Pour sa première saison complète en ELMS avec DKR Engineering, Romain Favre poursuit son apprentissage en LMP3. Après une pole position décrochée au Paul Ricard, le pilote français revient pour Endurance Live sur cette première moitié de championnat, les spécificités de l’European Le Mans Series et affiche clairement ses ambitions : le LMP2 et les 24 Heures du Mans dès 2027 ou 2028.
Vous disputez cette année votre première saison complète en ELMS avec DKR Engineering. Quel bilan tirez-vous de cette première moitié de championnat, aussi bien sur le plan sportif que personnel ?
« Le bilan à mi-saison est quand même assez positif, avec notamment une pole position dès ma première qualification en ELMS au Paul Ricard. Ça a vraiment été une bonne surprise et un bel accomplissement. C’était ma première pole position en endurance à ce niveau, c’était forcément quelque chose de positif sur le plan personnel. Sportivement, je pense aussi que cette première partie de saison a été construite correctement. On manque un petit peu de performance sur certains circuits, notamment à Imola récemment, mais DKR est assez forte et travaille bien. Donc, honnêtement, je leur fais confiance sur ce point là. »
Vous avez découvert en ELMS un niveau de compétition différent de celui de la Michelin Le Mans Cup. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué, notamment en termes de trafic, de stratégie ou de gestion de course ?
« La plus grosse différence entre l’ELMS et la Michelin Le Mans Cup, ce sont deux points majeurs : le trafic et la stratégie. En Michelin Le Mans Cup, on a uniquement quelques GT3 à doubler. Là, on a aussi des LMP2 et des GT3. C’est assez technique à gérer, avec des LMP2 qui nous doublent beaucoup plus rapidement et des GT3 qui sont quand même relativement plus lentes à doubler. C’est vraiment une vraie gestion à faire. Et moi, c’est quelque chose qui me plaît beaucoup. Concernant la stratégie, je n’ai pas grand-chose à y faire, ce sont surtout les ingénieurs, mais ça me plaît beaucoup, cette partie de la course où ce n’est pas simplement : on roule et puis on voit. Il y a vraiment de la stratégie. Combien de temps on fait rouler notre pilote Bronze ? Est-ce qu’on doit faire un splash d’essence à la fin ? Est-ce qu’on change les pneus ? Est-ce qu’on ne change qu’un côté ? C’est vraiment quelque chose que je trouve assez chouette, donc je m’épanouis dans ce nouveau championnat. »
Vous partagez la Ligier n°4 avec Antti Rammo et Wyatt Brichacek. Comment s’est construite la cohésion de cet équipage au fil des courses, et quels sont selon vous ses principaux atouts ?
« Nous sommes issus de cultures assez différentes. Je suis Français, Wyatt (Brichacek) Américain et Antti (Rammo) Estonien. Ce sont donc vraiment des tempéraments très différents, notamment de par nos cultures. Mais l’entente est très bonne entre nous et c’est vraiment l’un de nos points forts. On a cette capacité à nous tirer vers le haut et à aider l’un des trois pilotes lorsqu’il rencontre un peu plus de difficultés. Notre principal atout est cette cohésion d’équipe, cette capacité à nous remettre en question et à aider les deux autres dans les moments nécessaires. »
DKR Engineering possède une solide réputation en LMP3. En quoi cette structure vous aide-t-elle à progresser dans votre apprentissage de l’endurance et à franchir un nouveau cap dans votre carrière ?
« DKR est une grosse équipe en endurance et, de manière générale, depuis plusieurs années. C’est une structure qui m’aide à progresser dans mon apprentissage de l’endurance, à franchir un nouveau cap et à me préparer au LMP2 au plus tôt. Ils le font très bien et je leur en suis très reconnaissant. On a encore trois courses, on est seulement à mi-saison, donc on va pouvoir encore faire de belles choses sur cette fin de saison. »
À moyen terme, quelles sont vos ambitions ?
« Clairement de finir correctement cette saison 2026 et, en 2027 ou 2028 au plus tard, de passer en LMP2, notamment avec l’arrivée de la nouvelle LMP2, et de participer aux 24 Heures du Mans d’ici 2027 ou 2028. »
Le FIA WEC et les 24 Heures du Mans représentent-ils déjà un objectif clairement identifié, ou préférez-vous avancer étape par étape ?
« Le WEC, honnêtement, c’est plutôt à long terme. Les 24 Heures du Mans, un peu moins, car on sait qu’il y a les LMP2 et je vise cette course. Ce sont clairement des objectifs identifiés, surtout Le Mans. Autant le WEC est un championnat où il y a des Hypercars et des GT3, autant il n’y a pas que ce championnat où l’on peut devenir professionnel. Il y a aussi l’ELMS et le GT World Challenge en GT3. C’est une des pistes, ce n’est pas la seule. Et les 24 Heures du Mans, je les mettrais quand même un petit peu plus haut sur cette liste. J’ai envie d’y participer dans les deux ans qui suivent. À la fois, je reste assez lucide : c’est un sport compliqué, où il faut savoir saisir les opportunités et où la vitesse ne fait pas tout chez un pilote. Je me concentre sur cette saison 2026 avec le LMP3, mais c’est sûr que ça reste dans un petit coin de ma tête et j’ai toujours ça en ligne de mire quand je pense à mes objectifs futurs. »

