Bijoy Garg (Inter Europol Compétition) : « Cela ne va pas être facile de battre Panis et United ! »

Endurance Live a récemment rencontré le pilote américain Bijoy Garg. Âgé de 23 ans, le vainqueur de la catégorie LMP2 aux 24 Heures du Mans 2024 est revenu avec nous sur son cheminement dans le sport automobile ainsi que sur ses aspirations pour le futur.

Bijoy, racontez-nous vous débuts en sport automobile

« J’ai commencé comme beaucoup par le karting puis la F4. Ensuite, j’ai regardé quelles opportunités s’offraient à moi. C’est alors que la LMP3 est devenue une option.  En fait, mon coach de l’époque était également manager de plusieurs pilotes engagés en LMP3 chez Junior 3 Racing. C’est donc là que le premier contact avec l’endurance s’est établi. Au départ, nous nous sommes engagés en IMSA VP Racing Sportscar Challenge parallèlement au programme Road to Indy (un programme de formation voué à emmener les jeunes pilotes de monoplace jusqu’à l’Indycar et les 500 miles d’Indianapolis, ndlr), afin de mener un double programme et voir ce que cela donnerait. L’idée était de faire le point à la fin de l’année 2023 et décider de ce que je voulais faire ».

Vous avez donc commencé à faire vos armes en endurance dans la catégorie LMP3…

« J’ai ainsi commencé à comprendre la voiture et l’endurance. Nous avons participé à quelques courses dans l’IMSA Weathertech Sportscar Championship. À la base, c’était censé être quelque chose sans trop d’enjeux, destiné à me tester à un autre niveau, à affronter les meilleurs en LMP3 et voir comment je me plaçais. Nous n’avons pas été ridicules… ».

Vous remportez donc de multiples courses en endurance en 2023. Aviez-vous déjà décidé d’arrêter la monoplace pour 2024 ?

« Je me suis retrouvé dans une situation où j’étais partagé entre l’idée de courir en Indy Lights et celle de rouler en LMP2 car le budget était assez similaire. Nous nous sommes finalement dit que c’était une meilleure option sachant que si je voulais retourner en monoplace, je pourrais toujours le faire plus tard ».

© MPS Agency

Votre fait d’armes pour 2024 est bien entendu votre victoire en LMP2 aux 24 Heures du Mans, avec Oliver Jarvis et Nolan Siegel chez United Autosports. C’était votre toute première participation !

« Oui, nous avons gagné Le Mans, un super week-end. Mais si tu regardes l’ensemble de la saison, c’était vraiment le seul fait intéressant de 2024. Ailleurs, il nous arrivait quelque chose à chaque course. On avait de la malchance, pas la voiture qu’il fallait, ou quelque chose d’autre se produisait ».

Si l’on passe à 2025, vous remportez là une autre classique en LMP2, à savoir les 12 Heures de Sebring chez Inter Europol Compétition avec Tom Dillmann et Jeremy Clarke…

« Oui, nous étions forts à Sebring. Jeremy a fait ce qu’il avait à faire. Évidemment, c’était sa première dans la voiture, sa première en IMSA et sa première à Sebring. Ça faisait donc beaucoup de nouveautés pour un Bronze, mais on a vu depuis ce dont il est capable ».

Vous n’étiez donc plus du tout en monoplace. Cela vous manquait-il ou bien aviez-vous décidé de creuser votre sillon en endurance pour le restant de votre carrière ?

« Au cours de la saison 2024, il y a eu quelques discussions pour y retourner. Mais le problème avec ce genre d’opportunités, c’est qu’elles sont rarement extraordinaires. Il n’y en avait aucune qui puisse me faire progresser ni améliorer ma réputation en tant que pilote ».

Le Mans 2024 © MPS Agency

En 2025, vous avez bien entendu couru sur des prototypes mais aussi en GT (chez Barwell Motorsport, dans le cadre du GT World Challenge Europe). Qu’est-ce qui vous a motivé à avoir cette expérience ?

« Il s’agissait surtout de se préparer pour l’avenir. En endurance, on ne sait jamais. C’est ça, le problème : dans cinq ans, qui sait ce qui va se passer ? Il faut donc se préparer à tout. Et même si, pour être honnête, ce n’était pas ce que nous voulions en termes de résultats, je pense que cette expérience a été précieuse. Si je devais y retourner un jour, ce serait avec une certaine expérience ».

Parlons maintenant de la saison en cours et de l’ELMS. Êtes-vous satisfait de la manière dont la saison s’est déroulée jusqu’ici avec Inter Europol Compétition ?

 « Nous avons eu deux opportunités de gagner des courses cette année. Avec deux victoires, le championnat aurait évidemment une allure différente. Je pense que, les Oreca n° 29 (de Forestier Racing by Panis) et n°22 (de United Autosports) sont de très sérieux concurrents. Quand on regarde ces équipes, elles ont des structures très solides et des pilotes très forts. Donc oui, ça ne va pas être facile de les battre ».

24H Spa © MPS Agency

En marge de l’ELMS, il y a bien entendu eu les 24 Heures du Mans où vous avez fini second avec Reshad de Gerus et Nico Muller. Vous avez mené la catégorie LMP2 par moment. Avez-vous ressenti une certaine frustration à l’arrivée ?

« C’était une sacrée course. Nous terminons deuxièmes effectivement. Nous savions qu’il allait y avoir des voitures de sécurité. Il y en eu une qui a fait fondre toute notre avance. C’est vraiment dommage parce que nous avions une réelle chance de gagner. Mais c’est la course automobile. Et puis, (les vainqueurs) Tom (Dillmann) et Nick (Yelloly) et « Kuba » forment un équipage absolument incroyable. Je pense que personne ne pouvait aller chercher Tom ce jour-là. Quand on regarde ses chronos en course, il était vraiment très rapide ».

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Votre objectif de deuxième moitié de saison est toujours de gagner en European Le Mans Series, j’imagine ?

« Ça ne va pas être facile. Comme je l’ai dit, je pense que les n°29 et 22 sont des voitures extrêmement fortes et, sauf problème mécanique ou accident, je ne vois pas comment aucune des deux ne peut terminer au minimum P2 ou P3. Nous devons donc faire la même chose. Je ne veux pas vraiment regarder le résultat final du championnat. Je préfère me dire : finissons sur le podium et voyons où nous en sommes ».

Avez-vous des ambitions en Hypercar la saison prochaine ?

« Je n’ai rien signé pour l’année prochaine. Nous étudions pratiquement toutes les possibilités… en Asian Le Mans Series, en IMSA, essentiellement pour tout ce qui concerne la LMP2, comme nous l’avons fait cette année. Je ferai peut-être aussi quelques courses de GT pour reprendre un peu le rythme. Je pense que c’est toujours une bonne compétence à avoir. Et si, les équipes Hypercar commencent à s’intéresser à moi — ce que j’espère qu’elles feront à un moment donné — je pense qu’avoir une expérience en GT et montrer qu’on peut être compétitif dans ce style de course, mais aussi dans plusieurs types de voitures, est toujours vu comme un avantage.» 

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