Frédéric Sausset était invité lors de la conférence de presse ACO la veille des 24 Heures du Mans et il a été aussi aperçu ce week-end à Le Mans Classic Legend. Il nous a parlé de son avenir en sport automobile. Même s’il n’écarte pas la piste d’une troisième participation au Mans, cela semble très compliqué de le retrouver dans la Sarthe.
Vous étiez l’invité d’honneur des 24 Heures du Mans. Comment cela s’est fait ?
« L’invitation est venue du président de l’ACO. C’est le reflet de ce que l’on a écrit comme page de l’histoire ensemble, c’est-à-dire que sans mon projet, le handicap dans le sport de haut niveau, il n’y aurait pas eu grand-chose. Et sans que l’ACO accepte, il n’y aurait rien eu non plus. On a commencé d’une page blanche en 2013, quand on a présenté le projet ensemble et on est allés au bout ensemble. »
Y aura-t-il une édition 3 de Frédéric Sausset au Mans ?
« Ça va être un peu compliqué. J’y pense tous les jours. Mais aujourd’hui, il y a des contextes différents : il y a beaucoup de constructeurs et la place pour de petites équipes comme SRT 41 est assez limitée, les budgets ont considérablement augmenté… Et puis, j’ai promis à ma femme et mes filles de ne jamais y retourner car elles ont tremblé une première fois en 2012 quand j’ai eu mon accident. Elles ont passé plusieurs années à trembler pendant les préparatifs et les courses. Mais il ne faut jamais dire jamais. »
L’académie fonctionne-t-elle toujours ?
« Elle est un peu mise entre parenthèses pour les mêmes raisons : le contexte, la place qu’il reste pour ce genre de projets et le nombre de candidats… Il y a peu de personnes qui tapent à la porte pour entrer dans ce genre de programmes. Toute la structure existe encore. Si demain, il y a un projet, qu’il y a les partenaires qui veulent nous suivre, que l’on a les pilotes capables d’avoir le niveau, on pourrait repartir. »
Quelle est l’actualité de Frédéric Sausset ?
« J’ai une structure d’audit en accessibilité, en mobilité. Je travaille beaucoup, notamment sur le circuit du Mans, mais je travaille dans toute l’Europe, sur des structures du public ou du privé. Et puis, j’ai toujours un rôle au niveau du transfert, pareil, avec beaucoup de déplacements, beaucoup de conférences. Et puis le conseil aussi sur différentes choses, notamment pour certaines écuries. Pour finir, j’ai toujours la piste aux étoiles, un événement caritatif que j’organise conjointement avec l’ACO au mois de novembre. Je reçois des enfants hospitalisés en situation de handicap et c’est quelque chose qui a pris beaucoup d’ampleur, qui me tient énormément à cœur pour des raisons évidentes. »
Avez-vous beaucoup de demandes pour participer à des journées par rapport au karting adapté, pour les jeunes qui sont en situation de handicap et qui veulent percer dans le sport automobile ?
« L’idée était déjà de mettre à disposition des kartings adaptés pour que des personnes, notamment des enfants qui vont au kart avec leurs petits copains et que eux sont en fauteuil, ne passent pas la journée à les regarder tourner sur le bord du circuit. Maintenant, on s’aperçoit qu’il y a deux kartings au Mans. Il y a un karting à côté de Blois, où je réside, où j’ai offert un karting adapté. Finalement, ils n’ont été pas tant demandés que ça, mais je pense que c’est vraiment une nécessité à la fois d’en faire la promotion et surtout de pouvoir intégrer massivement. C’est un travail que je vais faire avec la FFSA et ça tombe bien, parce que Pierre Ragues en est le Président et que l’on a de bons rapports. Le but est d’essayer justement d’impliquer les gestionnaires de karting, et en tout cas avoir un kart à disposition, au moins un par département. »
Avec Alban Borzacchiello

