Fabrice Bourrigaud, Directeur Culture & Héritage de l’ACO, était présent lors de la conférence de presse, organisée dans le cadre de Rétromobile, dévoilant le nouveau musée des 24 Heures.
Parlez nous de la collection de ce futur musée…
« Cela représente 400 cents voitures. Au-delà de ça, on va continuer à aller chercher des voitures que nous n’avons pas parce qu’on se veut être dans l’exceptionnel, montrer des autos authentiques, à palmarès, uniques, qui vont parler. Même si on a beaucoup de choses entre l’ACO et Richard Mille, nous n’avons pas tout. On a cité l’exemple de Porsche (ils ont récupéré la 963 Jota n°38 de la saison WEC 2024), mais on discute avec Audi, McLaren, Toyota et tous sont fans de l’idée de pouvoir nous prêter ou nous produire les voitures.
J’ai adoré la fin de la conférence avec le président de la FIA. J’ai maintenant l’impression qu’on va avoir probablement une groupe B du Président de la FIA à un moment ou à un autre dans le musée (Mohammed Ben Sulayem possède une Toyota Celica de rallye). C’est quelque chose qui se veut dynamique. Le succès d’un musée est de ne pas être figé. Il faut que les collections tournent à la fois dans la collection permanente, mais aussi par le biais des expositions temporaires qu’on va continuer à proposer autour d’un pilote, d’un constructeur, d’un duel. Trouver des idées d’expo n’est pas un problème, c’est inépuisable. »
Vous avez aussi parlé d’une scénographie, celle de revivre le départ des 24 Heures du Mans, de recréer la nuit…
« On tente quelque chose qui ne se contente pas de présenter, sur des murs ou au sol, des voitures ou des objets. On va essayer de faire revivre tout cela parce que ce musée, même aujourd’hui, sur la connaissance qu’on a de la fréquentation, la majorité du public que l’on rencontre est un public, contrairement aux épreuves, qui est là sur un plan touristique et culturel. Donc, à la limite, ils franchissent les portes du musée, ils se disent : « Oui, Le Mans, c’est une terre de légendes des sports mécaniques, mais c’est quoi l’histoire des sports mécaniques ? » Donc, on doit être capable de vulgariser et de montrer les choses. Dans la partie des 24 Heures du Mans, il faut faire vivre l’esprit du Mans, c’est-à-dire cette pression d’avant course qui monte, le départ qui est un moment émotionnel absolument important. On va faire cette chose folle de faire tomber la nuit dans un espace du musée. Les voitures qui seront là comme une œuvre d’art, vont prendre vie, vont s’éclairer, les freins vont rougir, les phares vont s’allumer et on va les voir vivre la nuit des 24 Heures. Il y aura aussi un tableau assez exceptionnel autour de la victoire et de la célébration. »
Est-ce qu’il y aura dans ces technologies de scénographies des choses jamais vues ailleurs ou presque ? Comme l’IA peut-être ?
« Oui, on va utiliser l’IA. Il faut l’utiliser à bon escient, sans travestir l’histoire. Mais, par exemple, on a des sources documentaires avec des images fixes des années vingt. Aujourd’hui, sur les premières éditions des 24 Heures du Mans, avec l’IA, on a rendu un truc impossible possible : celui d’animer le départ de 1923 que l’on n’avait qu’en photos. Maintenant, les voitures roulent. On le fait sur la base de documents réels et authentiques. Je ne sais pas si on va inventer quelque chose, mais en tout cas, on va essayer d’inventer quelque chose pour un musée automobile qui se veut moderne, dynamique et qui va transmettre des émotions. »
Si le musée doit être vivant, ça veut dire que les moteurs vont être en marche ?
« Les moteurs en marche, non. C’est très simple, on a un équipement qui reçoit du public. Ca veut dire que les voitures sont exposées sans carburant, sans batterie, cela fait partie des normes de sécurité. Mais on a d’autres prismes avec les ambiances sonores qu’on va créer, des projections vidéo et on va faire des projections vidéo même monumentales qui vont permettre de faire revivre l’association des bruits. »
Ce sera le plus grand musée automobile du monde ou pas ?
« En tout cas, oui, on dit LE musée du sport automobile. Donc, si c’est LE musée du sport automobile, on se veut d’être une référence mondiale. »
Les chiffres et informations donnés lors de la conférence de presse :
Le futur musée fera 6000 mètres carré, soit 4000 de plus qu’actuellement ! 300 seront consacrés à la nouvelle boutique. 50000 mètres cubes de terre ont été dégagés, 360 pieux en béton ont été nécessaires. 23 entrepreneurs principalement locaux ont travaillé sur ce nouveau bâtiment.
Le 24 janvier dernier, l’ACO a fêté ses 120 ans. L’ACO était également fier de son bilan spectateurs en 2025 (toutes compétitions confondues) : 1.2 million, un record !
Le musée se veut respectueux de l’environnement, sobre et durable.
De nouvelles autos seront là comme la Porsche 959 victorieuse du Dakar 1986, prêtée par le musée Porsche, la Ferrari F2002 de Michael Schumacher, une Lancia Stratos ou encore une Ferrari 712 CanAm. Une Ford GT40 de 1965 est en cours de restauration, elle a disputé les 24 Heures du Mans 1967 sous les couleurs de Ford France.
L’objectif est de franchir le seuil des 300 000 visiteurs annuels. Pour le moment, le musée en accueille 210 000.
120 voitures seront proposées en exposition. La collection tournera régulièrement car elle est bien importante.
De nombreuses pièces de collection seront proposées comme des combinaisons, des casques, des trophées, etc…Lors de la conférence, le Musée a présenté la première combinaison d’Ayrton Senna en F1 lorsqu’il était chez Toleman en 1984.
L’ouverture aura lieu le 28 mai 2026, le début des travaux a commencé le 6 janvier 2025.

