Xavier Combet (TDS Racing): « Nous serons présents en 2027 en IMSA avec une Oreca et en ELMS avec deux » 

Depuis sa première participation aux 24 Heures du Mans en 2012, TDS Racing s’est progressivement imposée comme l’une des références de la catégorie LMP2. Aujourd’hui, l’équipe basée à Montpellier est présente dans divers championnats à travers le globe, que ce soit en ELMS ou en IMSA. Endurance Live est parti à la rencontre de son co-patron, Xavier Combet (associé à Jacques Morello) avant la manche d’Indianapolis ce week-end. 

Comment se passe votre saison en IMSA ? 

« Comme on l’avait prévu. C’est une nouvelle saison avec Tobias Lütke et David Heinemeier Hansson ainsi que Mathias Beche. Ce dernier, c’est un peu sa première saison complète en IMSA. Il n’a pas eu trop d’opportunités de rouler jusqu’à cette course-là, parce que toutes les premières courses, il y a eu malheureusement des abandons. Ça n’a pas permis à Mathias de s’entraîner, de rouler sur le rythme de course en IMSA. La dernière course (Road America) s’est passée correctement. On arrive à décrocher une belle troisième place. On offre le premier podium à Tobias, à David et à Mathias. Une course assez compliquée, très intense sur la piste, comme on a l’habitude de voir en IMSA, mais vraiment pas simple. On a eu une voiture abîmée dès le début puisque Tobias s’est accroché avec une GT qui est venue le toucher, ce qui a endommagé tout le côté de la voiture, le dessous, perdant beaucoup de performances. Malgré tout, on a su tenir et décrocher ce podium, c’est un peu comme une victoire pour nous car on la prend comme ça. Pour l’équipe aussi, qui avait besoin aussi de retrouver un petit peu cette sensation de belle fin de course. Nos projets de fin de saison sont clairs : être sur la piste jusqu’à l’arrivée, prendre de l’expérience avec Tobias pour préparer la saison prochaine puisque ce n’est pas un secret, il continuera avec nous en IMSA. Le but, est de continuer à travailler ensemble, de se dire qu’on sera meilleurs l’année prochaine et viser un vrai objectif sportif l’année prochaine avec lui.« 

Prochainement vous arrivez sur deux super circuits où à chaque fois, depuis deux ans maintenant, vous gagnez : Indianapolis et Petit Le Mans ! 

« Oui, Indianapolis, trois participations, trois victoires. On verra si on est en mesure de refaire avec Tobias et David. Petit Le Mans aussi, ça fonctionne plutôt très fort en général. On va y aller comme d’habitude. On va travailler du mieux possible et on verra le résultat à la fin. Mais c’est vrai que ça serait bien de refaire un podium a minima. Pourquoi pas une victoire ? Ça serait exceptionnel cette année pour l’équipe. » 

© Courtesy of IMSA

Autre programme, l’ELMS, en Pro-Am où c’est plus compliqué. En revanche, la n°29 de Forestier Racing by Panis est en lice pour le titre. Belle saison pour l’instant ! 

« Tout à fait. Pour la n°14, on avait beaucoup d’ambition depuis le début de saison puisqu’on sait qu’avec Steven Thomas, on avait un allié de poids très rapide. Retrouver Scott (Huffaker) était aussi une bonne chose pour nous. Sami (Meguetounif), fait sa première saison en ELMS, il faut que, bien sûr, il apprenne la gestion du trafic et de ne pas tomber dans les pièges qu’on peut avoir en endurance puisqu’il n’a fait que de la Formule 2 et de la monoplace. Malheureusement, il est tombé dans quelques petits pièges qui l’ont fait rétrograder au championnat. Je ne remets pas la faute sur lui, en particulier, c’est ainsi, il faut l’analyser. Il faut qu’il apprenne, lui laisser le temps. C’est un pilote très talentueux, humainement exceptionnel, un garçon avec qui on aime travailler. Associé avec Scott et Steven, ça ne peut que fonctionner. On voit que la performance est là, il ne manque pas grand-chose pour concrétiser. Maintenant, il faut que les planètes s’alignent. (interview réalisée avant la victoire de Silverstone de la n°14 en LMP2 Pro AM, ndlr)

Pour la n°29, c’est un autre registre, première au championnat (égalité avec United). On reparle avec beaucoup d’espoir du titre. On le remet en jeu et on a surtout envie d’aller le chercher à nouveau. L’équipage est très bon, Louis fait sa première saison en LMP2. Le challenge est quand même important et difficile car passer de la LMP3 et se retrouver dans une équipe qui joue la gagne d’entrée de jeu n’est pas évident. Il faut aussi savoir à certains moments lui pardonner des petites erreurs, mais pour autant, il travaille bien. On sent que petit à petit, il est en train de progresser sur certaines choses et cela amène un peu de performance. On va continuer sur notre lancée avec Esteban (Masson), qui est exceptionnel, Oliver (Gray) qui montre aujourd’hui qu’il n’a pas à rougir de son statut de Gold. On va continuer à pousser et travailler pour amener la voiture le plus haut possible en fin de saison. » 

© MPS Agency

Comment se sont passées vos 24 Heures du Mans ? 

« Le Mans, finalement, s’est passé sans difficulté majeure. On n’a pas eu d’accrochage sur toute la préparation, les essais, les qualifs, la pole position. On a été là tout le temps. Le début de course a respecté le plan. On ne voulait pas abîmer la voiture, on ne poussait pas sur les vibreurs. Il fallait rouler, dérouler. Malheureusement, on a Louis (Rousset) qui fait un tout droit dans la chicane 1 et qui se plante dans le bac en début de nuit. Ça nous coûte finalement beaucoup de temps. C’est là qu’on perd Le Mans. Après, il a fallu continuer à rouler et essayer d’aller chercher le meilleur de l’équipe pour essayer d’être sur le podium. Ce n’était pas évident parce qu’on revenait de loin. Et en face, il y a aussi des gens expérimentés. On arrive à décrocher la troisième place, on ne pouvait pas espérer mieux honnêtement vu le retard pris. Ce n’est pas une course sur laquelle on est hyper contents, mais on ne peut pas être non plus déçus. C’est un autre podium au Mans, beaucoup de gens sont là et rêveraient d’en faire un déjà. Nous, on l’a fait et, puis après, on apprend de nos erreurs. Si l’année prochaine est reconduite, on essaiera de faire mieux et on est certain que si Louis est avec nous dans la voiture, il n’oubliera pas cette erreur. On a un rookie dans l’équipage et c’était notre talon d’Achille, mais il faut qu’il apprenne. »

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Sur l’autre auto avec Tobias Lütke, qui arrivait pour son premier Le Mans, associé à Kevin Estre et Mathias. Là, pareil, on avait à la fois de très grosses ambitions, mais aussi des grands points d’interrogation. Est-ce que Tobias allait pouvoir s’adapter au circuit du Mans qu’il découvrait ? C’était aussi sa première course LMP2 en Europe. Il fallait laisser le temps au temps et voir comment ça se passait. Très grosse surprise : il a super bien roulé et faisait partie des meilleurs. C’était juste parfait. On s’est dit qu’on avait vraiment une grosse carte à jouer. D’ailleurs, la voiture a été très rapidement en tête Pro-Am. Malheureusement, c’est le pilote sur lequel on s’attendait le moins que c’est arrivé : Kevin Estre a commis une erreur à Indianapolis, perd la voiture et l’abîmer. Ça nous coûte beaucoup de temps car on a changé la face avant, un flexible de frein arraché. Là aussi, on repart de trop loin et c’est foutu malheureux parce qu’on avait tout pour réussir. Le Mans choisit son vainqueur une nouvelle fois. Ce qu’on retire de positif, c’est le plaisir qu’a pu prendre l’équipe à travailler au Mans, la bonne perf de Tobias qui s’est éclaté. C’est aussi un des paramètres qui fait qu’aujourd’hui, on le retrouvera avec nous l’année prochaine. Beaucoup de positif malgré une petite frustration de résultat. »

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Comment se présente 2027 ? En IMSA, vous continuerez avec la voiture. Toujours deux Oreca en ELMS. Deux Pros ? Une Pro Am et une Pro ? 

« Tout est quasiment fait mais il est trop tôt pour en parler. On va dire que le team est assez serein pour l’année prochaine. On retrouvera TDS en IMSA avec une auto et TDS en ELMS avec deux, avec bien sûr Le Mans. L’objectif est d’y être avec deux voitures. » 

La nouvelle génération des LMP2. Où en êtes vous ? Comment vous vous positionnez par rapport à ça ? 

« Les informations que j’ai sont celles qui me sont données par les deux constructeurs qui prospectent actuellement auprès des équipes plus celles communiquées l’ACO. Malheureusement, on est un peu tous dans la même situation. On attend d’autres informations plus concrètes. On aimerait voir de nouvelles choses maintenant, avoir un peu plus d’idées sur ce que sera le châssis, comment il sera, parce que le moteur, on sait que ça va être un turbo. De plus, la livraison des voitures est en octobre / novembre 2027. Les constructeurs ont un gros challenge. En moins de six, sept mois, arriver à tout faire va être chaud. C’est compliqué de se dire que ça va être telle ou telle voiture qui va être meilleure qu’une autre, même si forcément, on a chacun notre feeling et notre manière d’analyser les choses. De notre coté, nous avons opté pour ORECA, un partenaire irréprochable pour TDS Racing, copropriétaire de TDS Racing. Notre relation avec eux a débuté en 2011, dès notre arrivée en LMP2. Depuis, nous avons remporté de nombreuses courses et décroché plusieurs titres ensemble, des deux côtés de l’Atlantique. Ce choix s’est donc imposé comme une évidence au moment d’ouvrir un nouveau chapitre en LMP2 (deux voitures auraient été commandées, ndlr). »

© MPS Agency

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