Genesis Magma Racing n’a pas quitté Interlagos avec les points espérés. En revanche, l’écurie coréenne repart du Brésil avec un enseignement majeur : pour la première fois depuis son arrivée en FIA WEC, ses deux GMR-001 Hypercar ont bouclé une course sans le moindre problème technique. Une étape importante dans la construction du projet, même si les erreurs en piste et plusieurs pénalités ont rapidement compromis toute ambition de résultat.
Après des essais libres et des qualifications prometteurs, notamment grâce à une septième place sur la grille de la n°19, Genesis pouvait raisonnablement viser une arrivée dans le top 10. Mais sur un tracé d’Interlagos où le trafic est particulièrement dense, le début de course s’est révélé déterminant.
Les deux Hypercars ont perdu un temps précieux dès les premiers relais. La n°19 a notamment écopé d’un drive-through, tandis que la n°17 a également été sanctionnée. Malgré une stratégie décalée permettant aux deux voitures de prendre temporairement les commandes de la course lors du premier cycle des ravitaillements, l’absence de neutralisations majeures n’a jamais permis de transformer ce pari stratégique en véritable avantage. Au terme des six heures de course, la n°19 termine 13e tandis que la n°17 franchit l’arrivée à la 15e place, loin des points.
Si le classement déçoit, le bilan technique est beaucoup plus encourageant. Après plusieurs courses marquées par des soucis mécaniques, les deux GMR-001 ont parcouru l’intégralité de l’épreuve sans incident majeur.
Pour Cyril Abiteboul, directeur de Genesis Magma Racing, il s’agit même du principal motif de satisfaction du week-end. Les enseignements tirés des 24 Heures du Mans ont permis de corriger plusieurs faiblesses identifiées auparavant : « Le plus grand point positif est clairement notre niveau de fiabilité. Faire terminer les deux voitures sans le moindre problème technique était notre principal objectif après toutes les données accumulées au Mans. Désormais, cette fiabilité met aussi en lumière nos limites actuelles en termes de performance, mais nous avons collecté de précieuses informations pour continuer à progresser. »
Même constat du côté de Gabriele Tarquini. Le directeur sportif reconnaît que plusieurs petites erreurs commises par les pilotes et l’équipe ont coûté cher : « Le châssis, le moteur et tous les systèmes ont parfaitement fonctionné. C’est la première fois que nous ne rencontrons aucun problème de fiabilité.»
L’autre enseignement positif concerne le rythme affiché en qualifications. Mathieu Jaminet avait signé le meilleur temps de la deuxième séance d’essais libres avant de qualifier la n°19 en quatrième ligne.
En revanche, la course a mis en évidence des limites sur les longs relais. Plusieurs pilotes ont évoqué une dégradation des performances avec les pneumatiques et un manque de constance dans le rythme, particulièrement sur un circuit aussi atypique qu’Interlagos, où Genesis ne disposait d’aucune donnée préalable. Le constructeur profite désormais de la pause estivale pour poursuivre le développement de sa Hypercar avant la reprise du championnat au Lone Star Le Mans, à Austin.
Les pilotes restent convaincus que le potentiel de la GMR-001 est réel. André Lotterer estime que la voiture possédait le rythme nécessaire pour jouer plus haut : « Nous avons montré que la voiture possède du potentiel. Maintenant, nous devons apprendre de nos erreurs et revenir plus forts à Austin. » De son côté, Pipo Derani retient surtout l’expérience acquise devant son public brésilien et la progression constante de l’équipe. Mathieu Jaminet rappelle enfin qu’il ne s’agissait que de la quatrième course du programme Genesis en WEC et que chaque week-end permet d’enrichir une base de données encore limitée.

