Ce week-end, les projecteurs se tournent vers la Floride avec les 24 Heures de Daytona (aussi appelées Rolex 24 At Daytona) et sa 64e édition. Il s’agit d’une épreuve mythique et incontournable du sport automobile. Véritable monument de l’endurance, la course américaine figure parmi les plus prestigieuses au monde aux côtés des autres classiques de 24 heures comme Le Mans, Spa-Francorchamps, le Nürburgring, sans oublier les 12 Heures de Sebring, l’autre épreuve floridienne de l’IMSA. Le fondateur de la NASCAR, Bill France Sr., qui a construit le Daytona International Speedway en 1959, a imaginé les 24 Heures de Daytona afin d’attirer les courses d’endurance européennes aux États-Unis et d’offrir une visibilité internationale au circuit.
L’histoire de la course remonte à 1962, quelques années seulement après l’inauguration du Daytona International Speedway. À l’origine, l’épreuve, alors baptisée Daytona Continental, se disputait sur une durée de trois heures et comptait pour le championnat du monde des voitures de sport. La première édition est remportée par Dan Gurney (Lotus 19). En 1964, la course change de dimension et adopte un format inédit de 2 000 kilomètres, soit près de douze heures de compétition. Cette première édition longue distance est remportée par une Ferrari 250 GTO du North American Racing Team (NART), confiée à Pedro Rodríguez et Phil Hill. Deux ans plus tard, Daytona s’aligne définitivement sur le modèle du Mans en devenant une course de 24 heures. La première édition sous ce format est remportée par Ken Miles et Lloyd Ruby au volant d’une Ford Mk II engagée par Shelby-American Inc. Ferrari prend sa revanche dès 1967 avec un triplé à Daytona, mené par Chris Amon et Lorenzo Bandini sur la mythique Ferrari 330 P4.
En 1968, Porsche signe à son tour un triplé avec Vic Elford, Jochen Neerpasch, Rolf Stommelen, Jo Siffert et Hans Herrmann et décroche la première de ses 20 victoires dans l’épreuve (un record). La course connaît ensuite quelques bouleversements. En 1972, en pleine crise énergétique, l’épreuve est exceptionnellement réduite à six heures, une édition remportée par Mario Andretti et Jacky Ickx sur Ferrari 312 PB. En 1974, la crise pétrolière entraîne tout simplement l’annulation de la course. Les 24 Heures de Daytona se poursuivent néanmoins jusqu’au début des années 1980. En 1982, la FIA choisit de recentrer le championnat du monde sur l’Europe et l’épreuve floridienne ne compte plus que pour le championnat IMSA GT.
Malgré cela, constructeurs et écuries restent fidèles. Porsche, Jaguar, Nissan ou encore Toyota marquent cette période avec des modèles emblématiques tels que les Porsche 935 et 962, les Jaguar XJR-9 et XJR-12, la Nissan R91CP ou la Toyota Eagle MkIII, vainqueurs jusqu’en 1993. Si les plateaux se réduisent progressivement, certaines éditions restent marquantes, comme la victoire du Kremer K8 Spyder-Porsche en 1995, menée par Jürgen Lässig, Christophe Bouchut, Giovanni Lavaggi et Marco Werner.
À la fin des années 1990, après plusieurs changements de direction à l’IMSA, la course intègre successivement le United States Road Racing Championship (USRCC) puis la série Grand-Am, étroitement liée à la NASCAR. L’objectif est clair : maîtriser les coûts tout en garantissant une compétition disputée. Preuve de cette philosophie, une GT, la Viper GTS-R engagée par Oreca, s’impose lors de l’édition 2000 O. Beretta, D. Dupuy et K. Wendlinger.
En 2002, de nouvelles règles techniques sont introduites afin de réduire encore les coûts. Les Daytona Prototypes (DP) privilégient des matériaux plus simples et une aérodynamique volontairement limitée. Introduits en 2003, ces prototypes évolueront à travers trois générations avant de laisser place, en 2017, aux DPi. Une période incarnée par des modèles tels que les Acura ARX-05, Cadillac DPi-V.R, Ligier Nissan DPi ou encore la Mazda RT24-P. Depuis 2023 s’est ouverte une nouvelle ère, celle des GTP (Porsche, BMW, Acura, Cadillac, Aston Martin). Désormais, Daytona, tout comme l’IMSA, accueille les GTP, LMP2 (basée sur les règles ACO), GTD Pro et GTD.
Quelques chiffres :
Sur le plan sportif, Hurley Haywood et Scott Pruett détiennent le record de victoires avec cinq succès chacun. Pedro Rodríguez, Bob Wollek, Peter Gregg et Rolf Stommelen suivent avec quatre victoires. Parmi les pilotes engagés cette année, Scott Dixon est le plus titré à Daytona, avec trois succès.
La France a écrit plusieurs pages importantes de l’histoire de l’épreuve. Bob Wollek et Claude Ballot-Léna sont les premiers pilotes français à s’imposer en 1983, au volant d’une Porsche 935. Avec quatre victoires (1983, 1985, 1989, 1991), Bob Wollek demeure le pilote français le plus titré à Daytona.
Six autres pilotes français ont remporté l’épreuve : Henri Pescarolo (1991), Christophe Bouchut (1995), Dominique Dupuy (2000), Franck Fréon (2001), Emmanuel Collard (2005), Sébastien Bourdais (2014) et plus récemment Simon Pagenaud en 2022 et 2023 avec Acura. Le vainqueur des 500 miles d’Indianapolis 2019 a été le premier tricolore à enchaîner deux victoires consécutives à Daytona.
Les derniers vainqueurs en date sont sur la Porsche 963 n°7 de Porsche Penske Motrosports avec Felipe Nasr, Laurens Vanthoor et Nick Tandy au volant. A cette occasion, le Britannique est devenu le premier pilote à gagner les plus grandes courses de 24 heures au monde : Daytona, Nürburgring, Spa et bien sûr Le Mans.
Daytona a la particularisé d’avoir parfois quatre pilotes par auto comme c’est le cas en GTP. Parfois, ce quatrième homme est un pilote professionnel renommé qui court uniquement à Daytona et qui a généralement remporté un championnat professionnel majeur comme Scott Dixon, Jeff Gordon, Fernando Alonso, Shane van Gisbergen ou encore Kyle Busch.
Une seule marque française a inscrit son nom au palmarès des 24 Heures de Daytona : Ligier, en 2016, avec l’équipe ESM. Porsche domine largement l’épreuve avec 20 victoires, dont un doublé 2024-2025, devant Riley (10 succès), Ferrari (5) et Cadillac (4). Parmi les autres constructeurs engagés, Acura compte trois victoires, BMW une seule en 1976, tandis qu’Aston Martin n’a jamais gagné.
L’édition 1981 reste la dernière à avoir compté pour le Championnat du Monde d’Endurance, avec la victoire de la Porsche 935 Turbo n°9 engagée par Garretson Racing/Style Auto, pilotée par Brian Redman, Bob Garretson et Bobby Rahal.
Plusieurs GT ont remporté les 24 Heures de Daytona. La dernière en date est la Porsche 911 GT3 RS (996) de The Racer’s Group pilotée par Kevin Buckler, Michael Schrom et les pilotes Porsche usine Timo Bernhard et Jörg Bergmeister.
Présent en tant que partenaire titre depuis 1992, Rolex est intimement lié aux 24 Heures de Daytona, même si la relation entre la marque suisse et l’épreuve remonte à 1962. Avant Rolex, la course a notamment été associée à Pepsi puis à Sun Bank.
Contrairement au Mans, la course se déroule en hiver, lorsque les nuits sont les plus longues. Les concurrents empruntent une partie de ovale du circuit (entrecoupée d‘une chicane) et un infield. Le tracé routier mesure 3,560 miles (5,729 km) et comporte 12 virages.
Le banking du Daytona International Speedway est emprunté et impressionne toujours avec une inclinaison de 31 degrés.
Les pilotes vainqueurs de toutes les catégories reçoivent une montre Rolex Daytona, une tradition qui a débuté en 1964 pour la Daytona Continental.
Pour finir, et avant le début de la semaine des 24 Heures de Daytona, voici les plus belles fins de course de ces dernières années…

