Philippe Sinault : « Notre priorité aujourd’hui, c’est de rester en Hypercar »

Philippe Sinault a fait le point pour Endurance Live sur l’avenir de son équipe en endurance, alors que les discussions avec Geely pour 2027 n’ont pas abouti. Entre les progrès de l’A424, la frustration de Fuji et la recherche d’une solution pour poursuivre le programme, le team principal d’Alpine Endurance Team affiche un objectif clair : rester en Hypercar.

Après une période d’incertitude autour d’une éventuelle reprise du programme, comment abordez-vous ces dernières courses du championnat  ?

« Nous ne considérons pas le sujet de cette façon là. Nous sommes concentrés à 100 % sur ce qu’il nous reste à faire à Monza, surtout après avoir montré un très beau niveau de performance sur les dernières courses. Cela nous donne envie de bien faire, et je demande aux ingénieurs, aux mécaniciens et aux pilotes de rester concentrés sur cet objectif. »

Avec le recul, quel a été le principal frein à la progression de l’Alpine Hypercar ?

« La dynamique et le rythme de progression correspondent à peu près à ceux des autres constructeurs, à l’exception peut-être de Ferrari. On ne peut pas arriver en gagnant immédiatement. BMW, Cadillac et Peugeot ont une année d’expérience supplémentaire. BMW réalise même sa meilleure saison cette année. Notre objectif était de mettre régulièrement nos deux voitures dans le top cinq, avec un niveau de performance similaire. L’année dernière, les écarts entre elles étaient encore trop importants. Nous avons travaillé sur ce point et nous avons atteint cet objectif. Nous sommes désormais capables de jouer régulièrement dans le top 5, viser un podium et même une victoire. Nous avons également réglé certains problèmes, notamment au niveau des freins. Nous continuons à apprendre chaque jour. »

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À Fuji, Alpine a longtemps occupé les deux premières places avant de perdre la victoire. Comment analysez-vous cette course ?

« Quand tu es deuxième et quatrième, que tu es déçu, c’est plutôt bon signe : cela signifie que tu peux faire mieux. Nous avons évidemment été frustrés, mais avec le recul, nous avons fait les bons choix. Je ne remets pas en cause notre stratégie. Toyota a pris énormément de risques et cela a payé. Nous étions en tête avec nos deux voitures et nous avions mis suffisamment de carburant pour aller au bout. Toyota a fait un choix différent, en comptant sur la pluie ou sur une voiture de sécurité prolongée. C’est finalement ce qui s’est passé. Bravo à eux, mais cela fait partie de la course. Nous avons inscrit 30 points, notre meilleur score depuis nos débuts en Hypercar. Quand tu mènes 80 % de la course sans gagner, tu ressens forcément un goût d’inachevé. Mais je considère que nous n’avons pas fait d’erreur. »

Les discussions avec Geely pour 2027 n’ont finalement pas abouti. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

« Nous avons mené les discussions ensemble avec Alpine et Signatech. Nous sommes allés assez loin, avec des échanges approfondis. Fin juillet, nous étions effectivement assez optimistes quant à la possibilité de concrétiser le projet dès 2027. Finalement, cela ne se fera pas. Ce n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est leur décision et nous ne la commentons pas. Nous avons d’autres pistes, initiées auparavant, mais elles sont moins avancées. Notre principal ennemi est le temps qui passe. Le calendrier est extrêmement serré. Malgré cela, nous mettons toutes nos forces dans la bataille pour être présents en 2027. »

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La priorité reste donc de poursuivre en Hypercar ?

« Notre priorité aujourd’hui est clairement de rester en Hypercar. C’est là-dessus que nous concentrons toute notre énergie. Les autres options restent sur la table, nous ne nous interdisons pas de les étudier, mais ce n’est pas le bon moment pour nous y consacrer. Nous devons tout mettre en œuvre pour continuer en Hypercar. »

Depuis l’annonce du 12 février, vos équipes ont continué à se mobiliser malgré les incertitudes. Comment expliquez-vous cet engagement ?

« L’équipe est remarquable. Humainement, on aurait pu imaginer qu’après cette annonce, certains soient dépités, se désengagent ou deviennent moins performants. C’est tout le contraire. L’engagement, la loyauté et la fidélité dont ils font preuve sont incroyables. Nous nous nourrissons mutuellement et nous nous aidons. Ils m’apportent beaucoup et me donnent la force de me battre pour préparer la suite. Je leur tire mon chapeau. Les deux dernières courses en Europe nous permettent aussi d’être davantage ensemble. C’est ce qui fait notre force et c’est l’une des clés pour gérer cette fin de saison, mais aussi préparer l’avenir. »

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