Jules Gounon a eu la chance de participer aux quatre courses majeures de 24 heures : Le Mans, Daytona, Spa et Nürburgring. Laquelle est la plus dure ? Laquelle est la plus prestigieuse ? Le Français nous répond.
Sa première réponse affiche clairement ce que représente pour lui les quatre plus grandes courses de 24 heures du monde. « Quand des personnes novices me demandent, je dis souvent que c’est comme les quatre majors au tennis (Roland-Garros, Wimbledon, Open d’Australie et US Open). Chez nous, c’est pareil », certifie Jules Gounon, pilote Alpine en WEC et Mercedes en GT World Challenge. Le Français a eu l’opportunité de participer à ces quatre grandes épreuves dans sa carrière. En 2026, il a même réalisé le triptyque magique en enchaînant le Nürburgring, Le Mans et Spa-Francorchamps. Pour performer lors de ces manifestations, il est nécessaire de cumuler plusieurs paramètres. « Chaque course a ses spécificités. Elles sont toutes difficiles. Il faut la bonne voiture, l’équipage, l’équipe technique, les mécanos… Il faut aussi de la chance. J’ai déjà gagné Spa et Daytona et, à chaque fois, il y a toujours un moment où je me suis ‘là, j’ai eu de la chance’… »
Mais concrètement, quelle image a Jules Gounon de chaque épreuve ? Par ordre chronologique, il évoque dans un premier temps les 24 Heures de Daytona. « C’est une course d’attente. Ce qui compte, c’est la dernière heure. Les Américains, ils aiment bien mettre une petite voiture de sécurité de dernière minute pour faire plaisir au public. On commence la course avec une voiture qui est réglée plus haute. On la préserve pendant 16 heures puis, on va la descendre. J’ai déjà fait des courses où encore à six heures de l’arrivée, je roulais tranquille, je me faisais doubler en me disant que ce n’était pas grave. Il n’y a aucune importance à mener la course dans les premières heures. » Puis, vient le Nürburgring, épreuve considérée comme l’une, si ce n’est la plus dure du calendrier. « C’est l’opposé de Daytona. C’est une course de rythme pur. Il n’y a pas de voiture de sécurité, que des slow zones. Quand on commence à être décalé d’une minute avec le leader, souvent on se retrouve entre les slow zones. Tu peux facilement perdre 30 secondes quand tu en prends une et pas le leader. Ce qui est aussi très difficile, c’est le trafic car tu as encore plus d’amateurs qui vont bien moins vite que toi.«
En Allemagne, cette année, Jules Gounon pensait d’ailleurs s’envoler vers la victoire – avec Max Verstappen, Daniel Juncadella et Lucas Auer – mais la fiabilité a touché la Mercedes exploitée par le Winward Racing dans les dernières heures, ce qui a compromis le succès de la voiture. « On a fait une course exceptionnelle. On a eu de la chance. Max s’envole à un moment pendant son premier relais et je me suis dit ‘ça y est, c’est fini’ et en fait non. Quand j’étais au volant, je passe dans l’huile au même endroit où Kevin (Estre) se sort et j’arrive à garder la voiture sur la piste. Mais pour gagner, il faut la fiabilité. On l’a vu cette année. Je pensais vraiment que l’on allait gagner. » Après le Nürburgring, place au rendez-vous le plus important de la saison : les 24 Heures du Mans. Le Tricolore y participait pour la quatrième fois cette année, la deuxième dans la catégorie reine, l’Hypercar. « C’est la plus iconique. Les gens te connaissent plus si tu gagnes Le Mans que si tu gagnes le Nürburgring. C’est plus une course de spécialiste. Là on se retrouve comme une course de GT : tu as dix-huit voitures qui peuvent jouer la gagne« , analyse Jules Gounon.
Enfin, pour boucler le major des courses d’endurance, les 24 Heures de Spa-Francorchamps. Ici, le défi, selon le Français, réside dans le trafic. « Tu as qu’une seule catégorie donc ça devient encore plus difficile. Tout le monde dispose de l’ABS, donc tout le monde peut freiner très tard. » Parmi ces quatre épreuves, Jules Gounon en a gagné deux : Spa et Daytona. Mais celle qu’il aimerait remporter par dessus tout, c’est Le Mans. « Surtout que mon père a fini deuxième (en 1997 sur McLaren F1 GTR avec Pierre-Henri Raphanel et Anders Olofsson) donc j’aimerais faire un petit statement pour le repas de Noël » plaisante-t-il.

