Pilote de la Cadillac n°101 de Wayne Taylor Racing aux 24 Heures du Mans 2026 avec les frères Taylor, Filipe Albuquerque aborde sa deuxième participation dans la Sarthe avec l’équipe américaine. Après une première édition marquée par des problèmes mécaniques et une grande phase d’apprentissage, le Portugais estime que Wayne Taylor Racing arrive cette année avec une préparation bien plus aboutie. Filipe s’est confié à Endurance Live.
Vous arrivez maintenant au Mans. Quel regard portez-vous sur cette course après la déception vécue l’an dernier ?
« L’an dernier est un bon exemple de ce qui nous est arrivé. Toutes les voitures étaient identiques, mais c’est sur la nôtre que le problème moteur est apparu. En qualifications, les Cadillac JOTA avaient réalisé un doublé alors que nous semblions loin derrière. Pourtant, Ricky (Taylor ) avait commis une petite erreur qui nous a privés du Top 10, et avec seulement deux tours pour se qualifier, cela change énormément de choses. En course, je pense que notre moteur n’était déjà plus à 100 %. Le meilleur tour de notre voiture, je l’ai réalisé dans l’aspiration d’une Ferrari. Dans les virages, elle ne me reprenait rien, mais dans les lignes droites elle s’échappait. Grâce à l’aspiration, j’ai gagné plus d’une seconde. Avec le recul, je pense que le moteur commençait déjà à montrer des signes de faiblesse.
Cette année, mon approche est différente. Je ne veux pas me focaliser sur ce que font les autres. Je veux travailler avec mon équipe, comprendre ce dont la voiture a besoin pour être performante sur un circuit comme Le Mans et exploiter au maximum notre potentiel. Ensuite, nous verrons où nous nous situons face à JOTA. Ils réalisent de très bonnes courses en WEC et affichent un excellent rythme. Nous savons déjà que la Cadillac n°31 est un peu devant nous en IMSA, alors nous ne voulons surtout pas être derrière les JOTA. Nous allons avancer étape par étape. »
Cette deuxième participation de Wayne Taylor Racing au Mans doit également faire une différence par rapport à l’an dernier ?
« Oui, clairement. L’an dernier, nous étions une équipe habituée à se battre pour les victoires, mais nous découvrions encore cette voiture. Nous sommes venus au Mans avec l’ambition de battre les JOTA, c’était notre objectif. Quand vous êtes un compétiteur, vous allez au combat pour gagner, pas pour subir. Mais nous n’étions probablement pas aussi préparés que nous aurions dû l’être. Cette année, c’est totalement différent. Toute l’équipe se sent beaucoup plus prête. Les mécaniciens maîtrisent déjà les procédures, les arrêts pilotes, tout est devenu naturel. Tout est plus fluide. J’aime plaisanter en disant que les mécaniciens américains sont désormais habitués à manger des baguettes plutôt que des burgers, et que cela ne leur pose plus aucun problème de digestion (rires) ! Mais derrière cette image, il y a une réalité : quand tout devient naturel, l’équipe fonctionne mieux. »
Le Mans reste malgré tout une course à part, où la performance ne suffit pas toujours…
« Absolument. Je le répète souvent : on dit que ce n’est pas vous qui choisissez Le Mans, c’est Le Mans qui vous choisit. Nous avons vu des voitures abandonner dans le dernier tour alors qu’elles menaient la course. Cela est arrivé plusieurs fois dans l’histoire. Le sport automobile repose sur la physique : le poids, l’appui aérodynamique, la puissance. Normalement, tout devrait être prévisible. Pourtant, il existe toujours une part que l’on ne maîtrise pas. Parfois, quand une saison tourne en votre faveur, tout semble s’enchaîner naturellement. À l’inverse, quand les choses vont mal, elles semblent empirer encore davantage. Nous attendons simplement que la roue tourne. Cela peut arriver à tout moment. En attendant, il faut rester humble et continuer à travailler dur. »
Comment s’est passée votre Journée Test ?
« J’ai piloté dans l’après-midi, encore une fois, c’était un vrai plaisir au volant. Parfois, j’aimerais qu’on ne soit pas trois pilotes, car j’aimerais bien conduire un peu plus (rires). Tout se passe bien avec la voiture. La piste évolue et l’équilibre de la voiture est bon. Jusqu’ici, tout va bien, on a signé le meilleur temps de la matinée. Ça a été une bonne journée. »

