Grégoire Saucy (McLaren) : « J’ai toujours dit que mon objectif était de rouler en Hypercar ! »

Grégoire Saucy est pilote United Autosports depuis trois ans maintenant. Il est devenu officiellement pilote de développement McLaren pour l’Hypercar (avec Ben Hanley et Richard Verschoor) il y a quelques jours. Le Suisse a également le vent en poupe car, après sa victoire au Castellet en LMP2, il est en tête de l’ELMS… Endurance Live a pu faire le point avec lui. 

Comment s’est passé le début de saison ?

« Plutôt bien, avec un podium à Barcelone, mais on a eu des petits soucis au Prologue. Je pense que tout le monde l’a vu (la voiture a pris feu, voir la photo ICI). Après ça, les mécanos n’ont pas dormi pendant deux nuits, ils étaient crevés, au bout. Ben (Hanley) signe le 6e temps en qualifs, ce qui était notre principal problème l’année dernière, on n’y arrivait pas dans cet exercice. Mais la performance en course, on sait qu’on l’avait et on l’a montré, on a pu tenir la première place à un moment. Après, la Forestier Racing by Panis était quand même très vite. Mais repartir avec un podium, des très bons points, c’était positif. Au Paul Ricard, nous sommes très contents de notre victoire. Partir en première ligne nous a aidés et Griffin a fait du super travail. Il me donne l’auto avec un petit écart que j’arrive à conserver avant de passer le relais à Ben qui a fini le travail. On l’attendait depuis un moment, on est donc super content. On est en tête au championnat, mais on va prendre course par course. »

Vous avez un très bel équilibre dans l’équipage avec Ben Hanley et Griffin Peebles qui est moins connu…

« Il est très bon. Il a fait de l’Asian Le Mans Series en LMP2 cet hiver (chez DKR ndlr), pas mal de LMP3 l’année passée où il a disputé deux championnats, l’ELMS et la Michelin Le Mans Cup. Il roule beaucoup et, en plus, la performance est là. C’est vrai que pour un Silver, il est très bon donc on est content de l’avoir avec nous. »

© MPS Agency

Maintenant, direction les 24 Heures du Mans…

« Oui, avec un différent équipage, par contre, et tout aussi bon. Je serai avec Rasmus Lindh, un Silver avec beaucoup d’expérience et avec qui j’ai fait les 24 Heures de Daytona. Le 3e pilote est Mikkel Jensen (pilote officiel McLaren Hypercar) qui a beaucoup d’expérience aussi. Je me réjouis d’y être aussi même si ça risque d’être très compétitif ! »

Quelles sont vos attentes ?

« Déjà ici, en ELMS, on le voit : quand on a un très bon Silver, c’est un avantage, mais aujourd’hui, ils sont quand même tous très bons. Et quand on regarde tous les Gold, ils sont tous très bons aussi. Au niveau des temps, on est quasiment tous en quatre dixièmes, c’est très serré. Donc, Le Mans va être sympa. Ce sera ma première fois en LMP2 après deux participations en GT. Ce sera intéressant de découvrir Le Mans, cette piste, en LMP2, je pense que ce sera bien plus sympa qu’en GT. En LMGT3, il y a quand même beaucoup de bagarres, mais là, je pense que ça va être intense. »

Par contre, le changement par rapport à l’année dernière : plus de WEC, plus de GT3, plus de McLaren United…

« L’année dernière, j’ai fait toute la saison avec United Autosports autant le WEC que l’ELMS. Il y a un lien aussi avec McLaren, mais c’était tout. Et puis là, cette année, ils ont arrêté pour se consacrer au développement de l’Hypercar McLaren et son arrivée en 2027. »

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Justement, chez McLaren, en quoi consiste ce rôle de pilote de développement  ?

« Chez McLaren, premièrement, ils m’aident pour tout ce qui est côté physique, mental. Pas forcément cette année, parce que finalement, on n’a plus de grands déplacements. Mais quand on voit l’année dernière, les déplacements entre Fuji, Austin, Sao Paulo, le sommeil, les vols, le jet lag, c’est quelque chose d’important. Ils ont beaucoup d’expérience là-dedans et c’est vrai que ce sont des choses qui nous aident pas mal au niveau physique, bien sûr, et mental. C’est quand même déjà un plus. Et puis après, de mon côté, c’est de faire du développement pour McLaren, pour les trois catégories, donc c’est-à-dire F1, IndyCar et Endurance. Je fais du simulateur. »

Par rapport à l’Hypercar, comment êtes vous placé dans tout ça ? Serez vous dans l’équipe ? Que pouvez-vous dire officiellement ?

« Officiellement, c’est ce que je dis tout le temps, à tout le monde : mon but est d’aller en Hypercar. Je ne le cache pas, je l’ai toujours dit. United Autosports et McLaren vont entrer en Hypercar en 2027. Mon but est de faire de mon mieux cette année et d’essayer de leur prouver que je peux être dans l’équipe l’année prochaine… »

© McLaren

Comment leur prouver ?

« Par tout ce qui est développement, même si ce n’est pas toujours en endurance, mais que ça soit IndyCar, F1, d’avoir des bons débriefs, donner un bon feedback, bien travailler avec l’équipe, ce sont tous ces points qui peuvent être positifs pour moi pour la suite. Je dois donc travailler dur là-dessus, en espérant que ça se concrétise pour l’année prochaine. Si je travaille bien, avec le team et avec McLaren, je peux avoir une chance d’y être. »

Et comment cette proposition de pilote de développement est arrivée dans la discussion ?

« Ils ont annoncé ça, mais ça fait quand même depuis que j’étais en GT, deux ans donc. Pas exactement avec ce rôle-là, mais je les aidais à faire du développement, que ça soit sur simulateur, etc. Pour moi, ça ne va pas forcément changer grand chose, mais c’est un peu plus officiel et ils voulaient l’annoncer. C’est bien ! »

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