Olivier Panis (Panis Racing) : « Les choses qui se préparent avec Ligier me plaisent ! »

Olivier Panis s’est retrouvé sous les feux des projecteurs dernièrement. Déjà parce que son équipe, championne en titre, est revenue à égalité avec United Autosports au championnat. Mais surtout parce que son écurie va engager une Ligier JS P228 partir de 2028. Endurance Live est allé à sa rencontre…

Que pensez vous de votre première moitié de saison ELMS ?

« La saison est exceptionnelle (deux victoires, une 2e place), c’est un peu dans la lignée de l’année dernière. On a énormément de chance. Déjà notre relation avec TDS se passe super bien avec Xavier (Combet), Jacques (Morello) et toute l’équipe. Il y a vraiment une relation d’amitié, de complicité, c’est super. L’année dernière a été impressionnante et, en 2026, on a eu la chance de garder les deux mêmes pilotes parce qu’ils sont exceptionnels. Honnêtement, j’en ai vu des pilotes dans ma carrière, mais Esteban Masson est une machine et Oliver Gray, Silver l’année dernière et déjà impressionnant, est passé Gold et est très compétitif, très proche d’Esteban. Ces deux là vous  changent un peu la vie. Cette année, on a Louis (Rousset) qui nous a rejoints, un jeune Silver qui vient de LMP3. Il progresse, écoute beaucoup. A Barcelone, c’était un peu compliqué, ça lui sautait un peu à la figure même si on a fait beaucoup d’essais. Depuis Imola, il a passé un cap énorme et s’améliore, fait très peu d’erreurs. Avec un trio comme ça, ça permet de faire des choses, de tester et de donner confiance à toute l’équipe. On a des mécanos qui sont au pit stop, la plupart du temps les plus rapides. On a une équipe de « ouf », et je prends énormément de plaisir. Je suis très proche des pilotes, des mécanos, de toute l’équipe TDS avec Xavier, Jacques et Florent (Gouin), le directeur technique. On reste humble, on continue de travailler comme il faut, on se concentre sur ce qu’on fait sans se préoccuper des autres. On a des programmes bien définis qu’on suit et pour l’instant, tout se passe bien. »

© MPS Agency

Il y a quelque chose qui vous sourit plus ou moins, c’est Le Mans…

« Deuxième en 2025, 3e cette année. Ça ne veut pas, mais il y a des explications. Je pense que l’année dernière, on n’avait pas Charles (Milesi) dans la voiture. Franck (Perera) l’a remplacé au pied levé et a fait du très bon travail, mais il n’avait pas une saison « dans les pattes »,  ce n’est donc pas évident. Il a fait un super boulot, mais je pense qu’avec les trois mêmes pilotes toute l’année, cela aurait été différent. Mais je le précise : ce n’est pas une critique, loin de là, envers Franck, au contraire. Cette année, on avait Louis (Rousset), c’était son premier Le Mans. On ne peut pas lui demander d’être au niveau des mecs qui ont fait deux, trois fois Le Mans. On assume la troisième place de cette année, on a fait une course solide et j’étais content de l’équipe et d’avoir fait troisième. En 2025, je l’avais plus mauvaise parce que je pense qu’on pouvait gagner. C’est comme ça, encore une fois, ça fait partie de la course. Mais j’aimerais tellement gagner Le Mans, au moins une fois. Un jour, ça va nous sourire, mais il faut que toutes les planètes s’alignent. Aujourd’hui, Le Mans n’est plus le même qu’il y a quatre, cinq ans en LMP2 où quand tu étais à l’arrivée, tu étais sur le podium. Aujourd’hui, tu finis troisième à 30 secondes au bout de 24 heures. Tu sens bien que là, le niveau en ELMS et au Mans en LMP2 est impressionnant. »

© MPS Agency

Cette semaine, on a appris que vous retourniez dans le camp Ligier. Pourquoi ? Est-ce lié à votre passé de pilote ou parce que vous avez déjà fait rouler des Ligier LMP2 par le passé ? 

« Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que, oui, Ligier est cette équipe qui m’a donné ma chance d’aller en Formule 1, je n’oublierai jamais. J’ai passé quatre années avec eux, avec les mécanos, les ingés, c’étaient mes potes. À l’époque, avant les constructeurs, une équipe de F1, c’était une famille, je les connaissais tous, je partais même en vacances avec eux. Ils m’ont donné l’opportunité de faire ce que j’ai fait tout au long de ma carrière.

Deuxième point très important, j’ai beaucoup de respect pour Jacques Nicolet, Pierre (son fils, patron de Ligier Automotive) et Frank Tiné qui sont à la tête de ce programme. J’ai longuement parlé avec eux et je trouve qu’ils ont fait un investissement technique très important. Ils ont recruté des gens très forts et tout ce qui se préparait m’a encouragé. Il y a encore des choses que je pense qu’il faut qu’on pousse, qu’on améliore, mais tout ce que j’ai vu jusqu’à présent m’a convaincu.

Et puis, il y a le support Ligier qui est important, pas financier, mais technique. Toute l’équipe technique est accrochée à Panis Racing. On va faire du développement quand la voiture va être sur la piste, cela veut dire que les choses qui se préparent me plaisent. Le programme me convient, la façon d’appréhender les choses aussi. Avant que ça soit annoncé, j’ai appelé tous les gens pour qu’ils ne l’apprennent pas par la presse : l’équipe, Hugues de Chaunac, Pierre Fillon, Fred Lequien et leur ai expliqué pourquoi. J’ai aussi la chance d’avoir un partenaire comme Forestier. Pour moi, c’est une opportunité aujourd’hui aussi de dire : on a un sponsor magnifique. Combien de temps on l’aura, je ne sais pas donc je voulais aussi sécuriser des choses. Je suis ravi. Je sais que ça va être un gros challenge, je connais les qualités d’Oreca, mais je sais de quoi on peut être capable aussi. »

La suite demain…

Laisser un commentaire