Le (court) destin de la Porsche 917 K 81 !

Lors de la dernière édition de Le Mans Classic en juillet dernier, l’une des attractions du Plateau 6 était la Porsche 917 K81. Cette auto a une histoire particulière en Sarthe. Alors qu’elle faisait partie des favorites sur la liste des engagés, son aventure se révéla catastrophique.

En 1972, le règlement des courses d’endurance change ce qui fait que les Porsche 917, après deux succès en 1970 (Porsche KG Salzburg avec  Hans Herrmann et Richard Attwood) et 1971 (Martin Racing Team avec Helmut Marko et Gijs van Lennep), et Ferrari 512 ne sont plus les bienvenues. Quelques années plus tard, juste avant l’introduction de la nouvelle réglementation du Groupe C en 1982, une fenêtre s’ouvre. En 1981, on autorise à nouveau les moteurs de plus de trois litres. Cela donne des idées aux frères Kremer qui ont déjà remporté les 24 Heures du Mans en 1979 avec une Porsche 935 K3 avec les frères Whittington et Klaus Ludwig.

Ils se lancent dans la construction d’une 917 à partir d’un châssis neuf avec le soutien de l’usine Porsche qui fournit les plans du châssis en même temps que le moteur. Elle est équipée d’une nouvelle suspension et d’une aérodynamique plus moderne. La Porsche 917 K 81 est née et est sensée tourner en 3’30 grâce à son moteur 4,5 litres

©️ ACO (D.R)

Elle prend part aux 24 Heures du Mans en 1981 avec Bob Wollek, Xavier Lapeyre et Guy Chasseuil au volant et porte les couleurs Malardeau (jaune et noire). Aux essais, on se rend vite compte qu’on est loin du compte. La Porsche 917 K81 est à 25 secondes des meilleurs temps si bien qu’un nouveau moteur de 4,9 litres est monté. Pourtant, cela ne suffit pas car ce dernier manque d’air sous son capot arrière, des trous sont même faits à la va vite. L’auto se qualifie à la 18e place, mais à 17 secondes de la pole position.

Cela ne s’arrange pas en course ! Dès la première heure, l’auto ravitaille plus tôt que prévu. La consommation, sensée être son point fort, se relève au contraire être son talon d’Achille Le prototype est dépassé technologiquement, souffre de gros problèmes de pneumatiques, sa vitesse de pointe n’est pas assez bonne et ses performances sont en dessous de celles escomptées. A tel point que Bob Wollek commence à s’agacer et ne veut plus remonter dans l’auto, surtout que son copain Jean Louis Lafosse, au volant de la Rondeau M379 n°25 Calberson, se tue en fin d’après midi. L’Alsacien, déçu des performances et de ses coéquipiers, décide finalement de quitter le circuit alors que l’auto est au delà de la 20e place.

©️ ACO (D.R)

Les choses empirent lorsque l’un des deux pilotes restant (Chasseuil et Lapeyre) tombe en panne en panne d’essence et est obligé de pousser la 917. Il arrive cependant à rentrer au stand et s’évanouit juste après. Quelques minutes plus tard, Xavier Lapeyre est gêné par une 935 au virage Ford, part en tête à queue et endommage l’arrière de l’auto dans le rail. Les réparations demandent 32 minutes mais elle repart. Une heure plus tard, une fuite d’huile, consécutive à l’accident, entraîne une casse moteur, la Porsche 917 K 81 abandonne. 

Présente en juillet dernier, la Porsche 917 K81 n’a pas beaucoup plus briller. Elle n’a pas pris part qu’à la première séance d’essais. Et si la série noire continuait pour cette voiture sur le circuit des 24 Heures ? On verra si ce beau prototype sera de nouveau de le fête lors de la prochaine édition de Le Mans Classic. Pour rappel, l’édition 2026 sera consacrée aux années 1970 à 2010 (1975 à 2015 précisément).

©️ MPS Agency

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