François Hériau, pilote engagé en Championnat du monde d’endurance avec Vista Af Corse, est présent à Le Mans Classic. Le Français est au volant d‘une LMP2 Oak Pescarolo 01 de l’équipe Saulnier Racing de 2008 qui était pilotée par Matthieu Lahaye, Pierre Ragues et Congfu Cheng. Cette LMP2, il la partage avec les frères Lahaye sur les manches du Legends of Le Mans en marge des courses du WEC. Ce week-end, c’est son tour. Endurance Live est allé à sa rencontre ce week-end.
Vous êtes venu rouler avec la Pescarolo, ancienne voiture de Matthieu Lahaye. Comment avez-vous récupéré cette voiture et cette ancienne génération de LMP2, qu’est-ce que vous pensez par rapport aux modernes que vous avez pilotées ?
« Cette voiture, je l’ai récupérée au moment du Covid, dans l’optique de faire des courses historiques un jour parce qu’elle fait clairement partie d’une époque où je venais voir Matthieu Lahaye rouler au Mans avec Jean-Baptiste (son frère) en spectateur. On le voyait dans ces voitures, ces LMP2 ouvertes… Ça fait vraiment partie de l’ADN du Mans dans une époque où j’étais simple spectateur. C’est vraiment génial de pouvoir rouler avec, je retrouve un petit peu de sensation des LMP2 avec des freins carbone efficaces, beaucoup de puissance, de l’aéro même si c’est léger au Mans sur ces voitures. En historique, il y a moins de pression que dans les championnats mondiaux, c’est vraiment un grand plaisir de rouler dans ce type de voitures, la tête à l’air à plus de 300 km/h. »
Retrouvez-vous des sensations que vous avez eues avec l’Oreca 07 ou la différence de génération est grande ?
« On retrouve les sensations de base. Cela étant, ce n’est pas tout à fait la même chose, on ne roule pas avec la même pression, ni avec le couteau entre les dents. Il y en a déjà une avec un toit et l’autre sans, ça joue beaucoup. Les pneus ne sont pas de même qualité, ni forcément de même dureté qu’à l’époque. ll faut s’adapter à tout ça, mais il y a des bases qui sont là. J’ai vite trouvé mes marques dans la voiture, j’étais bien, les réflexes proto reviennent vite. »
Vous venez de faire les 24 Heures du Mans avec une GT3, vous disputez Le Mans Classic avec la P2, quelles sont les sensations ?
« C’est du pur plaisir, de grosses sensations parce qu’en plus, c’est une voiture de 2008, ce n’est pas très vieux, ça vibre de partout, ça talonne, ça touche par terre, elle encaisse vraiment tout là où une GT3 est plus filtrée avec les suspensions, avec la direction assistée, etc… C’est du feeling beaucoup plus direct, une sensation de pilotage plus instinctif. C’est toujours sympa d’avoir ces sensations en tant que pilote. »
Vous êtes plus voiture avec un feeling direct comme cette LMP2 ou un peu plus indirect comme une GT3 ?
« Les deux sont bien honnêtement, c’est cool de pouvoir faire les deux et de pouvoir garder ces sensations là, le feeling direct est toujours un peu plus plaisant, parce qu’on se sent un peu plus en maîtrise. »
Est-ce qu’il y a d’autres courses prévues pour cette auto?
« Il reste une manche du championnat Legends of Le Mans en clôture du WEC (Bahrein) donc ce sera compliqué pour moi de faire les deux programmes. Je veux vraiment être focalisé sur mon champonnat WEC et ne pas prendre le risque d’être déstabilisé. Je ne roulerai donc pas avec, mais ce sera probablement Matthieu ou Jean-Baptiste. »
François Hériau conclura cet échange avec l’envie de rouler dans d’autres championnats classiques avec son prototype. En attendant, le week-end prochain, le Breton retrouvera le volant de sa Ferrari 296 GT3 au Brésil pour le WEC.

