Nick Tandy, l’homme aux quatre plus grandes courses d’Endurance !

Le 26 janvier dernier, Nick Tandy, pilote usine Porsche, est devenu le premier pilote à remporter les 24 Heures du Mans, de Daytona, de Spa-Francorchamps et du Nürburgring. Jamais cela n’avait été réalisé, c’est dire l’exploit signé !  

Le Britannique a concrétisé ce tour de force en remportant la dernière épreuve manquante, les 24 Heures de Daytona au volant d’une Porsche 963 avec Felipe Nasr et Laurens Vanthoor en janvier dernier. Nick Tandy était évidemment ému après avoir remporté la victoire d’ouverture de la saison de l’IMSA qui lui permet de signer les quatre plus grandes courses de 24 heures au monde.  « Être le premier être humain à réaliser un tel exploit, c’est absolument incroyable, presque incompréhensible. J’ai été submergé par les émotions et ai eu besoin d’un peu de temps pour digérer tout cela. » Le pilote de 40 ans a donc tout gagné. Retour sur ses quatre succés de prestige.

Cela commence par les 24 Heures du Mans en 2015.  Il est à l’époque au volant de la Porsche 919 Hybrid, voiture qui n’avait pas encore gagné en Sarthe. En 2014, Porsche fait son retour dans la catégorie supérieure LMP1 du Championnat du monde d’endurance de la FIA. Après une première année difficile, l’équipe d’usine lance un véritable assaut avec sa 919 Hybrid, visant la 17e victoire au  général de la marque aux 24 Heures du Mans. Avec Audi qui a remporté la classique à 13 reprises et Toyota qui arrive en tant que champion du monde en titre, les attentes à l’égard de Porsche sont très élevées. Pour maximiser ses chances, Porsche engage une voiture d’usine supplémentaire avec Nick Tandy, Earl Bamber et Nico Hülkenberg, star de la Formule 1. « Avec la troisième voiture, nous n’étions pas soumis à la même pression que les concurrents à la saison. Nous étions les nouveaux venus dans le programme » se souvient Nick Tandy. Le trio réalise une performance sans faille et l’emporte le 14 juin 2015. « Le sentiment de gagner Le Mans pour la première fois est indescriptible. Le Mans est le Graal des courses d’endurance. À mon avis, il n’y a rien de plus grand dans le sport automobile. »

Le Mans 2015 ©️ Porsche Motorsport

La 2e course tombe trois ans plus tard. « Les 24 Heures du Nürburgring sont les plus difficiles à gagner de toutes les grandes courses d’endurance. Au Mans et à Daytona, il y a peut-être six voitures qui ont le rythme et la fiabilité nécessaires, ainsi qu’une équipe solide pour se battre pour la victoire. Sur la Nordschleife, 20 à 30 voitures ont de vraies chances. Même avec un ensemble solide, vous avez 50 % de chances de subir des dommages dans le trafic. Il peut y avoir jusqu’à 180 autres voitures sur la piste. Notre Porsche Manthey était rapide, nous le savions déjà. » Partageant la 911 GT3 R avec Richard Lietz, Patrick Pilet et Frédéric Makowiecki, ils sont confrontés à des difficultés dès le début de la course. « Au deuxième tour, nous avons eu une crevaison, heureusement toujours sur la boucle du Grand Prix, ce qui nous a permis de rentrer directement aux stands. Mais nous avons perdu six minutes et demie et nous sommes retrouvés à l’arrière. Si c’était arrivé au début de la Nordschleife, nous nous serions trainés pendant 20 kilomètres et notre course aurait été terminée. » Mais ce ne fut pas tout : Nick Tandy fait un tête-à-queue sous la pluie en évitant des autos plus lentes et, à un moment donné, une autre voiture tape dans leur portière en quittant la voie des stands. « Heureusement, la Porsche a encaissé le choc. C’est typique de la Nordschleife, il s’y passe toujours quelque chose. »

Nurbürgring 2018 ©️ Porsche Motorsport

La troisième étape du Grand Chelem de Nick Tandy a lieu en Belgique lors des 24 Heures de Spa-Francorchamps 2020. « Physiquement, Spa est la course la plus difficile pour nous. La piste est implacable, pas de repos comme au Mans ou à Daytona avec leurs longues lignes droites. Dix-huit Full Course Yellow et 14 périodes de voiture de sécurité ont ajouté du chaos cette année là. » Avec ses coéquipiers, Earl Bamber et Laurens Vanthoor, il a dû se battre pour rester en lice en raison d’un BoP défavorable. « Nous avons piloté sans faille, nous avons réussi nos arrêts aux stands, mais nous n’étions jamais assez rapides. La stratégie et tous ces Full Course nous ont permis de rester dans le tour de tête. »

La pluie vient troubler les dernières heures. Earl Bamber prend le volant sur une piste mouillée et profitant de la traction supérieure de sa Porsche 911 GT3 R, il se hisse à la deuxième place. Une stratégie astucieuse lors du dernier arrêt, consistant à ne pas changer de pneus, permet à la Porsche n°98 de prendre la tête. « Nous étions en tête, avec un bon écart. Il ne me restait plus qu’à rentrer à la maison. Puis, cinq minutes avant le drapeau, la boîte de vitesses a explosé ! C’est arrivé à la sortie de Bruxelles, dans l’avant-dernier tour. J’ai entendu une forte détonation. J’ai roulé jusque dans le virage suivant avant d’oser remettre les gaz – le bruit était horrible ! Je pensais que nous avions perdu un seul rapport, mais chaque rapport sonnait comme une tronçonneuse ». L’avance s’accroît cependant grâce à une nappe d’huile involontaire provenant de la boîte de vitesses blessée. « Notre poursuivante, l’Audi, glissait dans tous les sens. C’était de la folie ! J’ai pleuré en franchissant la ligne. La tension m’a brisé. C’est la seule fois où j’ai versé des larmes dans une voiture ».

Spa 2020 ©️ Porsche Motorsport

Il faut ensuite attendre cinq ans pour décrocher la course après laquelle il court depuis un long moment, les 24 Heures de Daytona. « Lorsque Porsche Penske Motorsport a mis en place le nouveau programme 963, j’ai immédiatement levé la main et dit : « Je veux courir en Amérique du Nord ! ». Ma motivation première était de viser une victoire au classement général  à Daytona. Aujourd’hui, c’est fait, c’est fantastique. D’un côté, il y avait la joie pure de gagner la course. Pendant deux mois, toute l’équipe s’est concentrée uniquement sur la préparation de Daytona. Lorsque vous voyez votre voiture franchir la ligne d’arrivée en premier, c’est l’euphorie à l’état pur – c’est ce pour quoi nous travaillons tous si dur. D’un autre côté, j’ai aussi ressenti un énorme soulagement. »

Daytona 2025 ©️ Porsche Motorsport

Ce soulagement, c’est le Grand Chelem

Le désir de réaliser le « Grand Chelem » dans les courses d’endurance a animé Nick Tandy depuis 2020. « Lorsque j’ai remporté Spa cette année-là, quelqu’un m’a dit que j’étais désormais à portée du « Grand Chelem » – je n’y avais même pas pensé jusque-là, mais après cela, cela a toujours été dans un coin de ma tête. »

Ironiquement, son plus grand rival pour la couronne des quatre courses d’Endurance était Earl Bamber, le même Néo-Zélandais qui partageait le cockpit avec lui lors de la victoire au Mans en 2015 et à Spa en 2020. « Lorsque Earl a gagné au Nürburgring en 2023, il ne nous manquait plus que Daytona à tous les deux pour compléter le tableau. C’était un sujet récurrent entre nous. Comme nous sommes tous les deux des compétiteurs acharnés, cela s’est transformé en une rivalité amicale. »

Earl Bamber sera peut-être le 2e à signer un tel exploit, mais, pour cela, il faudra attendre 2026 au moins. Cependant, Nick Tandy restera, lui, à tout jamais comme étant le premier. Chapeau ! 

Daytona 2025 ©️ Porsche Motorsport

Citations et contenu issus du communiqué de presse de Porsche Motorsport. 

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