Le Président de l’Automobile Club de l’Ouest, Pierre Fillon, était bien entendu présent lors de la présentation du futur musée des 24 Heures du Mans qui sera ouvert au public le 28 mai prochain. Endurance Live a pu le rencontrer à Rétromobile pour parler de ce futur écrin réservé à l’histoire des 24 Heures du Mans, mais pas que !
Quel est votre sentiment à l’issue de la conférence de presse sur le Musée M24 ?
« C’est un grand moment parce que c’est projet sur lequel on travaille déjà depuis presque cinq ans. Il y avait beaucoup de contraintes architecturales dues à l’aéroport qui est à côté de nous. C’est pour ça que ça a pris du temps. Partager cette passion du sport automobile qu’on a avec Richard Mille, le Président de la Commission Endurance de la FIA, est important. On travaille ensemble sur toute la réglementation du championnat du monde d’Endurance à l’année. Et là, Richard voulait nous faire profiter de ses collections. Donc, mêler les collections de l’ACO et celles de Richard Mille permettait déjà de créer un très beau musée. On a voulu aller plus loin en y ajoutant des expériences immersives, en racontant toute l’histoire du sport automobile. Il y a les 24 Heures du Mans, bien sûr, l’endurance reste l’ADN du Mans, mais il y a aussi toutes les autres disciplines. C’est important pour nous de faire le plus beau musée du sport automobile. »
Ca sera vraiment le musée de tout le sport automobile ?
« On vivra l’expérience du Mans, on vivra le départ, la nuit, la pluie dans la voiture, le lever du soleil, le podium, les ravitaillements. Et puis après, on passera dans la nouvelle partie du musée où on pourra découvrir des Formules 1, des voitures de rallye, des IndyCar, des CanAm. Il y aura des dioramas à l’échelle 1 puisqu’on a aussi les collections de Richard Mille et les camions de l’époque qui étaient présents dans les paddocks. Ensuite, on passera dans l’allée des Héros que vous connaissez déjà dans le musée, mais qui sera beaucoup plus grande. Et ensuite, toutes les miniatures soit plus de 4000 voitures qui ont fait toutes les courses des 24 Heures du Mans. Et on terminera par la boutique. »
Il n’y aura pas que le sport automobile, mais aussi la culture et l’histoire ?
« Exactement, ça sera important. Il y aura des expositions et une partie qui sera réservées aux expositions éphémères. On aura un petit cinéma et des salles pédagogiques parce qu’on accueille beaucoup d’écoles, de manifestations culturelles. L’idée est vraiment de continuer à transmettre la passion du sport automobile entre toutes les générations. »
Vous avez parlé de l’importance de placer la voiture au cœur du patrimoine.
« Toutes ces voitures sont des œuvres d’art, mais la voiture en elle-même n’est qu’un outil. Pouvoir raconter toutes les légendes, toutes les histoires qu’il y a autour, ces histoires d’hommes et de femmes. Le Mans est avant tout une grande aventure humaine. L’idée est vraiment, autour de ces voitures qui sont des œuvres d’art, de partager cette légende. »
Quelles ont été les contraintes architecturales majeures ?
« Nous sommes juste à côté de l’aéroport. Et donc, dans un aéroport, il y a des règles. Il y a ce qu’on appelle un cône d’envol et il passe juste au-dessus du musée. Ce qui fait qu’on ne pouvait pas élever le musée en hauteur. C’est pour ça qu’il a fallu que nous creusions la butte qui était derrière l’ancien musée de façon à « enterrer » cette nouvelle partie pour qu’elle ne soit pas dans le cône d’envol de l’aéroport. Donc c’était des contraintes assez fortes. »
Comment êtes-vous quelques mois avant les ultimes préparations ?
« On est un petit peu fébriles parce que comme je l’ai dit tout à l’heure, les 24 Heures démarrent à l’heure fixe et on veut que ce musée soit aussi prêt pour la course. Il y a encore beaucoup de travaux. Les échelles du gros œuvre est fait. Maintenant, il y a toute la scénographie qui est extrêmement importante et il faudra qu’on soit à l’heure. Mais pour le moment, nous n’avons pris aucune journée de retard ! »
Est-ce qu’il y a une idée de la fourchette des tarifs, éventuellement, de ce musée ?
« Ça restera accessible à tous, bien évidemment, avec tout ce qu’on fait pour les étudiants, les enfants, les membres de l’ACO, etc… Mais on sera dans les prix moyens des autres musées dans le monde entier. Forcément, ça sera un peu plus important que dans l’ancien musée puisqu’on va proposer un produit qui sera complètement différent de ce qu’on proposait jusqu’à aujourd’hui. »
Est-ce important d’aller chercher un public qui n’est pas forcément un public au départ passionné de sport auto ?
« Oui, on veut vraiment que ce musée soit ouvert à tous, aussi bien pour les passionnés que les néophytes. L’idée est vraiment de transmettre cette passion, cette émotion. Vous êtes tous venus aux 24 Heures du Mans ? Oui donc tant que vous n’y êtes pas venus, vous ne comprenez pas ce que c’est. Ça sera la même chose pour le musée. Ça doit être un vecteur d’émotion, de passion et surtout, que ça soit intergénérationnel. Ça va intéresser aussi bien les jeunes que toutes les autres générations. »

