Suite de notre entretien avec le pilote Bronze français, François Hériau. Le vice champion du monde WEC s’attaque à un nouveau défi dès ce week-end à Sepang. Il va en effet participer à l’Asian Le Mans Series en GT3 dans l’équipe référence, Manthey Racing. De plus, il est associé à deux champions du monde WEC, Riccardo Pera et Richard Lietz… Un peu de pressions mais surtout beaucoup d’envie !
Vous allez rouler chez Manthey Racing en Asian. Comment ça s’est fait ?
« Manthey m’avait déjà contacté déjà l’année dernière parce qu’ils voyaient ce que je faisais et mon profil les intéressait. J’ai été mis en relation par des pilotes que je connaissais l’année dernière, mais c’est vraiment eux qui avaient demandé à discuter avec moi. C’était assez flatteur dès la première année de les intéresser. Donc l’Asian s’est fait assez facilement en fait parce qu’ils voulaient que je roule avec eux dans un projet. De mon côté, je regardais pour essayer de rouler dans un autre environnement qu’AF Corse pour me bousculer un peu et essayer de progresser. Attention, je ne dis pas que je ne me sens pas bien chez AF, au contraire, j’y suis très bien. Mais je me suis dit que l’Asian s’y prêtait bien. C’est l’hiver, ça permet de rester en forme, il y a beaucoup moins d’enjeux. Et déjà, ne serait-ce que d’essayer une autre GT3, parce que je n’ai roulé que dans la 296. Au final, je suis content d’avoir pu concrétiser avec Manthey. Si on enlève AF Corse de l’équation, dans quelle équipe on a envie de rouler quand on fait du LMGT3? Si je prends le classement du WEC de cette année = Manthey. »
Vous avez d’ailleurs testé la voiture à Bahreïn lors des Rookie Tests. Comment est cette 911 GT3 R ?
« Elle est bien en performance par rapport à la Ferrari, mais le ressenti est différent. C’est une voiture un peu plus vive, un peu plus raide. Je retrouve un peu des sensations de proto (il a beaucoup roulé en LMP2), un peu plus que dans la Ferrari. Tout le feedback est un peu plus direct. Frein, accélération, volant, c’est un peu plus raide, je trouve. Après j’ai deux ans d’expérience quand même en GT3… Mais sa prise en main est hyper naturelle, automatique. »
Vous allez rouler avec Richard Lietz, la référence en GT3. Qu’est-ce que ça va faire de rouler avec quelqu’un comme lui ? Vous déjà un petit peu échangé avec lui à Bahreïn ?
« Il est top ! On a passé l’après-midi ensemble. C’est un mec sympa, simple, super cool, comme j’aime. Il est beaucoup dans l’accompagnement, il sait faire et il a compris que pour gagner des courses, des titres, il faut que les trois pilotes soient bien. »
Avec une équipe aussi performante que Manthey, championne en titre, une voiture dans laquelle vous vous sentez déjà plutôt bien et deux coéquipiers aussi performants, les espoirs sont grands ?
« Les hommes de Manthey m’ont dit qu’ils ne faisaient jamais rien au hasard et que le seul but était de gagner. Cette année au Mans, ils avaient une troisième invitation grâce à leur titre Asian donc j’imagine qu’ils y retournent pour essayer d’aller en chercher une autre. L’année dernière, ils terminent premier et deuxième. Ça met un peu de pression, mais une bonne pression, parce que je suis confiant, on peut faire des super trucs. Pour ma part, mon but est de prendre de l’expérience, dans un giron autre que AF et Ferrari, mais pour être vraiment dans le match, il faut jouer la gagne. Donc oui, clairement, l’objectif est d’aller chercher le titre ! »
Une ou deux manches IMSA, style Daytona ou un Sebring, est-ce possible à votre emploi du temps ?
« Non, l’Asian est hyper proche de Daytona, je crois, cette année (c’est le week-end précédent le double meeting de Dubaï, ndlr). Sebring est en même temps que le prologue du WEC. Donc cette année, ça ne s’y prête pas. L’Asian plus le WEC, ça me convient tout à fait. Sauf méga opportunité, je ne ferai pas autre chose. Cela fait quand même six courses en Asian en plus du WEC donc 14 courses dans l’année. L’Asian va me permettre de rester en forme l’hiver et c’est très bien ! »

