Sébastien Bourdais (Cadillac) : « J’ai 47 ans, je n’aurai plus beaucoup d’occasions comme celle-là ! »

Sébastien Bourdais était évidemment déçu après son abandon à 8 heures ce matin. Il avait l’impression d’avoir raté une de ses dernières opportiunités de remporter enfin sa course à domicile. Un point presse a été organisé, voici les différents points abordés…

Quand il a compris que c’était fini

« Tu sais que c’est fini. En plus, la direction assistée a lâché au moment de rentrer aux stands, donc c’était déjà cuit. J’allais devoir refaire le tour jusqu’aux stands, en perdant du temps au tour et en essayant de ne pas avoir d’accident. C’était assez difficile à manœuvrer. Dans cette course, si tu rentres au stand et que tu n’en ressors pas dans la minute, c’est fini. »

La déception qui s’en suit

« En 2020, j’avais pratiquement abandonné tout espoir d’avoir à nouveau cette chance de remporter Le Mans, et cette année, elle était là. Cette course a le don de remettre tout le monde et tout à sa place, et parfois, pour une pièce à 2 dollars, ça se termine de manière écrasante. C’est un coup dur. J’ai 47 ans, je n’aurai plus beaucoup d’occasions comme celle-là. Mais c’est la course. Michael Andretti a participé 20 fois aux 500 Miles d’Indianapolis et n’a jamais gagné. Certaines courses décident simplement de tourner le dos à certains pilotes et de sourire à d’autres, et c’est comme ça. C’est juste que, dans une carrière de pilote, on gagne beaucoup moins souvent qu’on ne perd, et ça ne fait pas de vous un meilleur ou un moins bon pilote. Ça fait juste partie du parcours. Alors oui, parfois c’est incroyablement cruel. »

© MPS Agency

Une super équipe, de supers équipiers

« Nous avions manifestement une voiture incroyable, qui s’est battue en tête tout au long de la course. Mes coéquipiers ont fait un travail formidable. L’équipe, dans l’ensemble, a exécuté exactement ce qu’il fallait, et nous nous sommes donné une chance. Et c’est tout ce qu’on peut demander au Mans. »

La validation des progrès des Cadillac au Mans 

« Dès le début, nous savions que les Toyota allaient être très performantes, et nous le voyons, elles le sont. Elles ont juste du mal à prendre l’avantage et à dépasser. Et en ce qui nous concerne, nous savions que nous allions être performants, mais on ne sait jamais à l’avance à quel point la concurrence va être forte. Donc pour nous, c’est une validation de tous les efforts qui ont été fournis, de tous les développements et des orientations prises avec le kit Evo. On dirait qu’on a fait un plus grand bond en avant que la plupart des autres, et c’est incroyable parce que, évidemment, quand on redessine une Evo comme ça, on espère que ça va être assez bon, avoir tout fait correctement, mais on n’est jamais sûr du résultat.

C’est tout à l’honneur de l’équipe de développement et de toute l’équipe technique, car ils ont vraiment réussi leur coup. C’est aussi un choix au niveau du set-up, c’est un ensemble. Le kit fait qu’aujourd’hui, forcément, on est un peu dans la fenêtre basse en aéro et que l’auto n’aime pas trop être attrapée par le cou et juste vraiment attaquer trop fort. Ça fait le chrono que c’est capable de faire et ça n’en fait pas plus. C’est des fois un petit peu frustrant quand tu es derrière le volant parce que tu aimerais bien pouvoir faire un peu plus de différence, mais c’était suffisamment compétitif pour jouer la gagne aujourd’hui. »

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D’autres opportunités ? 

« Je ne sais pas, je suis déjà un peu le dinosaure dans le plateau des Hypercars. On m’a rappelé suffisamment de fois cette semaine que j’étais le seul à avoir fait les 24 Heures du Mans dans les années 90. Maintenant, s’il y a quelqu’un qui veut me donner un volant l’année prochaine, je serai là. »

Avec Cadillac au Mans en 2027 ? 

« J’espère. »

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