Mark Cavendish (starter) : « Les 24 Heures du Mans font partie de ces événements que l’on ne peut pas comprendre tant qu’on ne les a pas vécus ! »

L’ancien cycliste britannique et recordman du nombre de victoires d’étapes sur le Tour de France était le starter de la 94e édition des 24 Heures du Mans. L’ancienne star du Tour et ex-sprinteur a joué le jeu à fond en étant présent dès la conférence de presse le vendredi jusqu’à l’arrivée dimanche. Pas un simple starter, mais un vrai fan !  Important de le préciser quand certaines autres « personnalités » ont été beaucoup moins impliquées. 

Tout d’abord, qu’a représenté pour vous le fait ce rôle de starter au Mans ?

« C’était un immense honneur. Venir assister aux 24 Heures du Mans était un véritable rêve. Je suis venu l’année dernière, et l’idée même de revenir un an plus tard pour revivre cette expérience était déjà un rêve, sans parler de recevoir l’invitation de venir agiter ce qui est sans doute le drapeau étoilé le plus emblématique du sport automobile. Les 24 Heures du Mans font partie de ces événements où on ne peut pas vraiment comprendre ce que ça représente tant qu’on ne l’a pas vécu. J’en citerais d’autres comme le Tourist Trophy ou le Grand Prix de Monaco. J’ai souvent pensé à venir au Mans, mais c’était impossible pendant ma carrière car c’était trop proche du Tour de France. »

Vous étiez donc déjà venu auparavant ?

« Oui, j’en ai eu l’occasion en 2025 en tant qu’ambassadeur Aston Martin, j’avais même pu faire un tour en Valkyrie. J’en avais profité tout le week-end, j’étais allé voir les voitures  pendant la nuit, en foret, à certains virages, j’avais adoré l’expérience ! »

Comment ça s’est fait ce rôle ?

 » Tout simplement. J’étais en vacances avec ma famille et Richard Mille m’a appelé pour me proposer d’être starter des 24 Heures du Mans. Ce fut vraiment une surprise et vous vous doutez bien que j’ai accepté immédiatement (rire). »

Photo Fabrizio Boldoni / DPPI

Vous intéressez-vous vous-même au sport automobile ?

« J’adore le sport automobile. Je suis né sur l’Ile de Man (lieu du Tourist Trophy). Quand on naît là-bas, on grandit en se disant : « Bon, je veux devenir pilote de moto », mais il y a tellement de similitudes entre le cyclisme et le sport automobile, seul le moteur est différent. Et c’est ironique : on voit beaucoup de pilotes ici, beaucoup de pilotes de F1, beaucoup de pilotes de Moto GP, qui font tous du vélo. Et beaucoup de cyclistes rêvent de conduire des voitures et des motos à toute vitesse. C’est un fait avéré ! »

Et vous vous intéressez à toutes sortes de disciplines ?

« À peu près tout. Et évidemment le WEC qui est incroyable et surtout Le Mans. Bon, je suis cycliste professionnel. En cyclisme, il y a de nombreuses épreuves, mais le Tour de France en est le fondement. Sans cette course, ce sport n’existerait pas, et c’est la même chose pour Le Mans. Sans les 24 Heures, je ne pense pas que les courses d’endurance existeraient. En fait, je pense que c’est le fondement, en particulier, de l’ensemble du sport automobile. C’est donc une épreuve emblématique qui transcende le sport automobile. Même si vous ne suivez pas le sport automobile, vous regardez les 24 Heures du Mans. Même si vous ne suivez pas le cyclisme, vous regardez le Tour de France. Je me rends compte que j’ai toujours grandi avec ça à la télé, même si je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait quand j’étais plus jeune. »

Y-a-t-il des parallèles ou des points communs entre cette discipline et le cyclisme ?

« Bien sûr, la vitesse en est un. Ce sont des vitesses différentes, mais tout est relatif au véhicule que l’on utilise. Il y a aussi l’aspect endurance qui n’est pas seulement une question physique. Le plus difficile dans une épreuve d’endurance, quel que soit le sport, c’est la fatigue mentale, la charge mentale que cela implique. Rester concentré pendant une telle durée est quelque chose qu’une personne lambda, qui ne pratique pas ce sport à titre professionnel, ne peut pas vraiment comprendre. C’est quelque chose que, si vous participez à une épreuve d’endurance, vous ne pouvez qu’admirer et respecter chez quiconque le fait dans un autre sport. Le cyclisme ne s’apparente pas à l’endurance, c’est de l’endurance, il faut savoir gérer son corps et nous le faisons pendant 21 jours sur le Tour de France…»

Photo Fabrizio Boldoni / DPPI

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