Hypercar : les forces en présence analysées (2e partie)

Seconde partie de notre tour d’horizon de la catégorie Hypercar du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA WEC, à quelques jours du coup d’envoi de la saison au Qatar. Cette fois-ci, nous abordons les constructeurs classés 5e, 6e et 7e ainsi que Aston Martin et les écuries privées.

Peugeot TotalEnergies : une dernière année ?

 Peugeot a de nouveau connu une saison compliquée. Pourtant, la marque au Lion avait fait le nécessaire en début d’année en introduisant un aileron sur sa 9X8 et en modifiant la dimension de ses pneus. Mais, ce fut une année noire, même au Mans où les autos avaient brillé en 2023. Cette fois-ci, les deux autos sont à l’arrivée mais hors du top 10. Pas même la 3e place décrochée in extremis à Bahreïn ne peut sauver le bilan. On espère que 2025 sera bien meilleure car on craint pour le programme après le départ de Carlos Tavares de la tète de Stellantis, lui a toujours soutenu le programme.

Du côté de la voiture, on a travaillé sur de nouvelles suspensions et les trains roulants. Chez les pilotes, un seul changement est à noter : le départ de Nico Muller parti chez Porsche en Foirmule E et remplacé par Malthe Jakobsen jusqu’alors pilote de réserve Peugeot. Ce rôle en 2025 sera occupé par Théo Pourchaire, le champion F2 2023.

#93 PEUGEOT SPORT

Cadillac Racing : un nouveau souffle avec Jota ?

Depuis des années, Team JOTA cherche l’appui d’un constructeur Hypercar afin de le représenter officiellement. A défaut de trouver la perle rare, l’équipe s’est tournée vers Porsche avec la location de 963 privées. Pourtant, l’écurie britannique a de sérieuses références en Endurance (championne WEC en LMP2 en 2022, deux victoires aux 24 Heures du Mans en 2014 et 2022). De plus en 2024, elle est devenue la première structure privée à remporter une course WEC (Spa), a fini 2e des 1812km du Qatar et est ensuite devenue championne WEC des Equipes Hypercar Privées.

Les efforts de l’équipe de Sam Hignett et David Clarke sont enfin récompensés avec l’arrivée de Cadillac. La structure basée à Frant (East Sussex) va engager deux Cadillac V-Series.R alors que par le passé un seul exemplaire était présent via Chip Ganassi Racing. Le potentiel de la voiture est là, mais il faut que cela se concrétise par des bons résultats (obtenus en IMSA, pas en WEC). Pour cela, Cadillac a fait jouer son premier joker avec un nouvel ECU qui devrait permettre de mieux gérer les data collectés.

Du côté pilotes, on a conservé 50 % de l’effectif Jota à savoir Will Stevens, le seul pilote déjà présent en 2023, le champion du monde de Formule 1 2009, Jenson Button, et Norman Nato. A cela s’ajoutent trois pilotes officiels Cadillac : Earl Bamber, double vainqueur des 24 Heures du Mans, Alex Lynn et le toujours jeune Sébastien Bourdais. Au Mans, on pourrait voir deux autres autos arrivées : Action Express Racing (avec Jack Aitken Felipe Drugovich et Frederik Vesti) et Wayne Tayklor Racing avec les deux frères (Ricky et Jordan) associés à Filipe Albuquerque.

#12 CADILLAC JOTA HERTZ TEAM

Aston Martin : une année pour apprendre

Aston Martin est enfin de retour en Endurance après avoir ouvert la porte en 2019 avant de la refermer. A travers l’équipe privée The Heart of Racing (THOR) dirigée par Ian James, le projet Valkyrie LMH à pris vie. Elle est basée sur la version de route et a un châssis en fibre de carbone. La Valkyrie AMR-LMH utilise une version modifiée du moteur V12 atmosphérique de 6,5 litres construit par Cosworth. Dans sa version standard, ce moteur atteint 11 000 tr/min et développe plus de 1000 chevaux. Le groupe motopropulseur a été amélioré et adapté pour répondre à la fenêtre de performance de la catégorie Hypercar.

A noter que cette auto n’a pas de système hybride. Elle sera chapeautée par Multimatic et un homme bien connu chez AMR, George Howard Chappell qui était déjà présent lors de l’épopée DBR9 au Mans. L’auto a fait beaucoup d’essais et a manqué les 24 Heures de Daytona (car elle est aussi engagée en IMSA) pour pouvoir continuer à travailler avant l’homologation finale. Ses deux premières courses seront au Qatar en WEC et les 12 Heures de Sebring IMSA.

Côté pilotes, on retrouve Harry Tincknell, champion ELMS 2016 et vainqueur des 24 Heures du Mans 2020 avec Aston Martin en GTE Pro, qui roule avec cette auto depuis les essais. Il est le seul à avoir déjà roulé en Hypercar au contraire de ses coéquipiers : Alex Riberas, Roman de Angelis, des pures produits THOR, Ross Gunn, champion en IMSA GTD Pro, Tom Gamble et Marco Sorensen, triple champion du monde FIA GT et vainqueur au Mans en GTE Am en 2022 avec TF Sport.

#7 ASTON MARTIN THOR TEAM
#9 ASTON MARTIN THOR TEAM

Les  teams privés :

 AF Corse : une chance de plus ! 

Une troisième Ferrari 499P a été engagée en 2024 et ce sera de nouveau le cas cette année. Il y aura à nouveau trois Ferrari Hypercar. Cette auto est supervisée par AF Corse, bien impliquée, mais sous engagement « privé ». L’an dernier, la n°83 s’est bien comportée notamment au Mans en étant par moment la meilleure des Ferrari et en remportant les 6 Heures d’Austin.

Robert Kubica, l’ancien pilote de F1 et champion WEC 2023 en LMP2, est de nouveau de l’aventure tout comme Yifei Ye, pilote officiel Ferrari. Robert Shwartzman, officiel Ferrari et membre de la Ferrari Driver Academy, est parti vers d’autres cieux (IndyCar) et est remplacé par Phil Hanson, le champion WEC LMP2 2019/2020, ELMS en 2020 et vainqueur des 24 Heures du Mans LMP2 en 2020. Une belle recrue habitué à ce type d’auto car il a piloté la Porsche 963 en version IMSA (JDC Miller) et WEC (Jota) en 2024.

Proton Competition : à surveiller !

Proton Competition est désormais le petit poucet du WEC et sera la seule voiture « vraiment privée » cette saison. L’écurie dirigée par Christian Ried a un très solide passé en Endurance, en particulier en GTE avec une multitude de titres en ELMS et une victoire aux 24 Heures du Mans 2018 (GTE Am). Elle n’a pas été ridicule en 2024 avec une belle prestation à Spa et une 2e ligne de départ à Bahreïn grâce à Neel Jani. Fort de ce constat, l’écurie remet cela et pensait à un moment engagé un deuxième châssis. Mais il a vite fallu se rendre à l’évidence : l’argent manque et Proton n’a pas réellement de soutien de l’usine. La preuve : contrairement à l’an passé, Proton Competition ne disputera pas l’intégralité de la saison IMSA, mais uniquement les manches de l’Endurance Cup.

Du côté des pilotes, le seul pilote déjà présent est Neel Jani, ancien lauréat des 24 Heures du Mans au général et champion WEC, qui aura le rôle de capitaine de route. Le Suisse sera épaulé par Nico Pino et Nicolás Varrone. Le premier connaît bien Neel Jani puisqu’ils ont terminé 3e des 24 Heures du Mans 2023 en LMP2 avec Duqueine. Il a aussi été nommé pilote junior Stellantis Motorsport fin 2024. Nicolas Varrone est maintenant un habitué de l’Endurance. L’Argentin s’est imposé deux fois aux 24 Heures du Mans : en 2023 en catégorie GTE Am au volant d’une Corvette C8.R (avec Ben Keating et Nicky Catsburg) et en 2024 en LM P2 Pro-Am sur l’Oreca 07 AF Corse (avec Ben Barnicoat et François Perrodo). Il a aussi été sacré champion du monde GTE Am en 2023.

La suite demain avec la catégorie LMGT3.

Par David Bristol

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