Michele Rinaldi, le fondateur de l’écurie Rinaldi Racing, vit une saison 2026 haute en couleur. Son écurie est en tête du championnat LMP3 de l’European Le Mans Series et arrive en seconde position du championnat Pro-AM de la Michelin Le Mans Cup. En parallèle, elle mène aussi le championnat GT 2026 en Italie et affiche une victoire en catégorie Silver Cup aux 24 Heures de Spa 2026. La rédaction d’Endurance Live a rencontré l’Allemand pour faire un point sur l’activité de son écurie et évoquer ses ambitions à court, moyen et long terme.
Michele, votre écurie réussit sur de nombreux fronts cette saison. A quoi attribuez-vous cela ?
« J’ai créé cette équipe en 2009 et implanté nos quartiers proches du circuit du Nurburgring. On y trouve 12 employés permanents auxquels se greffent des ingénieurs et du personnel freelance lors des courses. Je suis le propriétaire et, pour ainsi dire, « je fais tout », jusqu’à conduire le camion atelier pour venir jusqu’ici. C’est assez différent de ce que je vois ailleurs dans le sport automobile aujourd’hui. »
Pouvez-vous préciser votre pensée ?
« J’ai le sentiment que ce sport a beaucoup changé. Il y a de grosses équipes avec beaucoup d’argent. Elles achètent les compétences, les voitures, peuvent acheter beaucoup de choses. Mais ce n’est pas comme ça que nous fonctionnons. Je n’ai jamais travaillé avec de gros budgets. Je dois fonctionner autrement. Je suis mécanicien. Je sais réparer les voitures et je n’ai pas besoin qu’un fabricant me dise : « Tu dois changer le roulement après 5 000 kilomètres, tu dois remplacer cette pièce après 2 000 », etc. Je décide de ce qui est bon ou mauvais pour ma voiture ou mon écurie. C’est très important, et c’est quelque chose qui n’est plus vraiment habituel dans le monde de la course aujourd’hui. Par ailleurs, nous veillons à conserver nos clients sur le long terme. Je fais de sorte à les garder dix, parfois onze ans. C’est assez inhabituel. Ensuite, je fais de même vis-à-vis de mes mécaniciens. J’essaie de créer une véritable proximité avec eux et d’inscrire tout cet ensemble dans la durée. »
Quelles sont vos ambitions pour le restant de la saison 2026 ?
« Si l’on scrute la liste des engagés dans la catégorie LMP3 de l’ELMS, il y a dix voitures dont huit sont en mesure de remporter le championnat. Pour l’instant, nous avons la chance d’être en tête et avons évité de commettre des erreurs. En définitive, ce classement ne veut pas dire grand-chose… Tout le monde est à peu près au même niveau. Ainsi, l’équipe et le pilote peuvent encore faire la différence. C’est un très, très beau championnat cette année. »
Envisagez-vous de participer à la Winter Le Mans Series en fin d’année ?
« Je devais faire l’Asian Le Mans Series avec Ferrari, en GT3. Mais lorsqu’ils ont annoncé que tout se ferait en Europe, mes clients m’ont dit : « Le calendrier n’est pas celui auquel on s’attendait ». Pour autant, j’ai vraiment envie de participer à cette (nouvelle) Asian Le Mans Cup. C’est une bonne préparation pour la saison et une opportunité de faire venir de nouveaux équipages. »
Songez-vous à franchir le pas et à aller courir en LMP2 ?
« Je veux essayer cette catégorie depuis longtemps. Le problème est que vous devez acheter une voiture sans avoir la certitude d’être retenu par les organisateurs pour la saison à venir. Cela aurait été différent avec une GT3. Avec une GT, vous pouvez faire le GT Open, le GT World Challenge, le GT Masters en Allemagne…vous avez beaucoup d’options.
Mais dans le fond, pourquoi pas, si je peux trouver un client désirant aller dans cette direction. Sinon, je ne prendrai pas ce risque. En attendant, je continue à exploiter trois anciennes LMP2 – des Ligier JSP2 – dans le cadre de la série Legends of Le Mans.

