Analyse LMGT3 à mi-saison 2026 : McLaren, Aston Martin, Ford et Mercedes-AMG en quête de déclic

Derrière le groupe de tête composé de Corvette, Porsche, BMW, Ferrari et Lexus, d’autres constructeurs restent capables de bouleverser la hiérarchie. McLaren, Aston Martin, Ford et Mercedes-AMG ont tous montré, à différents moments de la saison, qu’ils possédaient suffisamment de potentiel pour jouer devant. Le problème est souvent le même : transformer cette vitesse ponctuelle en résultats réguliers. La première partie de notre bilan LMGT3 est ICI.

McLaren : une saison 2026 entre vitesse et occasions manquées

Après deux premières saisons en LMGT3 avec United Autosports, McLaren confie en 2026 son programme à Garage 59, qui découvre ainsi le championnat du monde. Une première expérience en WEC pour la structure britannique, mais pas dans l’univers du GT3 qui dispose d’une solide expérience en GT World Challenge, avec plusieurs années au plus haut niveau de la discipline. La n°10 est confiée à Antares Au, Tom Fleming, Marvin Kirchhöfer, et la n°58 est pilotée par Alexander West, Finn Gehrsitz, Benjamin Goethe, portent ainsi les couleurs de McLaren pour cette nouvelle aventure

À Imola, McLaren frappe immédiatement fort. Pour sa première apparition en WEC, Garage 59 place la n°10 en pole grâce à Tom Fleming. La voiture confirme rapidement son rythme en course. Antares Au, Tom Fleming et Marvin Kirchhöfer contrôlent une grande partie de l’épreuve et semblent se diriger vers une victoire, mais à 35 minutes de l’arrivée, une panne d’alternateur contraint la McLaren à l’abandon. La n°58 termine quant à elle cinquième. À Spa-Francorchamps, la revanche est immédiate. La n°10 s’élance depuis la 15e place, mais Garage 59 construit une remontée remarquable si bien que, profitant notamment d’une pénalité infligée à la Ferrari n°21, elle offre à McLaren sa première victoire de la saison. La n°58 termine également à la cinquième place. « C’est une rédemption. Toute l’équipe à Imola avait tout fait correctement et, à 35 minutes de l’arrivée, tout s’est effondré. (…) C’est une preuve de la force de caractère de cette équipe que nous ayons réussi à rebondir » avoue Tom Fleming.

Les 24 Heures du Mans ramènent toutefois McLaren à une réalité plus difficile. La n°10 termine 12e, tandis que la n°58 se classe 15e. Après avoir joué la victoire à Imola puis s’être imposée à Spa, Garage 59 ne parvient pas à retrouver le même niveau de performance dans la Sarthe. La McLaren n°10 boucle néanmoins les 24 heures, ce qui permet à l’équipe de limiter les dégâts au championnat.

À São Paulo, la dynamique reste plus discrète. La n°58 termine 10e et la n°10 11e, deux résultats qui permettent de marquer quelques points mais qui restent loin du niveau affiché lors des deux premières manches.

Notre analyse

McLaren est l’un des cas les plus intéressants de cette première moitié de saison. La n°10 compte 34 points, contre 18 pour la n°58, mais ces chiffres ne reflètent pas totalement le potentiel de la 720S LMGT3 Evo. Le principal défi reste désormais la régularité : reproduire ce niveau de performance sur l’ensemble des manches et éviter de laisser filer de gros points. McLaren ne joue plus le titre, mais la deuxième partie de saison peut lui permettre de jouer les trouble-fêtes. Si Garage 59 parvient à transformer ses performances ponctuelles en résultats réguliers, la marque britannique peut encore s’inviter aux avant-postes.

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Aston Martin : Heart of Racing confirme le potentiel de la Vantage

Pour sa troisième saison, Aston Martin poursuit sa montée en puissance avec Heart of Racing Team. Désormais engagé avec deux Vantage AMR LMGT3, Aston Martin a franchi un nouveau cap  en confiant l’intégralité de son programme LMGT3 à Heart of Racing Team. La n°23 réunit Gray Newell, Eduardo « Dudu » Barrichello et Jonny Adam, tandis que la n°27 est confiée à Ian James, Zacharie Robichon et Mattia Drudi.

À Imola, le début de saison est compliqué. La Vantage n°27 termine 13e, tandis que la n°23 boucle l’épreuve 18e. Un résultat difficile à interpréter tant la course a été marquée par plusieurs aléas, mais qui montre que le potentiel affiché lors des essais doit encore être transformé en résultats. À Spa-Francorchamps, le scénario change complètement. La n°27 décroche la deuxième place, à seulement 2 secondes de la McLaren n°10 victorieuse. Après l’abandon d’Imola, ce podium représente le premier résultat majeur de la saison pour Aston Martin et confirme que la Vantage peut jouer devant.

Les 24 Heures du Mans vont encore renforcer cette impression. La n°27 s’élance depuis la pole position grâce à Mattia Drudi, qui signe une nouvelle fois le meilleur temps de l’Hyperpole après 2025. La n°23, de son côté, part également dans le groupe de tête après une excellente performance de Gray Newell en qualifications. En course, c’est finalement la n°23 qui tire son épingle du jeu. Après 24 heures particulièrement disputées, elle franchit la ligne en troisième position, à un tour de la Corvette n°33 et de la Lexus n°78. La n°27 ne voit pas le drapeau à damier, mais le podium de la n°23 constitue un résultat majeur pour Aston Martin. La Sarthe confirme surtout que le constructeur britannique a changé de dimension. Après une quatrième place obtenue en 2025, le podium 2026 vient récompenser la progression du programme et le travail réalisé par Heart of Racing.

À São Paulo, Aston Martin frappe encore plus fort en qualifications. Après l’excellente prestation de Gray Newell, Kobe Pauwels, appelé pour remplacer Eduardo Barrichello, réalise une Hyperpole exceptionnelle au volant de la n°23. Le Belge offre ainsi à Aston Martin une nouvelle pole position LMGT3, la deuxième consécutive de la marque à Interlagos. Il s’agit également de la 72e pole d’Aston Martin toutes catégories confondues en FIA WEC, un nouveau record pour le constructeur britannique. Le résultat en course est toutefois moins spectaculaire. La n°23 ne parvient pas à transformer sa pole en nouveau podium et Aston Martin repart du Brésil sans ajouter de gros points à son total. La n°27 connaît également un week-end plus discret. « L’objectif est dacquérir de lexpérience en cours de route et, espérons-le, d’obtenir de bons résultats. Avec cette équipe, je pense que c’est tout à fait possible » déclare Jonny Adam.

Notre analyse

Aston Martin est probablement l’un des constructeurs qui a le plus progressé dans l’ombre des leaders. La Vantage AMR LMGT3 possède désormais une vraie capacité à jouer les avant-postes : deuxième à Spa, troisième au Mans et surtout deux pole positions en Sarthe et à São Paulo. Donc le problème n’est plus la vitesse de pointe. La prochaine étape consiste à transformer cette vitesse en résultats réguliers sur l’ensemble d’une course. La n°23 occupe actuellement la neuvième place du classement avec 33 points, tandis que la n°27 est douzième avec 19 points. Le bilan comptable ne reflète donc pas totalement le potentiel montré par les deux Vantage. Avec Heart of Racing, Aston Martin dispose désormais d’une structure capable de jouer les premières places. La seconde moitié de saison devra confirmer cette impression.

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Ford : des Mustang rapides, mais encore trop irrégulières

Après deux saisons, Ford poursuit en 2026 son programme avec Proton Competition et ses deux Mustang LMGT3. La n°77 confiée à Eric Powell, Ben Tuck et Sebastian Priaulx et la n°88, pilotée par Stefano Gattuso, Giammarco Levorato et Logan Sargeant, disposent d’une nouvelle année pour franchir un cap. Pourtant, malgré quelques signes encourageants, la Mustang semble encore peiner à progresser suffisamment face à une concurrence qui, elle, continue d’évoluer.

À Imola, les deux Mustang débutent correctement leur campagne. La n°88 termine à une intéressante cinquième place, tandis que la n°77 se classe dixième. Le résultat confirme déjà une différence entre les deux voitures : la n°88 apparaît comme la plus régulière sur cette première manche, alors que la n°77 doit se contenter d’un résultat plus discret. À Spa-Francorchamps, Ford montre que la performance est bien présente. Les deux Mustang accèdent à l’Hyperpole (3e et 5e). La course ne confirme malheureusement pas cette excellente position de départ. La n°88 termine douzième, tandis que la n°77 abandonne. Une nouvelle fois, Ford montre donc une vitesse suffisante pour jouer devant sans parvenir à convertir cette performance sur six heures.

Les 24 Heures du Mans apportent une nouvelle occasion de mesurer le potentiel des Mustang. La n°77 bénéficie notamment d’une excellente prestation d’Eric Powell en qualifications en plaçant la Mustang en tête de sa session. En course, le résultat est beaucoup plus compliqué. La n°88 termine 17e, après 323 tours, tandis que la n°77 se classe 21e. Le Mans représente donc une véritable occasion manquée pour Proton Competition, d’autant que les deux voitures avaient montré suffisamment de potentiel pour espérer beaucoup mieux.

À São Paulo, Ford donne enfin un aperçu beaucoup plus convaincant de ce que la Mustang peut réellement produire. Les deux voitures prennent rapidement les commandes de la catégorie. Stefano Gattuso avec la n°88 puis Eric Powell avec la n°77 dépassent la Lexus n°87, permettant aux deux Mustang de s’installer en tête dès le début. Pendant plusieurs heures, elles restent au cœur de la lutte pour la victoire. La n°77 semble même bien partie pour décrocher un podium. Sebastian Priaulx reprend ensuite le volant dans la dernière partie de course et occupe encore la deuxième position à moins d’une heure de l’arrivée, mais une stratégie avec un arrêt de moins et l’usure des pneumatiques compliquent la fin de course. Une pénalité pour non-respect des limites de piste fait finalement chuter la Mustang à la 10e place. La n°88 connaît une fin de course plus heureuse. Logan Sargeant signe une solide cinquième place. « C’était clairement un grand pas en avant ici à São Paulo par rapport aux premières courses que nous avons disputées cette saison. C’était vraiment positif de se battre pour un podium et cela donne une motivation importante à l’équipe pour la suite » confirme ce dernier. 

Notre analyse

Ford est l’un des constructeurs qui laisse le plus de regrets à mi-saison. La vitesse de la Mustang est bien réelle : les deux voitures ont atteint l’Hyperpole à Spa, Eric Powell a signé le meilleur temps de la séance Bronze au Mans et les deux Ford ont longtemps joué devant à São Paulo. Mais cette performance se traduit encore trop peu au classement. La n°88, avec 14 points, est la meilleure arme de Proton Competition, tandis que la n°77 n’en compte que 2. Ford doit désormais parvenir à mieux exploiter ses fenêtres de performance et surtout à aligner vitesse, stratégie et régularité. La Mustang peut se battre avec les meilleures, mais elle doit encore franchir ce cap pour transformer ses coups d’éclat en podiums réguliers.

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Mercedes-AMG : une saison où la vitesse tarde  à se convertir en résultats

Pour sa deuxième saison avec Iron Lynx, Mercedes-AMG poursuit le développement de son programme avec deux AMG GT3. La n°61, confiée à Martin Berry, Maxime Martin et Rui Andrade, partage le garage avec la n°79 de Johannes Zelger, Matteo Cressoni et Lin Hodenius. Après une première saison d’apprentissage, le step reste difficile à franchir face à une concurrence très relevée, malgré un potentiel qui ne demande qu’à être mieux exploité. Le performance en GT World Challenge, aux 24 Heures de Spa-Francorchamps et au Nürburgring le prouvent.

À Imola, les deux Mercedes-AMG connaissent un début de campagne difficile. La n°61 termine à la 15e place, tandis que la n°79 se classe 12e. Pourtant, la performance pure de la n°61 est loin d’être catastrophique. À Spa-Francorchamps, Mercedes-AMG commence à se rapprocher du groupe de tête. La n°61 termine dixième et la n°79 connaît en revanche une nouvelle course compliquée et abandonne après seulement 95 tours. Le contraste entre les deux voitures commence alors à se dessiner.

Les 24 Heures du Mans constituent une nouvelle occasion de mesurer les progrès de Mercedes-AMG. La n°61 se montre particulièrement compétitive lors des essais : à l’issue de la deuxième séance libre, Maxime Martin place la Mercedes à la deuxième position, à seulement trois dixièmes de la BMW n°32. La n°61 accède également à l’Hyperpole, confirmant qu’elle possède désormais suffisamment de vitesse pour jouer les premières places sur un tour. Mais la course ne récompense pas ces performances. La n°61 abandonne après seulement 65 tours, tandis que la n°79 termine 22e, avec 153 tours parcourus. Le Mans devient donc une nouvelle occasion manquée pour Iron Lynx. La performance était présente, mais la Mercedes n’a pas réussi à transformer cette vitesse en résultat.

À São Paulo, Mercedes-AMG affiche enfin des signes très encourageants. En qualifications, les deux AMG accèdent à l’Hyperpole, avec la n°79 en deuxième position et la n°61 en sixième. La course est ensuite perturbée par plusieurs accrochages, mais la n°61 parvient à sauver une sixième place, tandis que la n°79 termine 15e. « En 2026, Mercedes-AMG a les moyens de viser les podiums en WEC » commentait Maxime Martin avant la saison 2026.

Notre analyse

Mercedes-AMG est probablement l’un des constructeurs pour lesquels l’écart entre la performance affichée et les résultats est le plus frustrant. La voiture est capable de gagner en GT World Challenge : la question est donc légitime, Iron Lynx parvient-elle réellement à exploiter tout son potentiel en WEC ? Le véritable problème reste la capacité à construire un week-end sans incident. Le Mans en est le meilleur exemple. Avec seulement 9 points pour la n°61 et aucun pour la n°79, Mercedes-AMG est désormais très loin du championnat. Le potentiel existe pourtant bel et bien. Le défi pour Iron Lynx en 2e partie de saison est donc moins de trouver de la performance que de réussir à la convertir en résultats. Mais Mercedes-AMG peut-elle enfin exploiter en WEC le potentiel qu’elle démontre régulièrement en GT3 ?

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Cette première moitié de saison 2026 confirme surtout une chose : le LMGT3 est plus ouvert que jamais. Les quatre premières manches ont fait émerger plusieurs tendances, sans pour autant installer une hiérarchie définitive. Corvette a pris une longueur d’avance grâce à sa victoire au Mans et à sa régularité, tandis que Porsche, BMW, Lexus ou Ferrari restent capables de revenir dans la bataille. Derrière les leaders, les écarts entre les constructeurs sont parfois trompeurs. McLaren, Ford ou Mercedes-AMG ont montré à plusieurs reprises une vitesse suffisante pour jouer devant, mais leur manque de constance les pénalise encore lourdement. À l’inverse, certains constructeurs ont davantage capitalisé sur leur capacité à terminer les courses et à saisir les opportunités.

Les cinq manches restantes peuvent totalement redistribuer les cartes, notamment avec des circuits et des conditions très différents de ceux rencontrés jusqu’ici. La deuxième partie de saison devra donc répondre à plusieurs questions. Corvette peut-elle conserver son avantage ? Porsche et BMW ont-elles les armes pour revenir ? Lexus et Ferrari peuvent-elles transformer leur potentiel en victoires régulières ? Et surtout, McLaren, Ford ou Mercedes-AMG parviendront-elles à convertir leurs performances ponctuelles en véritables résultats ? Une chose est certaine : la bataille du titre LMGT3 est loin d’être terminée. 

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