Grâce à sa stratégie et un début de course offensif, la BMW n°15 a triomphé à Interlagos. La marque bavaroise confirme sa progression. Grosse déception en revanche pour Genesis, Peugeot et Toyota qui n’avaient pas de rythme. Alpine a tenté une stratégie décalée, mais cette fois, cela n’a pas marché.
Un départ donné avec un peu de retard.
Alors que la piste est humide, la direction de course décide de commencer la course derrière la voiture de sécurité : les GT3 sont trop éloignées les unes des autres. Cela permet aussi aux pilotes d’appréhender la piste. Elle est effectivement piégeuse puisque dans le tour de mise en grille, la Toyota n°7 commet une erreur et va toucher le mur à la sortie des stands, ce qui abîme la face avant. Le départ est compliqué pour l’Alpine n°35 qui perd de nombreuses places pour se retrouver en deuxième partie de peloton. À noter le très bon envol des Ferrari n°50 et n°83 qui intégrent le top 6. L’arrivée dans le trafic, au bout de 15 minutes, a permis à Kevin Magnussen dans la BMW n°15 de se rapprocher d’Earl Bamber dans la Cadillac n°38. Le Danois tente une manœuvre audacieuse par l’extérieur au premier virage, avant de se ranger. Le tour suivant, profitant du trafic, la voiture de WRT s’empare de la deuxième position. Pendant ce temps, Will Stevens dans la Cadillac n°12 prend la poudre d’escampette.
La Toyota n°7 et la Ferrari n°83 sont pénalisées de cinq secondes pour une infraction au départ : les deux hypercars ont bougé de leur ligne bien trop tôt. Une erreur dommageable d’autant plus que la voiture nippone a reçu une pénalité avant la course et parce que le prototype italien a gagné de précieuses places en ce début d’épreuve. Après une demi-heure plutôt solides, les Genesis commencent à chuter dans la hiérarchie. Loïc Duval dans la Peugeot n°94 se plaint du comportement de sa 9X8 : la balance est totalement différente par rapport aux essais libres. Les Aston Martin et les Toyota restent en queue de peloton. Ferdinand Habsbourg (Alpine n°35) est le premier à s’arrêter, bien plus tôt que la concurrence. La voiture de tête, la Cadillac n°12 perd un temps fou dans son premier arrêt aux stands : une des roues refusant de se serrer. Avec ce problème, Will Stevens lâche cinq positions. Grâce à sa stratégie décalée, l’Alpine n°35 a récupéré les commandes à l’entame de la deuxième heure de course. Après la première salve d’arrêts, la BMW n°15 met les gaz pour tenter de prendre un maximum d’avance sur les voitures sur la même stratégie. Dans le même temps, Fred Makowiecki dans l’Alpine n°36 est en difficulté et perd des places face à BMW et Ferrari. Au bout d’une heure trente, la Toyota n°8 est rentrée aux stands : les mécaniciens cherchent un problème sur la voiture et après de longues secondes immobilisé, Brendon Hartley peut alors repartir.
Disaster for the race leader 😩@CadillacVSeries hits trouble in the pits as the wheel nut on #12 refused to come off, costing them valuable time and the lead.#WEC #6HSaoPaulo #Cadillac pic.twitter.com/vjENWdhNYA
— FIA World Endurance Championship (@FIAWEC) July 12, 2026
La course des Toyota est une catastrophe. Après le problème de la n°8, la voiture soeur prend un drive through pour ne pas avoir respecté les procédures sous full course yellow. Dans le même temps, Will Stevens est déchaîné et remonte très fort pour rattraper le problème dans les sens. Les pénalités tombent les unes après les autres : drive through pour la Ferrari n°50 et la Genesis n°19. Peu de temps après le début des problèmes, probablement dus à un contact avec une Genesis, Toyota rentre la n°8 dans son garage. Elle en est ressortie après 16 minutes. La Genesis n°17 qui est responsable du contact avec la n°8 écope de 10 secondes de pénalité. Petite frayeur pour la Cadillac n°12 avant de plonger aux stands pour son deuxième arrêt : elle a envoyé en tête-à-queue la Lexus n°87 et Will Stevens s’est plaint de dommages sur la voiture. Dans la foulée, Norman Nato, qui a pris le relais sur la Cadillac n°12, se fait une belle frayeur et a failli tout perdre. Le Français, dans la foulée, réalise une manœuvre très musclée et limite sur la Ferrari n°83 en l’envoyant au large.
Dans la quatrième heure de course, grâce à sa stratégie décalée, l’Alpine n°35 mène mais voit la BMW n°15 très proche. Malgré des pneus très usés, la voiture tricolore impose un très bon rythme et roule même plus vite que la Ferrari n°51, disposant de pneus frais, qui occupe la troisième position. Pendant de longues minutes, la BMW n°15 butte sur l’Alpine. Dans les derniers tours, l’A424 réduit son rythme en raison de la dégradation de ses pneus. Mais cela ne permet pas à Raffaele Marciello de passer, mais à la Ferrari n°51 de se rapprocher à deux petites secondes. Pendant cette bataille, les équipes ont les regards portés sur les radars météorologiques : les nuages menaçants font leur apparition au-dessus de la cité brésilienne et du circuit. James Calado, en sortant des stands touche le mur de pneus à la sortie : la Ferrari n°51 arrache un bout de toile et la face avant a subi quelques dégâts.
BIG trouble for @ToyotaRacingWEC💥
— FIA World Endurance Championship (@FIAWEC) July 12, 2026
The #17 @MagmaRacing and #8 Toyota make contact, leaving both cars with significant damage.
#WEC #6HSaoPaulo #Toyota pic.twitter.com/5HjZi2iDEO
A 1h45 du terme, la BMW n°15 passe par les stands pour ravitailler. Dans son tour de sortie, Raffaele Marciello se fait surprendre par ses pneus froids et part tout droit dans le secteur 2. Il perd un temps considérable et une place aux dépens de la Ferrari n°51 qui trimballe toujours son panneau publicitaire. Cette dernière est la seule hypercar de la Scuderia à avoir du rythme. Les Aston Martin, après un début de course compliqué, flirtent avec la zone des points. En revanche, pour Genesis, Peugeot et Toyota, la performance n’est pas là… La pluie, qui se faisait menaçante, a un peu cessé de planer au-dessus d’Interlagos. À l’approche de la dernière heure, les nuages sont de plus en plus épais, les équipes préviennent les pilotes que les gouttes pourraient être imminentes. Au moment cinquième ravitaillement pour la BMW n°20 et la Ferrari n°51, une question se pose : pourront-elles aller au bout sans repasser par les stands ? Avec 1h02 encore au chrono quand elles reprennent la piste, les doutes sont forts. Seules les Cadillac n°12 et BMW n°15 semblent en bonne posture de ce côté-là.
À 23 minutes du terme, la direction de course déclare la piste humide. Quelques gouttes commencent à tomber. Au classement, la BMW n°15 est en tête avec quatre secondes d’avance sur la Ferrari n°51 de James Calado qui essaye de grappiller quelques dixièmes. En vain. L’équipe WRT s’impose pour la deuxième fois de la saison : après le succès de la n°20 à Spa-Francorchamps, c’est la n°15 de Magnussen, Marciello, Vanthoor qui triomphe cette fois. Elle devance la Ferrari n°51 de Piere Guidi, Giovinazzi, Calado et la Cadillac n°12 du duo Stevens / Nato. Les deux Peugeot, les deux Genesis et les deux Toyota terminent très loin. Une seule Alpine intègre la zone des points : la n°35 de Habsburg, Milesi, Da Costa. Les deux Aston Martin, après un début de course anonyme, termine 7e et 9e.
Le classement complet de ces 6 Heures de São Paulo est ICI
Prochaine manche, après une pause estivale, à Austin, Texas (USA) le 6 septembre.

