Cyril Abiteboul (Genesis) : « Après les 24 Heures du Mans, nous savons désormais où nous devons progresser »

Pour sa première participation aux 24 Heures du Mans, Genesis Magma Racing a atteint son objectif principal : rallier l’arrivée. Entre soulagement, fierté et enseignements précieux, Cyril Abiteboul tire pour Endurance Live un premier bilan d’une aventure aussi éprouvante qu’instructive pour le constructeur coréen.

Lorsque le drapeau à damier s’est abaissé sur cette 94e édition des 24 Heures du Mans, un sentiment dominait dans le stand Genesis : le soulagement. Après des mois de préparation et une semaine mancelle riche en rebondissements, la jeune structure coréenne a réussi à mener l’une de ses voitures jusqu’à l’arrivée. « Soulagement et fierté mesurés », résume Cyril Abiteboul. Il ne cache pas que l’équipe a abordé cette première participation avec une certaine appréhension. Malgré les séances de simulation et les kilomètres accumulés sur d’autres circuits du championnat, rien ne pouvait réellement préparer Genesis à l’ampleur du défi mancelle. « Il n’existe pas de véritable banc d’essai pour les 24 Heures du Mans. On découvre énormément de choses uniquement en faisant la course », explique-t-il.

© MPS Agency

Au-delà du résultat brut, Cyril Abiteboul retient surtout les signaux positifs envoyés par son équipe. La performance a parfois été au rendez-vous, notamment lors de l’Hyperpole, tandis que la structure a démontré sa capacité à réagir dans les moments difficiles.« Nous avons montré de la résilience, de l’intelligence de situation et aussi de la vitesse dans certaines conditions. » Avant la course, beaucoup d’observateurs prédisaient une défaillance mécanique, notamment du côté du groupe propulseur. Finalement, les principaux problèmes rencontrés se sont révélés ailleurs. « Les plus gros soucis ne sont pas venus du moteur », sourit-il. « Ce sont plutôt certains éléments du châssis qui ont souffert. » Parmi les incidents marquants figure notamment une casse de suspension, un problème inédit pour l’équipe. Genesis devra désormais analyser en détail cette défaillance ainsi que d’autres fragilités apparues durant la semaine mancelle.

L’expérience aura également confirmé l’importance du développement électronique et logiciel. L’une des voitures a notamment subi plusieurs coupures électroniques nécessitant des redémarrages complets en piste. « Toute la partie software (logiciel) demande énormément de temps. Il faut accumuler des données, faire des essais, commettre des erreurs et corriger. Cette course nous a apporté une quantité d’informations considérable. ».

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L’abandon précoce de l’une des deux voitures engagées aurait pu fragiliser le moral des troupes. Il n’en a rien été. Dès le départ, Genesis avait fixé une priorité claire : voir au moins une voiture franchir l’arrivée.« Nous avons pris un coup sur la tête, bien sûr. Mais nous n’avons jamais changé notre objectif. L’équipe s’est rapidement remobilisée. » Au fil des heures, les ingénieurs et mécaniciens se sont accrochés à de petites victoires stratégiques pour maintenir la motivation intacte.

Même dans les derniers instants de la course, les imprévus n’ont pas cessé, avec notamment une panne radio survenue à seulement trois tours de l’arrivée. « Nous avons ressorti le panneau à l’ancienne pour communiquer avec le pilote », raconte Cyril avec le sourire. Au terme de cette première aventure mancelle, le patron de Genesis Magma Racing repart avec une certitude : son équipe sait désormais précisément quelles sont ses priorités pour progresser. « Cette course arrive finalement au bon moment. Aujourd’hui, nous y voyons beaucoup plus clair. Nous savons où nous devons travailler pour revenir plus forts l’année prochaine. » Alors rendez vous les 12 et 13 juin prochains en Sarthe, mais avant il faut se recentrer sur le championnat et dès Sao Paulo le 12 juillet. 

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