La Ferrari 499P, une future légende : 2025, l’année du triomphe total

Pour cette 3e saison, une nouvelle BOP voit le jour et elle se base sur les trois dernières courses (donc de 2024), sur les paramètres d’homologation, ainsi que la moyenne des temps au tour sur 60% de la distance de la course. Tout cela ne pas empêché une grosse domination de Ferrari en début d’année, la marque ne laissant que des miettes lors de la première moitié de saison

Au Qatar, c’est avec un retentissant triplé que Ferrari commence sa saison (#50, #83, #51) ! Derrière ce résultat, on peut remarquer plusieurs choses. D’abord, la constance des pneus. En effet, les 499P se permettent le luxe de sauver des pneus en fin de course ! Si la différence de perfs est grande lorsque c’est le cas (comme la remontée facile de la #51 sur ses sœurs), cela était impensable quelques mois en arrière ! Par contre, encore trop d’erreurs : la #51 finit certes 3e mais avec quatre pénalités au compteur. Rien n’a changé durant l’intersaison à ce niveau…

En Italie, à Imola, dans la continuité du Qatar, les 499P sont intouchables en rythme. Mais les concurrents, BMW en tête, se sont bien battus et, au final, une seule des 499P parvient à monter sur le podium, avec une victoire à la clé pour la #51 et une course plutôt propre, aux antipodes de celle du Qatar. Reste à voir si ce genre de résultat sera constant ensuite. La #83 finit 4e, quand la #50 achève sa course hors des points.

Qatar 2025 ©️ MPS Agency

Pour la répétition générale en vue des 24 Heures du Mans, à Spa, c’est une nouvelle victoire de la #51, mais aussi le premier doublé du programme avec la #50 qui termine seconde ! De grands dépassements ont eu lieu, mais aussi des gestes regrettables : Pier Guidi aurait pu (et dû) être sanctionné pour ses deux manœuvres dangereuses sur Robin Frijns (BMW). Enfin la manœuvre de dépassement dans les stands était dangereuse pour le personnel de Toyota, qui aurait pu être renversé à ce moment là. Les erreurs restent trop nombreuses.

Et de trois aux 24 Heures du Mans ! C’est encore une victoire de la 499P toujours invaincue depuis son arrivée sur cette épreuve. Ferrari fait partie des grandissimes favoris. Mais si certains concurrents ne se sont pas montrés à la hauteur, d’autres pourront repartir de France avec beaucoup de déception. La 963 #6 de Penske Motorsport de Laurens Vanthoor, Kevin Estre et Matt Campbell a, sur le plan sportif, fait la meilleure course possible, et méritait bien plus cette victoire…du moins, si on se cantonne au plan sportif. La #51, après deux courses plutôt correctes, est la seule responsable de sa 3e place car elle aurait dû gagner la course. Des sorties de pistes de Giovinazzi et Pier Guidi, comme des erreurs du muret en auront décidé autrement. Et que dire de la disqualification de la #50, pour un aileron mal fixé ! Heureusement, la n°83 est là pour l’emporter ! Chapeau à Robert Kubica pour son extraordinaire prestation ! 

Le Mans 2025 ©️ MPS Agency

Bien que la 499P ait gagné les quatre premières courses de la saison, ces dernières se retrouvent dans l’impossibilité de jouer les premiers rôles dans le cadre de cette 5e manche de la saison qui se déroule au Brésil. Avec une meilleure gestion de la course que ses officielles de voisines, la #83 parvient à rentrer dans le top 10, à trois tours des Cadillac qui réalisent le doublé après avoir signé la pole position. Ferrari revient ensuite sur le sol de sa toute première victoire en WEC (en dehors du Mans). La marque signe d’excellents résultats en qualifications (pole pour la #83, 2e temps pour la #51), les Ferrari confirmant leur aisance sur le tracé texan d’Austin (COTA, USA). La course met du temps à démarrer, mais ce qui est sûr, c’est que Ferrari et la #51 peuvent déjà mettre une de leurs mains sur les trophées Equipes et Pilotes. Il leur suffit simplement de monter sur le podium pour engranger de gros points. Hélas, Pier Guidi entre deux fois en contact avec Kevin Estre (Porsche #6), déclenchant une crevaison. Si aucun des deux pilotes ne peut réellement être tenu responsable, il reste regrettable que l’équipe n’ait pas voulu déjà miser sur la constance plutôt que le panache d’une victoire. La #50 hérite de la seconde place, quand la #51 finit 5e. La 83 se classe 7e. L’avant dernière manche se déroule à Fuji. Malgré un superbe premier relais de Giovinazzi, la course est à oublier chez Ferrari. Pier Guidi abîme sa 499P #51 en tentant de dépasser Nico Varrone (Porsche 963 Proton #99) et la Ferrari finira hors des points, tout comme la #50.

Fuji 2025 ©️ MPS Agency

Pour la finale à Bahreïn, cette fois, les consignes sont enfin claires et publiques : le titre Constructeurs d’abord, celui des Pilotes peut se disputer seulement lorsque le premier objectif sera sécurisé. En dépit d’un résultat bien derrière Toyota, il s’agit de la meilleure course de Ferrari cette saison : aucune erreur, que ce soit du muret ou des pilotes ! Giovinazzi a de nouveau rendu une excellente copie, Pier Guidi n’a commis aucune erreur dans les duels, et nous avons même pu revoir un James Calado, certes toujours aussi précis et économe avec sa monture, mais aussi décisif et tranchant en piste, avec des dépassements aussi inattendus que maîtrisés, comme au temps du GTE Pro ! Aucune pénalité non plus n’est à observer, c’est une course digne d’un champion du monde d’endurance comme on aurait aimé en voir plus souvent. La #83 a pu se battre pour le titre, autorisée notamment à défendre sur la #50 en fin de course, mais cette dernière avait des pneus neufs, quand, dans sa stratégie, la #83 ne les avait pas changés.

« Nous avons réalisé notre rêve de devenir champions du monde, en travaillant dur et avec humilité pour atteindre cet objectif  » affirme Ferdinando Cannizzo, responsable des voitures de course d’endurance. Il revient sur cette envie, décrocher enfin un titre mondial. « En 2023, en remportant les 24 Heures du Mans, nous avons immédiatement pris conscience de la force du projet, et les victoires en France au cours des deux années suivantes ont confirmé que nous étions sur la bonne voie. Nous avons construit ce succès mondial notamment l’hiver dernier, lorsque nous avons travaillé sans relâche pour comprendre comment exploiter pleinement le potentiel de cette voiture. Je tiens à remercier toute l’équipe Ferrari – AF Corse et tous ceux qui, tant sur la piste qu’à Maranello, nous ont permis de vivre cette joie. »

Après avoir retracé son historique complet, que penser de l’impact de la Ferrari 499P sur l’histoire de l’endurance ? On peut facilement raccourcir la réponse, en disant que c’est une Ferrari, qui a gagné après 50 ans d’absence donc l’impact sera énorme.

A suivre…

Photo Charly López ©️ DPPI

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