Le championnat du monde d’endurance et les 24 Heures du Mans ont paraphé un partenariat stratégique avec CrowdStrike. Mais qui est le patron – pilote qui se cache derrière cette société ?
Un nom revient de plus en plus souvent dans le monde du sport automobile et en Endurance en particulier. CrowdStrike, société spécialisée dans la cybersécurité, prend de plus en plus de place sur les voitures, et même dans la dénomination de certaines équipes. Désormais, l’entreprise s’attaque directement à un championnat et à sa course phare.
CrowdStrike est en effet devenu partenaire officiel du championnat du monde d’endurance (WEC) et des 24 Heures du Mans. « Les courses d’endurance et la cybersécurité partagent les mêmes bases : pression, imprévisibilité et prise de décision rapide. CrowdStrike sécurise en temps réel les systèmes critiques sur lesquels s’appuient les équipes, en opérant avec la même rapidité et la même précision que celles exigées par les équipes, les constructeurs et le contrôle de course tout au long des courses sur longue distance. Ce partenariat réunit deux organisations animées par l’innovation, la fiabilité et la performance dans des conditions extrêmes« , détaille le communiqué de presse de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO)
Mais derrière CrowdStrike se cache un nom qui figure aussi sur la liste des engagés de plusieurs championnats ACO : George Kurtz. Cet entrepreneur américain est spécialisé dans les nouvelles technologies et dans tout ce qui concerne la cybersécurité. Il est d’ailleurs à l’origine de plusieurs sociétés spécialisées dans ce monde. Mais, à côté de cela, il dispose d’un grand amour pour le sport automobile.
En plus d’être copropriétaire de l’écurie Mercedes-AMG Formula One Team, l’Américain est directement impliqué au sein d’Algarve Pro Racing, écurie qui engage des LMP2 en ELMS, en Asian Le Mans Series et qui dispute régulièrement les 24 Heures du Mans. L’implication de George Kurtz chez APR a été officialisée fin 2022, pour un engagement en IMSA qui a ensuite touché d’autres championnats. « J’apprécie beaucoup les courses d’endurance et les défis qu’elles présentent. Ces courses mettront l’équipe et les pilotes à l’épreuve sur le même circuit que celui utilisé par certains des meilleurs concurrents au monde. L’esprit d’équipe est primordial pour moi en endurance : pour réussir, chacun doit faire son travail. C’est un point commun entre le monde des affaires et celui de la course automobile. J’ai hâte de commencer avec notre nouvelle équipe« , indiquait le chef d’entreprise à l’époque.
L’homme qui, selon Forbes, pèse huit milliards de dollars, a commencé à rouler pour l’équipe portugaise dès 2023 dans plusieurs championnats. Daytona, Spa et Le Mans figuraient à son calendrier. Ce fut même une première pour lui dans la Sarthe lors du centenaire. L’Américain s’était entraîné sur simulateur, comme de nouveaux pilotes, avant d’arpenter la piste. Aux côtés de James Allen et de Colin Braun (Oreca APR n°45), il a remporté la catégorie LMP2 Pro/Am. « Il y a eu un travail incroyable de toute l’équipe. Colin et James ont été exceptionnels. Je n’en reviens toujours pas. Le Mans est vraiment un endroit spécial… » partageait-il à l’arrivée. Cette même année, il a terminé deuxième du championnat IMSA en LMP2 et a glané la Michelin Endurance Cup (mini championnat rassemblant Daytona, Sebring, Watkins Glen, Indianapolis et Petit Le Mans).
L’entrepreneur a enchaîné les succès en Asian Le Mans Series avec deux succès aux côtés de Malthe Jakobsen et Colin Braun : Sepang et Abu Dhabi (APR n°4). Des résultats qui lui ont permis de décrocher le titre et donc de décrocher une nouvelle invitation pour les 24 Heures du Mans. Mais cette fois, il n’a pas vu l’arrivée après que la LMP2 a perdu une roue dans la 12e heure dans les Hunaudières.
Toujours impliqué au sein d’Algarve Pro Racing, en 2025 – 2026, George Kurtz a enchaîné les bons résultats en Asian Le Mans Series en remportant, avec Malthe Jakobsen et Louis Delétraz, trois succès de rang : les deux manches de Dubaï et la première d’Abu Dhabi. Et puis, à la clé : une nouvelle invitation pour la classique mancelle. « Je ne pourrais pas être plus heureux, car nous sommes revenus en Asian Le Mans Series pour reconquérir le championnat et avons réussi. CrowdStrike Racing by APR a été phénoménal, Malthe et Louis sont des talents exceptionnels. Je suis submergé par les émotions : je suis ravi que nous ayons gagné, mais je ressens aussi un immense soulagement, car la tension était palpable jusqu’au drapeau à damier. Je suis juste un peu déçu que nous n’ayons pas remporté la course de dimanche (la deuxième manche à Abu Dhabi). Au final, nous avons dû jouer la carte de la sécurité. Le gros lot, c’est la qualification pour les 24 Heures du Mans, et nous avons déjà hâte d’y être« , souligne-t-il au terme du championnat.
Un excellent résultat qui est arrivé quelques jours seulement après un triomphe dans son pays natal, aux États-Unis. Engagé avec Malthe Jakobsen, Alex Quinn et Toby Sowery, il a remporté les 24 Heures de Daytona dans la catégorie LMP2 (APR n°4). « Dans l’ensemble, nous avons fait un travail remarquable pour se remettre d’un incident survenu au premier virage (accrochage avec Era Motorsport n°18, United Autosports n°2 et TDS Racing n°11). Nous n’avons jamais abandonné, nous nous sommes concentrés sur notre travail et avons simplement fait notre boulot. Se débarrasser de ce poids est l’un des meilleurs sentiments qui soient.«
Une carrière bien remplie pour ce pilote classé Bronze qui, enfant, rêvait devant des vidéos des exploits de son compatriote Mario Andretti (champion du monde de F1 1978). Ce n’est qu’en 2007 qu’il est arrivé en compétition. Car, plus jeune, il n’a jamais eu l’opportunité de prendre part à une course. « Après m’être senti suffisamment à l’aise, je me suis acheté une voiture. J’ai commencé à courir au niveau national sur certains des meilleurs circuits« , confiait-il au site du SRO.
Pour l’heure, hormis son engagement en IMSA, George Kurtz ne figure que sur la liste des engagés aux 24 Heures du Mans. Son nom n’apparaît pas dans la version actuelle des engagés en ELMS.

