Pilote expérimenté et cofondateur de Forestier racing by VPS aux côtés de Matthieu Vaxiviere et Raphaël Serrano, Aurélien Panis est revenu pour Endurance Live sur la construction de son équipe, son engagement auprès des jeunes pilotes et la progression fulgurante de la structure jusqu’en Michelin Le Mans Cup.
Aurélien, comment est née l’idée de créer VPS Racing avec Matthieu et Raphaël ?
« Franchement, c’est parti, comme souvent, sur un coup de tête. On était sur un meeting à Albi, on discute, on rencontre les gens de la Mitjet et on se dit : “Pourquoi ne pas monter notre team tous les trois ?” Ça faisait longtemps qu’on voulait créer quelque chose ensemble. Matthieu, je le connais depuis la F4 en 2011, on est très proches. Et Raphaël, c’est mon ami d’enfance, un passionné qui m’a toujours suivi sur les circuits. On a pris des infos, on a mûri tout ça et pendant l’hiver, on s’est lancés. On a démarré avec quatre Mitjet en 2021. Aujourd’hui, on est en Michelin Le Mans Cup avec une LMP3. C’est une belle progression dont on est très fiers. »
Ça a dû être compliqué de gérer l’équipe alors que vous et Matthieu êtes toujours pilotes ?
« Oui, ce n’était pas simple. Heureusement, on était trois. On a trouvé un petit atelier près de Grenoble, une semi… et on s’est lancés à l’aventure. On a eu des clients fidèles, des partenaires, et dès la première année on gagne en Mitjet et on devient champions avec Louis Rousset qui est aujourd’hui en LMP3 avec nous. De beaux clins d’œil. Actuellement, Matthieu et moi roulons toujours, donc on cumule. Mais Raphaël est à temps plein sur VPS depuis deux ans : il gère énormément de choses. C’est vraiment un travail d’équipe, très complémentaire. »
Pourquoi avoir orienté l’équipe vers la Mitjet au départ ?
« Notre volonté était claire : travailler avec des jeunes, partager notre expérience et les aider à progresser vers le plus haut niveau. Cette série était parfaite : une vraie école pour ceux qui n’ont pas le budget d’une F4 ou d’une monoplace. Et ça a fonctionné : beaucoup de jeunes passés chez nous roulent aujourd’hui dans des catégories supérieures, dont le LMP3. »
Comment s’est décidé le passage à la Michelin Le Mans Cup ?
« Après la Mitjet et l’Alpine, où on a été champions en 2023, on voulait franchir un palier. Les championnats ACO sont très attractifs, et en Le Mans Cup, les line-up 100% Silver étaient autorisés. Ça correspondait parfaitement à notre philosophie : travailler avec des jeunes. On avait aussi des clients motivés et le soutien de M. Forestier, partenaire de longue date de Louis Rousset, un apport essentiel pour monter ce programme. Tout s’est aligné et on a foncé, même si on savait qu’on allait se confronter à des équipes très expérimentées dans ces championnats. »
Êtes-vous fier de votre première saison en Le Mans Cup ?
« Oui, très fier. L’objectif était de se battre avec les équipes établies et on y est arrivés. On n’a pas encore décroché la victoire, mais on jouait la place de vice-champion avant la dernière course. L’année est totalement réussie… à condition de bien la conclure demain. »
(Le team Forestier Racing by VPS terminera la course de Portimão à la 2ᵉ et 3ᵉ place, et aux mêmes positions au classement final de la Michelin Le Mans Cup 2025, ndlr.)
On peut donc dire que ce fut une bonne année d’apprentissage ?!
« Complètement. À Barcelone, lors de la première qualif, on était loin. L’équipe, les mécanos, les ingénieurs ont énormément travaillé. On a vit appris, on s’est soudés, et maintenant on se bat devant. C’est très gratifiant. »
Comment s’est déroulée votre saison 2025 en GT3 au sein de Boutsen VDS avec la Mercedes AMG GT3 #10 en GT World Challenge ?
« Plutôt bien ! Le début de saison a été difficile, mais ensuite on a été dans le match. Je roulais avec César Gazeau en Sprint, avec qui je m’entends très bien. En Endurance, Loris Cabirou nous a rejoints. On finit vice-champions en Sprint et en Endurance, ce qui est dur à accepter, mais on décroche le titre du classement général Sprint et Endurance. Vu le niveau cette année, c’est une vraie satisfaction. »
Allez vous rester en catégorie GT3 en 2026 ?
« Je ne sais pas encore. C’est trop tôt pour le dire, la saison s’est terminée à Barcelone. On verra. »
Avez-vous déjà testé la LMP3 ?
« Non, jamais. Je ne fais pas de shootout non plus. On a des jeunes très rapides : s’ils allaient plus vite que moi, ça me vexerait ! (rires) »
Et le LMP2 ?
« J’ai roulé en LMP2 l’an passé, une auto exceptionnelle : aéro, puissance, rigidité… c’est une petite monoplace.Pour l’avenir, je n’exclus rien. Mais aujourd’hui, je suis très bien en GT3. J’ai de l’expérience maintenant, je m’y sens vraiment à ma place. »

