Suite de notre entretien avec le quintuple vainqueur des 24 Heures du Mans en GT. Dans cette 2e partie, il donne son regard sur l’évolution du GT et parle de ses activités actuelles…
Témoin de l’évolution des catégories GT, Oliver Gavin estime que la LMGT3 répond parfaitement aux besoins actuels des 24 Heures du Mans. « Je pense que la catégorie LMGT3 représente aujourd’hui la bonne formule pour faire vivre le Pro-Am au Mans qui a toujours constitué l’une des bases de cette course. Les constructeurs sont présents, la catégorie Hypercar connaît actuellement un niveau exceptionnel, probablement le plus élevé de son histoire. Mais nous savons tous que ce type de cycle ne dure pas éternellement. Le véritable socle des 24 Heures du Mans reste le Pro-Am. » Il souligne également la montée en puissance du niveau des pilotes amateurs. « Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est le professionnalisme des pilotes amateurs. Ce n’est pas leur métier, mais ils travaillent comme des professionnels. Prenez Ben Keating ces dernières années, ou encore MacIntosh chez BMW WRT. Quand on observe leur manière de travailler, on comprend qu’ils ne laissent absolument rien au hasard. Ils veulent atteindre le niveau d’un pilote professionnel, suivent les mêmes programmes de préparation physique, les mêmes séances de simulateur, les mêmes essais, cherchent à comprendre chaque détail, chaque réglage, chaque pneumatique. Il suffit de voir comment Ben a construit son équipage cette année avec l’arrivée de Johnny Edgar. C’est un élément très important pour Le Mans aujourd’hui. Ben est concessionnaire automobile dans la vie de tous les jours, mais lorsqu’il arrive ici, il évolue à un niveau incroyable. Et c’est toujours le premier à s’autocritiquer en se demandant comment progresser. Il ne descend pas de voiture pour aller boire une bière. Il est totalement concentré sur son objectif. »
Aujourd’hui éloigné du volant, Oliver Gavin reste très impliqué dans l’univers de General Motors. Pendant les 24 Heures du Mans, il partageait son temps entre Cadillac et Corvette. « Ce week-end au Mans, je travaille à la fois avec Cadillac et Corvette. Nous accueillons des invités, des représentants des médias et des influenceurs. Notre mission consiste à leur faire découvrir les coulisses de la course, à leur expliquer tout ce qui se passe à partir de l’Hyperpole jusqu’au départ de l’épreuve. Nous essayons de leur offrir une véritable immersion pour leur faire comprendre ce qu’il faut mettre en œuvre pour réussir aux 24 Heures du Mans, que ce soit avec Cadillac ou Corvette. »
Son objectif est aussi de transmettre la magie de l’épreuve à un nouveau public. « Nous savons évidemment que ces influenceurs ne possèdent pas un certain niveau de connaissance de l’endurance. Notre objectif est de toucher un public plus large, composé de passionnés de sport automobile, afin de leur expliquer pourquoi cette course est si particulière, ce qui la rend unique et pourquoi elle suscite autant de passion. Il faut leur expliquer pourquoi des spectateurs viennent-ils chaque année d’Allemagne, des États-Unis, du Royaume-Uni ou encore d’Australie pour assister aux 24 Heures du Mans ? Lorsque les voitures sont installées sur la grille, que vous êtes dans les tribunes, que retentit La Marseillaise, vous ressentez quelque chose d’unique. Puis les hélicoptères passent au-dessus du circuit, le drapeau s’abaisse et la course s’élance… C’est un moment d’une intensité incroyable, les frissons parcourent tout le corps. C’est cela que les gens recherchent dans un événement sportif : de l’émotion, de la passion et une histoire profondément humaine. Certes, il y a les voitures, mais ce sont avant tout les femmes et les hommes qui donnent vie à cette course. Les spectateurs veulent voir des pilotes repousser les limites pour aller chercher la victoire, soutenus par toute une équipe qui travaille sans relâche. »
En dehors de la semaine mancelle, Oliver Gavin poursuit une carrière tournée vers la transmission de son expérience. « Je m’occupe aujourd’hui de la gestion de carrière de sept pilotes. Certains sont Bronze, d’autres Silver, d’autres professionnels. Chacun a des besoins différents et demande une approche spécifique. Je partage cette activité avec Matt Bell, qui disputait cette année les 24 Heures du Mans avec 13 Autosport (abandon problème électronique suite à un accrochage). Il s’occupe principalement des pilotes Bronze, tandis que je travaille davantage avec les pilotes professionnels. Parallèlement à cette activité de management, je poursuis également plusieurs missions avec Corvette. Je reste notamment ambassadeur de la marque Corvette au Royaume-Uni. » Il commente aussi certaines manches, comme la saison Asian Le Mans Series sur le Youtube officiel du championnat, avec notre confrère Graham Goodwin

