C’est désormais officiel : Gillian Henrion va avoir un double programme en 2025. Il va faire son retour en Michelin Le Mans Cup, championnat qu’il a remporté en 2023, au volant de la nouvelle Ligier JS P325 de Motorsport 98 avec Eric De Doncker. Il s’alignera aussi, toujours avec la même auto, en European Le Mans Series en LMP3 avec l’équipe RLR Msport. Le jeune homme, tout juste âgé de 22 ans et en préparation d’un Master, ne va pas s’ennuyer cette saison. Il s’est confié à Endurance Live…
Cinq mois après la fin de saison, quel regard portez vous sur l’ELMS 2024 (il a roulé en LMP3 avec Team Virage) ?
« Tout l’hiver, je me suis dit que je n’étais pas passé très loin du titre. J’ai quand même fini troisième d’un championnat européen pour ma première participation (avec deux victoires, ndlr). C’est déjà bien, même si j’en veux plus. J’ai appris beaucoup de choses cette année et je pense que ce sera vraiment bénéfique pour mon futur et ma carrière. Même je n’ai pas atteint toutes mes ambitions, cela reste une bonne année d’apprentissage. De plus, j’ai eu la chance de disputer le Rookie Test WEC à Bahreïn. Tout cela me donne la « gnaque » pour cette année. J’espère, cette fois-ci, pouvoir décrocher ce titre. En tout cas, je vais me donner à fond. Je suis dans de bonnes conditions, aussi bien en ELMS qu’en Michelin Le Mans Cup pour réussir. Donc j’aimerais bien, mais la course automobile reste toujours très compliquée, on ne sait jamais ce qui va se passer, mais je vais tout donner pour pouvoir décrocher les deux titres. »


Depuis le Rookie Test de Bahreïn que vous avez disputé sur la Porsche 911 GT3 R des champions du monde WEC, Pure RXcing, comment s’est passée l’intersaison ?
« Je crois que cela a vraiment été l’année la plus compliquée. J’ai appelé beaucoup d’équipes, discuté avec des personnes auxquelles j’aurais limite jamais pensé pouvoir discuter avec. Pour être tout à fait honnête, avant fin février, je n’avais pas de volant et tout s’est enchaîné sur le dernier mois. C’est exceptionnel, je passe quand même de zéro volant à deux en un rien de temps. Tout l’hiver, ça a été très compliqué de dormir la nuit. Je me demandais si j’allais pouvoir rouler ou pas. Là, tout se met en place et avoir un aussi beau projet des deux côtés est exceptionnel. Honnêtement, j’ai du mal à réaliser et hâte d’être au volant à Barcelone. Mais cela fait du bien ! »
Est-ce que le Rookie Test vous a ouvert des portes ou cela n’a pas abouti sur quelque chose ?
« J’ai pu discuter avec des équipes lors de ce test, cela m’a permis de pouvoir atteindre celles qui pouvaient être potentiellement intéressées par moi. Malheureusement les budgets demandés étaient trop élevés pour nous. Cela m’a donné l’occasion de les connaitre en espérant que quelques unes vont suivre ce que je vais faire cette année et, pourquoi pas, dans le futur rouler avec une d’entre elles. En tout cas, cela n’a pas été en vain, ce fut une expérience incroyable et j’espère que cela m’ouvrira des portes dans le futur. »

Pourquoi avoir décidé de revenir en Michelin Le Mans Cup en 2025 ?
« Ligier m’a parlé d’Eric De Doncker. On a décidé de faire un test ensemble et ça s’est vraiment bien passé. Je m’entends bien avec lui , c’est génial. C’est rare que je me sente directement aussi bien dans une écurie. Le fait qu’elle soit francophone aide aussi à créer des liens. En fait, Eric et le team ont les mêmes ambitions que moi et le projet me plaît. Je suis vraiment motivé pour essayer d’atteindre les ambitions qu’on s’est fixé. Alors pourquoi ne pas essayer décrocher un deuxième titre en Le Mans Cup ? »
En parallèle, vous avez annoncé aujourd’hui votre programme ELMS avec RLR Msport… Comment cela s’est fait ?
« J’ai appelé l’ingénieur de RLR (Franck Larue), on a discuté et il m’a passé le numéro du manager. On a parlé de novembre jusqu’à mars. Ce fut long, toujours dans l’attente, et on a essayé de mettre tout bout à bout car le budget est toujours, malheureusement, un point très compliqué. Au final, tout le monde s’est un peu donné pour que ça puisse se réaliser et cela se concrétise aujourd’hui. Je suis très heureux d’avoir cette opportunité en plus avec l’équipe championne ELMS en titre ! »


En plus, vous roulerez avec les deux pilotes titrés en 2024 (Michael Jensen et Nick Adcock). Donc des ambitions élevées ?
« Le but est de pouvoir rééditer cet exploit, entre guillemets, mais après on verra bien comment se passe la saison. Malheureusement, ce n’est pas forcément les plus rapides qui gagnent. Il faut surtout avoir une certaine constance sur toute la saison. Le but est de gagner, c’est sûr, mais on verra, je préfère ne pas trop m’avancer. »
Avez-vous roulé avec cette nouvelle Ligier ?
« Oui car j’ai été en charge du développement de la JS P325 l’année dernière (avec Olivier Pla, ndlr). Cela reste le même style de voiture que la 320, mais tous les petits défauts de cette dernière ont été gommés. Quand je discute avec des pilotes qui ont eu la chance de pouvoir rouler avec la 325, ils sont tous ravis. C’est une super auto et j’ai hâte de voir ce que ça va donner sur la première course. Je suis content d’avoir donné un petit peu de moi dans cette voiture et, si elle est devant, ça me rendra fier. »


Il y a de la place sur l’Oreca 07 RLR Msport aux 24 Heures du Mans où un seul pilote a été annoncé. Est ce que cela a été évoqué avec vous ou pas du tout ?
« Pour être tout à fait honnête, à l’instant T, non. Mais pourquoi ne pas essayer de pousser les choses pour que ça le fasse? Ce n’est pas d’actualité, parce que le budget est malheureusement trop conséquent pour faire Le Mans, mais avec de bons résultats… »
Avez-vous été en contact avec des équipes LMP2 pour l’ELMS ?
« Quelques-unes, mais cela s’est vite terminé. Les budgets sont trop conséquents, même si l’offre est très belle. J’espère qu’un jour on aura ce financement ou des équipes qui nous proposeront de rouler pour pas grand chose. Pouvoir rouler une fois dans une LMP2 reste un rêve, faire mes premiers tours de roues dans un tel prototype serait exceptionnel. »
