Olivier Panis revient sur son envie de travailler en 2028 avec VPS Racing

Suite de notre rencontre avec Olivier Panis qui, après avoir expliqué son choix de basculer chez Ligier, est revenu sur un fait un peu passé inaperçu. TDS Racing n’exploitera plus techniquement Panis Racing, mais ce sera VPS Racing… 

Ce ne sera plus TDS Racing, mais VPS (Vaxiviere, Panis, Serrano) qui va gérer la voiture à partir de 2028. Pourquoi ? Est-ce le cœur qui a parlé car il y a Aurélien Panis dans cette structure ?

« Oui, mais pas que. Aurélien est mon fils, j’ai une relation très forte avec mes enfants. Aurélien, je l’ai toujours aidé en tant que pilote, toujours supporté, c’est quelqu’un qui a beaucoup de talent et qui n’est parfois peut-être pas encore reconnu. Mais par contre, je vois comment avec Mathieu (Vaxiviere) et Raphael (Serrano) il gère leur entreprise. Ils ont une façon de se structurer, d’investir, de travailler qui, pour moi, aujourd’hui, fait qu’elle fera partie des très grosses équipes LMP2. Quand je rentre à l’atelier, quand je vais les voir sur les pistes, ils ont une façon de fonctionner très professionnelle. Certes, le côté cœur a parlé, bien sûr, le côté passation aussi parce que je vais avoir 60 ans cette année. De plus, l’atelier est à 5 minutes de la maison, j’aurai un suivi. Je vais peut-être mettre un peu plus ma patte sur des choses que je pense pouvoir améliorer. En 2028, je vais être très investi avec les jeunes parce que je veux leur passer quelque chose, un bon produit et qu’ils deviennent très performants. »

Et c’est une façon pour vous de pérenniser le nom Panis Racing ?

« Oui, mais je n’ai pas d’ego avec ça parce qu’aujourd’hui Panis Racing est devenue un peu une marque. De toute façon, c’est déposé en tant que tel. Je suis ravi de traverser ça avec Stéphane Dilouya, mon partenaire depuis 10 ans, un mec fantastique. De manière générale, j’ai eu de la chance dans ma carrière, dans ma vie d’homme, avec mes partenaires et mon ami Stéphane, qui a beaucoup investi pour qu’on en soit là. Franchement, je ne sais pas comment les remercier parce qu’ils ont tellement fait tellement. Je n’oublie pas Marc VDS. Ça m’a fait une peine énorme d’apprendre son décès. Ces gens-là m’ont donné des chances que je n’aurais jamais, comme Yves Forestier aujourd’hui qui me donne l’opportunité de pouvoir avoir une équipe comme on a aujourd’hui. Alors oui, j’ai envie de déléguer ce projet à VPS Racing. J’aurais pu le faire l’année prochaine, mais je me suis dit que je n’avais pas d’intérêt à le faire. J’en ai parlé avec Xavier (Combet), il a compris mon choix, et tout le monde est ravi. Malgré la séparation avec TDS, j’ai beaucoup de respect pour cette équipe. »

© MPS Agency

L’année prochaine, vos deux pilotes leaders pourraient quitter l’équipe. Comment commencez-vous à structurer ?

« On parle là d’Oliver Gray et Esteban Masson, pilote Toyota. Ce dernier a son avenir en main, il a prouvé qu’il était parti sur des bonnes bases. Oliver Gray, je pense, aura des propositions en Hypercar parce que c’est un pilote aussi très impressionnant. On doit parler avec Yves (Forestier) de tout ça, mais j’aimerais garder les deux en ELMS. Le seul souci est de ne pas les avoir au Mans comme en 2025 avec Charles. Mon envie est de gagner Le Mans, il faut que je réfléchisse, mais j’ai bien envie de les conserver encore en ELMS, parce que travailler avec des jeunes comme eux tire tout le monde vers le haut. »

J’imagine que vous avez un plan B si Esteban et Oliver vont voir encore plus haut…

« J’ai des idées qui ne sont pas mal, mais dans le sens où quand on a pris Esteban, Oliver, ils faisaient déjà les choses bien, mais personne ne les connaissait vraiment. Je suis très ami avec Didier André (manager de pilotes) qui gère Esteban. Je suis très proche de David Floury (le directeur technique de Toyota Racing), et il m’a fait un très bon retour sur lui. Ils ont grandi avec nous depuis maintenant, ça va être la deuxième année. Si on les perd, c’est un peu l’ADN de l’équipe. On est là pour former des jeunes, les rendre très forts, les mettre en avant. Ils vont être professionnels, connaître des choses magnifiques, mais chez nous, on a un vrai esprit famille : Charles (Milesi), tous les soirs, mange avec nous (alors qu’il est chez CLX, ndlr), Will Stevens, je l’ai souvent au téléphone, Paul Loup Chatin, tous ces mecs sont devenus pros. Ils n’oublient pas tout ce qu’on a pu faire ensemble et j’adore ça ! C’est ce qui me fait continuer à faire ce métier. »

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Justement, Charles Milesi, pourquoi a-t-il quitté l’équipe ?

« Honnêtement, Charles est un pilote pro, l’un des meilleurs en Hypercar. Il a eu une proposition par Nicolas Lapierre (CLX) pour rouler en Pro Am avec un salaire que je ne pouvais pas lui donner. Je lui ai dit : « Que tu aies envie de rester chez nous, je peux le comprendre, mais il faut gérer ta carrière de pilote professionnel. » En plus, le faire avec Nico, qui est aussi son team principal chez Alpine en WEC, avait du sens. Et en plus, on perdait VDS et Yves arrivait avec son pilote, Louis Rousset. C’est pour ça que Charles a pris cette bonne décision, je l’ai poussé à le faire. Maintenant, je ne dis pas que je ne pourrais pas le récupérer. Le seul truc, c’est Le Mans qui, à chaque fois, me tend un peu car je voudrais le même trio qu’en ELMS pour essayer de gagner cette course de fou. Mais d’un autre côté, l’ELMS est important pour moi parce que c’est un championnat que j’aime beaucoup avec un niveau de fou… »

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