne mondiale. Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi y arriveront-ils ?

© Endurance Live
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2026, l’année du renouveau pour Toyota ?

Cette saison, les regards seront en partie tournés vers Toyota qui fêtera à Imola sa 100e course en WEC. Le constructeur japonais est mis à mal depuis deux saisons par Porsche et Ferrari. L’an passé, les pilotes de la firme nippone ont eu beaucoup de mal à se montrer, hormis lors de la dernière manche, les 8 Heures de Bahreïn (la n°7 s’est imposée devant la n°8), ce qui avait sauvé leur saison et permis de se hisser au deuxième rang du championnat constructeurs. Toyota arrivera cette saison avec une voiture en grande partie modifiée. Le constructeur a décidé de retravailler presque intégralement son Hypercar qui a d’ailleurs totalement changé de couleurs. « Elle repose sur l’ingénierie, la fiabilité et le travail d’équipe. Des modifications aérodynamiques ont été apportées pour permettre aux pilotes d’exprimer tout leur potentiel en toutes circonstances. Elle est équipée d’un moteur V6 biturbo de 3,5 litres, alimenté par un carburant 100 % renouvelable, et capable de développer plus de 700 chevaux« , a seulement dévoilé la marque japonaise. Cela concerne notamment un nouveau capot avant et un aileron arrière largement modifiés. 

Pour 2026, les responsables du programme WEC ont décidé de miser sur la continuité puisque les six mêmes hommes seront une nouvelle fois alignés dans les TR010, le nouveau nom des GR010 Hybrid. La n°7 sera aux mains de Mike Conway, Kamui Kobayashi et de Nyck de Vries. La voiture sœur, la n°8, sera confiée à Sébastien Buémi, Brendon Hartley et à Ryo Hirakawa. Petit changement tout de même : le programme ne sera plus porté par Gazoo Racing mais par Toyota Racing. La précédente entité restera concentrée sur d’autres programmes tels que le WRC.

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Le baroud d’honneur pour Alpine

La marque française sera présente pour la dernière fois en WEC. En effet, l’arrêt du programme Hypercar a été acté il y a quelques mois. Pour autant, l’entité tricolore, portée par Signatech, a décidé d’introduire quelques évolutions pour sa dernière saison avec l’A424 : l’Hypercar arrivera avec quelques modifications au niveau de son aérodynamisme. « Nous nous sommes notamment concentrés sur l’aérodynamique et la compréhension des pneumatiques sur un circuit aux vitesses de pointe représentatives et aux conditions de piste variées« , confiait Philippe Sinault au lendemain de sessions d’essais à Aragon, mi-mars.

Au niveau des enjeux, Alpine sera attendue dès Imola. L’an dernier sur le circuit italien, la n°36 avait livré une très belle prestation montant ainsi sur le podium de l’épreuve, à quelques secondes de la BMW n°20 et de la Ferrari n°51. Les six pilotes ont réalisé une saison globalement solide – avec deux podiums et surtout une victoire aux 6 Heures de Fuji –  malgré quelques résultats en deçà des attentes : une course presque anonyme au Mans et à Bahreïn. Après une sixième place au championnat en 2025, la marque française voudra évidemment faire mieux pour les derniers tours de roues de l’A424 en WEC.

Quelques changements au niveau des line-up. La n°35 sera pilotée par Charles Milesi et Ferdinand Habsburg ainsi que du nouveau venu Antonio Felix Da Costa. La n°36 sera confiée à Jules Gounon et Frédéric Makowiecki ainsi qu’à Victor Martins (arrivé à l’intersaison) afin de former un équipage 100% tricolore.

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Genesis, le petit nouveau de l’Hypercar

Huyndai, via sa marque de luxe Genesis, fait son entrée en championnat du monde cette année. Difficile de juger leur niveau de performance avant les premiers roulages officiels. En tous cas, ce qui est sûr, c’est que la marque coréenne a décidé de mettre les moyens ne souhaitant pas jouer le rôle de faire valoir et d’engager des hommes (et femmes) d’expérience pour l’arrivée en WEC tout en faisant confiance à la jeunesse pour le premier exercice. « Pour la première course, nous espérons commettre le moins d’erreurs possibles et terminer la course. Pour la deuxième, obtenir de meilleurs résultats, puis repousser progressivement nos objectifs de plus en plus vers l’avant. Mon état d’esprit pour cette saison est de cocher ces cases petit à petit. Je pense que si nous y parvenons, nous serons finalement surpris de voir jusqu’où nous pouvons aller » indiquait, fin mars, Pipo Derani.

La GMR-001 utilise un V8 à double turbo et un châssis Oreca. La carrosserie a été conçue au Centre de design de Genesis en Europe, sous la direction de Luc Donckerwolke. Une plaque de dessous de caisse plate a été installée, elle favorise l’efficacité aérodynamique, tandis que des prises d’air soigneusement intégrées extraient l’air chaud afin d’améliorer les performances thermiques.

Cette année, les deux GMR-001 seront aux mains d’André Lotterer (triple vainqueur au Mans), Luis Felipe Derani et de Mathys Jaubert, qui a brillé en ELMS l’an dernier, en ce qui concerne la n°17. De leur côté, Mathieu Jaminet (ex-Porsche), Paul-Loup Chatin (ex-Alpine) et Daniel Juncadella seront au volant de la n°19. Du côté encadrement, Cyril Abiteboul est le Président et le Team Principal. Anouck Abadie a été nommée Team Manager tandis que l’ancien pilote spécialiste du WTCC, Gabriele Tarquini, occupe le poste de Directeur Sportif. Du beau monde…

A suivre demain avec Aston Martin, Cadillac, Peugeot et BMW. 

© Endurance Live
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