Philippe Sinault : quel avenir après Alpine ?

Suite de notre entretien exclusif avec Philippe Sinault, le Team Principal d’Alpine Endurance Team. Après avoir raconté son histoire avec Alpine, le Français envisage l’avenir de son équipe.

Êtes-vous fier d’avoir participé au retour d’Alpine au Mans ?

« Oui, clairement. Quand on est passionné de sport automobile, quand on a cette marque qui se présente à nous, il faut saisir cette occasion, ne pas la louper. J’ai une vraie fierté d’avoir conçu ça avec mon équipe, encore une fois avec Carlos Tavares, mais après avec Bernard Ollivier et l’équipe naissante d’Alpine qui s’est construite un peu autour de notre projet. Nous avons même assisté à la naissance de l’A110. Nous étions autour de la table dès les premiers dessins du projet. C’était passionnant. »

S’il ne fallait retenir qu’une seule victoire ?

« Les 24 Heures du Mans 2016, sans hésiter. C’était notre première victoire en Sarthe, avec Nicolas Lapierre, et elle est arrivée le jour exact de mes 50 ans. Je ne pouvais pas imaginer un plus beau cadeau d’anniversaire. »

Avec la fin du programme Alpine en fin d’année 2026, quel regard portez-vous sur cette aventure ?

« Nous avons eu une chance incroyable. Ça nous a donné l’occasion de montrer ce qu’on était capables de faire en tant qu’équipe. Je suis très très fier de l’équipe que l’on a créée et du parcours que l’on a fait. Ça nous a permis de grandir avec cette renaissance de la marque Alpine, d’assouvir nos rêves les plus fous comme des victoires ici, aux 24 Heures du Mans, des titres, des émotions incroyables. Je ne peux que dire que ce voyage en bleu était fantastique et je remercie vraiment les gens d’Alpine de nous avoir fait confiance. »

Le Mans 2016 © MPS AGENCY
Le Mans 2016 © MPS AGENCY

À quoi pourrait ressembler la suite pour Signatech ?

« On a tous envie de repartir, de continuer. La suite est de dire que si on doit repartir, je repars avec l’équipe à l’identique parce que les hommes que l’on a réunis autour de ce projet sont juste talentueux, performants et fantastiques. Tous les matins, je me lève en disant : « Oui, il faut absolument qu’on trouve un moyen de continuer », tant l’équipe est belle ! »

Est-ce que repartir, c’est avec la même voiture ? Sous un autre nom ? Une auto différente ?

« Si on veut redémarrer rapidement, on repart avec cette voiture en Hypercar et avec cette motorisation. On essaie de séduire et de répondre aux sollicitations de certains contacts, constructeurs, investisseurs,… Il n’y a rien de clair et de défini au moment où je parle. Le contexte international est quand même un peu compliqué. Beaucoup de constructeurs sont déjà impliqués, que ce soit en endurance ou dans les championnats majeurs comme la F1 ou le Rallye. Forcément, ça réduit le spectre, mais on y travaille tous. Quand je dis qu’on y travaille tous, c’est également main dans la main avec les équipes de Viry parce que notre avenir est commun. »

© MPS AGENCY

Les rumeurs évoquant des constructeurs chinois sont-elles fondées ?

« Certains nous ont contactés. On discute avec eux, mais il y a des raccourcis qu’il ne faut pas prendre, ne pas tirer de conclusions hâtives. Ce n’est pas parce que certains étaient présents dans le village (comme BYD), dans le paddock ou sur l’exposition… Encore une fois, le WEC et les 24 Heures du Mans seraient parfaits pour eux donc on essaie de converger ensemble. Mais c’est trop tôt pour dire quoi que ce soit. »

Peut-on être certain de vous revoir au Mans en 2027 ? Peut-être pas en Hypercar, mais une nouvelle aventure en LMP2 ou en GT pourrait aussi t’intéresser ?

«Oui ! On aime le sport avant tout, et cette discipline de l’Endurance particulièrement. On a toujours regardé ce qui se passe en LMP2 et en GT. Maintenant, la situation est que j’ai une équipe prête à continuer de relever des challenges en Hypercar. Donc notre objectif est de continuer en catégorie reine et on fera tout. On a encore envie de vivre de belles émotions ici. Donc tous, autant qu’on est, on fera tout pour être présents l’année prochaine aux 24 Heures du Mans. »

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Merci à Guillaume Renard ! 

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