Pilote de la Cadillac Hertz Team JOTA n°12, Norman Nato aborde les 24 Heures du Mans avec l’ambition de franchir un nouveau cap. Après une solide quatrième place décrochée l’an dernier lors de la première campagne commune entre Cadillac et JOTA, le Français estime que toutes les bases sont désormais réunies pour viser encore plus haut. Entre préparation minutieuse, gestion d’une semaine aussi exigeante que la course elle-même et analyse d’une concurrence toujours plus relevée, il se confie à Endurance Live avant le grand rendez-vous de l’endurance mondiale.
Comment vous êtes-vous préparé à cette semaine si particulière des 24 Heures du Mans ?
« Ça reste Le Mans. J’ai maintenant la chance de participer à cette course depuis plusieurs années. L’objectif est surtout d’optimiser notre package au maximum et de mieux comprendre les nouveaux pneus. Avec l’annulation du Qatar, nous avons eu moins de roulage que prévu. C’est pour cela qu’Imola et Spa étaient très importants pour nous. Nous avons également effectué un test à Silverstone il y a deux semaines pour valider les derniers éléments en vue du Mans. Ensuite, il faut monter progressivement en puissance. La Journée Test permet de remettre tout en route, même si la piste est souvent encore sale et ne permet pas de tirer des conclusions définitives. Les conditions de piste et la météo jouent aussi énormément sur notre voiture et sur le comportement des pneus. Nous essayons surtout de faire mieux que l’an dernier. C’était notre première saison avec Cadillac et JOTA, donc tout n’était pas parfait. Malgré cela, nous avons terminé quatrièmes. Cette année, l’objectif est évidemment de faire mieux. Nous voulons gagner, même si nous savons que ce sera extrêmement difficile au vu du niveau de la grille. »
À titre personnel, comment avez-vous préparé cette échéance ?
« J’ai suivi ma routine habituelle avant Le Mans. Je prends toujours une bonne semaine pour récupérer tout en continuant à m’entraîner. J’étais chez moi, en Andorre, un endroit idéal pour se reposer, faire du sport, travailler avec le kiné et participer aux réunions de l’équipe en visio. On peut se préparer physiquement, récupérer et continuer à travailler sur Le Mans en parallèle. Nous avons la chance d’avoir beaucoup d’expérience dans l’équipage, mais aussi au sein de JOTA et de Cadillac. Nous nous sentons prêts. Cela reste toutefois une course de 24 heures. Aujourd’hui, nous sommes encore dans la phase de préparation. La course est dans plus d’une semaine. »
Existe-t-il un secret pour tenir une semaine aussi éprouvante que celle des 24 Heures du Mans ?
« Le plus important est de gérer son emploi du temps. On peut très vite accepter toutes les sollicitations parce qu’on est enthousiaste d’être ici. Mais si vous faites cela, vous arrivez au milieu de la semaine complètement épuisé. Il faut penser à tout : les réunions, les déplacements, les séances de récupération. Le week-end de course est extrêmement long. Entre le warm-up du samedi matin et l’arrivée le dimanche, vous restez éveillé pendant plus de trente heures. J’arrive désormais à dormir un peu pendant la course, mais on parle d’une ou deux heures tout au plus. La gestion du temps est essentielle. »
Depuis votre premier Mans, avez-vous modifié votre façon d’aborder cette semaine ?
« Oui, forcément. Avec l’expérience, vous apprenez à anticiper. Quand vous découvrez Le Mans, vous ne savez pas vraiment ce qui vous attend. Aujourd’hui, je connais les différentes étapes, les moments difficiles et les pièges de la semaine. Il y a des détails auxquels on ne pense pas forcément : bien s’hydrater pendant la séance d’autographes, gérer les sollicitations médias lorsque l’on roule pour un constructeur, organiser les temps de récupération. Tout cela fait partie de la préparation. »
Vous connaissez les deux générations de Cadillac Hypercar. Les évolutions apportées cet hiver vont-elles dans la bonne direction ?
« Nous espérons surtout que ces évolutions nous permettront de franchir un cap au Mans. Nous aurons déjà un premier élément de réponse dès la Journée Test. L’an dernier, nous étions rapides en qualification, mais il nous manquait encore quelque chose en rythme de course face à Ferrari ou Porsche. C’est précisément sur ce point que nous avons travaillé. J’espère que cela portera ses fruits. »
Comment analysez-vous votre début de saison en Championnat du Monde d’Endurance ?
« À Imola, nous étions compétitifs. Malheureusement, une erreur sous Full Course Yellow nous a coûté un drive-through et a pratiquement ruiné notre course. Nous avions le potentiel pour jouer le podium. En qualification, c’était ma première séance avec la Cadillac et ma première qualification depuis un an et demi. Je signe le troisième temps à seulement quelques dixièmes de la pole et première LMDh. C’était encourageant sur un circuit où nous ne nous attendions pas forcément à être aussi performants. À Spa, c’était un peu plus compliqué. Nous avons perdu du terrain à cause de certaines neutralisations et nous nous sommes retrouvés dans le trafic. Une fois dans le trafic, il devient très difficile de remonter. Malgré cela, nous restons confiants pour Le Mans. »

