Après COTA, le championnat du monde d’endurance 2026 entre dans sa dernière ligne droite. Toyota conserve les commandes, mais BMW reste à portée de tir et Ferrari vient de relancer ses ambitions avec son succès aux USA. Avec Fuji, Barcelone et Monza au programme, les trois dernières manches pourraient complètement redistribuer les cartes.
Le Lone Star Le Mans aurait pu offrir à Toyota un avantage considérable dans la course au titre. Il a finalement produit l’effet inverse : celui d’un championnat encore plus ouvert. À Austin, la Toyota TR010 n°7 semblait se diriger vers une victoire importante lorsque son problème hydraulique est venu tout bouleverser à quelques minutes de l’arrivée. « C’est évidemment une fin très triste pour une journée formidable » avoue Nyck De Vries, alors au volant, en pleurs sur le muret des stands. « Nous avons vraiment tout donné et l’équipe a très bien travaillé. Nous avions une excellente voiture, un bon rythme et étions en position idéale à l’approche des dernières minutes. Malheureusement, c’est un sport où la technique joue un rôle essentiel et c’est ce qui nous a fait défaut aujourd’hui. » Ferrari, avec la n°50, n’a pas laissé passer l’occasion et a décroché sa première victoire de la saison.
Au championnat, Toyota reste devant avec 140 points, mais BMW n’est qu’à neuf longueurs. Ferrari suit avec 114 unités. Chez les pilotes, la situation est encore plus serrée. René Rast et Robin Frijns, avec la BMW n°20, ainsi que Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries (Toyota n°7), comptent chacun 75 points. La Toyota n°8 reste également dans le jeu.
Trois courses encore à disputer avec des scénarios différents
Direction le Japon pour débuter avec les 6 Heures de Fuji, du 25 au 27 septembre. Sur le papier, c’est probablement le rendez-vous où Toyota possède le plus d’arguments. Le constructeur évoluera à domicile, sur un circuit qu’il connaît parfaitement (car il lui appartient) et où il affiche un historique particulièrement solide. Mais le principal enseignement de COTA n’est pas seulement la panne de la n°7, c’est que Toyota avait aussi le rythme. La TR010 a été suffisamment performante pour jouer la victoire jusqu’à l’arrivée. C’est donc davantage la fiabilité et la gestion de course qui doivent désormais retenir l’attention. À Fuji, Toyota n’aura pas nécessairement besoin d’écraser la concurrence. Marquer de gros points avec ses deux voitures pourrait être plus important qu’aller chercher la victoire à tout prix. Avec neuf points d’avance sur BMW, le constructeur japonais dispose d’une petite marge. Cependant, une nouvelle course sans résultat important pourrait immédiatement remettre le championnat à zéro.
BMW est probablement aujourd’hui le principal danger pour Toyota. La marque allemande a déjà remporté deux courses cette saison et s’est montrée particulièrement efficace pour transformer les opportunités en gros points. La victoire de São Paulo avait notamment permis à BMW de revenir très près de Toyota au championnat. Austin a été beaucoup plus compliqué, mais cela ne change pas fondamentalement la situation. BMW peut se permettre de rester au contact et si Toyota connaît une nouvelle course difficile à Fuji, la pression changera immédiatement de camp.
Ferrari peut-elle encore jouer le titre ? La question mérite d’être posée. Avec 26 unités de retard sur Toyota, ce n’est pas une situation idéale, mais pas rédhibitoire avec encore trois courses au programme. La victoire de la n°50 à COTA arrive surtout au meilleur des moments. Après un début de saison en retrait, Ferrari vient de rappeler que la 499P pouvait encore gagner et dans un championnat aussi serré, Ferrari n’a pas besoin de devenir dominante pour peser sur le résultat final. Une victoire à Fuji, combinée à un mauvais résultat de Toyota ou de BMW, pourrait immédiatement resserrer le classement. Ferrari est donc davantage en position d’arbitre, mais peut devenir un véritable candidat au titre Constructeurs.
Après Fuji, direction l’Espagne et l’Italie.
Le WEC disputera pour la première fois une course à Barcelone du 16 au 18 octobre. Le Circuit de Barcelona-Catalunya présente un profil très complet : longues portions rapides, freinages importants, virages lents et exigences importantes sur les pneumatiques. La capacité à trouver le bon compromis entre appui aérodynamique, vitesse de pointe et gestion des pneus pourrait donc devenir déterminante. La course sur le circuit de Catalunya est probablement la plus difficile à pronostiquer et son positionnement dans le calendrier la rend encore plus importante. Après Fuji, les équipes n’auront que quelques semaines pour analyser les données japonaises et préparer cette nouvelle manche. Si le championnat est toujours aussi serré, Barcelone pourrait devenir le véritable tournant de la saison.
Puis viendra Monza, du 6 au 8 novembre. Le Temple de la vitesse proposera un autre exercice aux Hypercars. Les longues lignes droites et les gros freinages imposeront un compromis aérodynamique particulièrement délicat. Mais à ce moment de la saison, la performance pure ne sera peut-être plus le principal sujet. Si Toyota et BMW arrivent à Monza séparés par quelques points, chaque détail pourrait compter. Ferrari devrait être en mesure de jouer les trouble-fêtes à domicile.
À trois courses de la fin, Toyota conserve logiquement le statut de favori. Le constructeur japonais possède une petite avance au championnat et dispose d’un rendez-vous à domicile. Mais ce matelas est loin d’être suffisant pour envisager une fin de saison tranquille car BMW et Ferrari restent à l’affût. De plus, la course de COTA a démontré que tout peut basculer en quelques minutes. La vitesse sera importante, mais la fiabilité et la capacité à marquer des points le seront encore davantage.

