Un an après son lancement officiel à Dubaï en décembre 2024, Genesis Magma Racing a vécu une année 2025 particulièrement intense. Entre la création de l’équipe, le Trajectory Programme en ELMS et le développement de l’Hypercar GMR-001 destinée au WEC, le chantier a été colossal. À la tête du projet, Cyril Abiteboul dresse le bilan de cette première saison et se projette déjà vers 2026.
Cyril, comment résumeriez vous l’année 2025 de Genesis Magma Racing ?
« Ça a été une année positive, dense et constructive. Nous avons non seulement conçu une Hypercar très aboutie sur le plan du design, mais aussi bâti une équipe de course et une base opérationnelle essentielles pour préparer l’avenir. Tous les chantiers ont avancé très vite. C’était extrêmement exigeant, mais aussi très gratifiant de réussir à orchestrer autant de changements en seulement un an. »
Quelle a été la plus grande difficulté en créant une équipe à partir de zéro ?
« La constitution du groupe humain a été le défi numéro un. Créer une nouvelle équipe, dans un nouveau lieu, implique de convaincre des personnes déjà engagées ailleurs. Il a fallu leur projeter non seulement ce que nous étions à l’instant T, mais surtout ce que nous pouvions devenir ensemble et leur donner envie de croire au projet. L’autre difficulté majeure concernait le groupe motopropulseur. Le temps était extrêmement limité pour adapter notre moteur WRC aux contraintes spécifiques de l’endurance et donner naissance au V8 biturbo Genesis G8MR de 3,2 litres. Tout s’est enchaîné très vite, mais nous avons respecté l’intégralité du calendrier : des premiers tours de vilebrequin au banc en février jusqu’aux 8 000 kilomètres atteints récemment. »
En quoi le Trajectory Programme et le partenariat avec IDEC Sport ont-ils été essentiels ?
« C’était un excellent outil d’apprentissage, dans les deux sens. Pour nous, afin de mieux comprendre l’endurance et pour le paddock afin d’apprendre à nous connaître. La saison ELMS a aussi permis d’évaluer des pilotes, ce qui a directement influencé nos choix pour 2026. C’était également une opportunité pour certains membres de l’équipe d’effectuer la transition du rallye vers le circuit. Sur le plan sportif, les résultats ont dépassé les attentes. Nous étions venus sans objectif chiffré et lorsque les succès sont arrivés, cela a généré une dynamique très positive. Dès Barcelone, avec notre première victoire, les réactions ont été nombreuses. Trois victoires en six courses avec IDEC Sport, c’est une vraie satisfaction, même si, comme toujours, on en veut davantage. »
Comment s’est déroulé le développement de la GMR-001 en piste ?
« Depuis le shakedown, nous avons enchaîné les tests avec des plans très clairs et des objectifs précis à chaque sortie. L’approche a été ambitieuse mais pragmatique, toujours orientée vers la résolution des problèmes. Ce qui a été particulièrement positif, c’est le nombre d’éléments qui ont immédiatement bien fonctionné. Le châssis notamment : son comportement et sa sensibilité aux réglages ont été très bons dès le départ. ORECA nous a fourni une base extrêmement saine tant au niveau de la fiabilité que de la performance. La montée en puissance progressive de Genesis Magma Racing au sein du projet s’est faite de manière très professionnelle, notamment grâce au travail de Justin Taylor (ingénieur en chef) et d’Anouck Abadie (team manager) »
Quel a été le temps fort de la saison, ou l’étape clé dans le développement de la voiture ?
« Oui, plusieurs. L’un des plus marquants reste l’essai estival au Paul Ricard, lorsque les premiers retours d’André Lotterer et de Pipo Derani sur le comportement global de la voiture ont été très positifs. Cela dit, le développement n’est jamais linéaire. Nous avons progressé, mais nous sommes encore loin d’extraire tout le potentiel du package. C’est un processus long, et nous en sommes pleinement conscients. »
Que représente le cap des 8 000 km parcourus par le moteur ?
« C’est une étape majeure. Elle démontre qu’il n’y a rien de fondamentalement erroné dans nos choix techniques. C’est aussi une preuve de la capacité de notre département moteur à travailler dans des délais très courts, tout en surmontant des difficultés initiales. C’est évidemment très motivant. Nous savons désormais que ce moteur a le potentiel requis. Le prochain enjeu sera la reproductibilité et le contrôle qualité, afin que le groupe motopropulseur devienne l’un des points forts reconnus de Genesis Magma Racing. »
Les objectifs fixés en début de saison ont-ils été atteints ?
« Si l’on regarde ce que nous devions livrer, je pense que nous avons été très performants. Mais tout reste relatif au niveau de la concurrence que nous ne mesurerons réellement qu’en 2026. La GMR-001 a un potentiel évident, l’équipe est nouvelle mais composée de profils très expérimentés et nos équipages sont extrêmement solides avec trois champions confirmés, un jeune talent très prometteur et des professionnels aguerris. Nous avons tous les ingrédients, à nous désormais d’en tirer le maximum. »
Quelles sont les priorités pour le début de l’année 2026 ?
« Il y aura encore de nombreux essais avant la première course, car nous devons avancer le plus possible avant l’homologation. Le début d’année sera donc très chargé. Le travail se concentrera notamment sur le logiciel, mais aussi sur l’ensemble des procédures opérationnelles. Notre objectif initial est simple : fiabilité, rigueur et zéro erreur. Si nous y parvenons, alors nous pourrons progressivement construire la performance. Tout est une question de fondations solides pour les années à venir. »
Source Genesis

