Que retenir de ce Le Mans Classic Legend 2026 ?

Le passage de Le Mans Classic à un rendez-vous annuel a été annoncé lors de la conférence de presse des 24 Heures du Mans 2025 : d’un côté, l’Héritage (1923 / 1975), de l’autre le Legend (1970 / 2010). Ce changement et ce système annuel était demandé et attendu pour plusieurs raisons. Déjà, cela répondait à une forte demande du public et des propriétaires de voitures historiques, les voitures plus récentes étant devenues tellement nombreuses dans les courses support qu’elles méritaient leur propre événement. Il y avait un autre objectif : attirer une nouvelle génération de passionnés sans abandonner les voitures plus anciennes, qui reviendront avec Heritage les années impaires. Après ce joli week-end historique, penchons sur ce qui a été positif et ce qui l’a moins été ! 

Les points positifs

  • Chaque période a désormais son plateau, on est reparti du n°6 pour aller au n°10 (Groupe C, GT1, LMP1 et GTE). Les GT3 avaient leur propre plateau également, le GT3 Revival.
  • Un des gros points positifs a été, non pas ces plateaux, mais celui en course support : la célébration des 50 ans de la NASCAR. Ce fut un gros temps fort : voitures rares en Europe, du bruit, des formes atypiques, un paddock gratuit tout aux couleurs des USA et hyper convivial.
  • Les deux expos au milieu du paddock étaient aussi superbes : l’hommage à Gordon Murray et les superbes Porsche 917 qui ont même paradé.
  • Entre les cinq plateaux, les quatre courses support et les animations, peu de temps de s’ennuyer, toujours quelque chose en piste. Cela a roulé de jour comme de nuit, avec un programme dense.
  • Une première édition réussie en termes de fréquentation : près de 160 000 spectateurs étaient présents, un chiffre solide pour un tout nouvel événement.
  • Le retour de certains sons que l’on aime : les V8, V10, V12, les moteurs Judd, les V8 américains, etc… Cerise sur le gâteau, les spectateurs ont adoré revoir la Mazda 787B lauréate des 24 Heures du Mans 1991 avec trois ou quatre tours à chaque sortie aux mains de Yojiro Terada.
  • L’ambiance générale reste fidèle à l’esprit de Le Mans Classic : paddocks, clubs, pré-grille, concert, expositions, nombreuses animations et même une fan zone improvisée pour le match France / Paraguay entre deux concerts.
  • Le nouveau format a atteint son objectif : une partie du public, notamment les passionnés ayant grandi avec les voitures des années 1980 à 2000, était un peu plus jeune.
Gordon Murray Parade © MPS Agency

Les points négatifs

  • Plusieurs visiteurs ont estimé que le côté « festival de voitures historiques » laisse davantage de place à une ambiance proche des événements modernes, avec des GT récentes et des Supercars. L’absence des voitures les plus anciennes a été notée, plusieurs personnes regrettant que les modèles d’avant 1976 ne soient plus présents cette année. Moins de nostalgie donc, mais c’est le nouveau format qui voulait cela.
  • Si on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein, la première édition de Le Mans Classic Legend, avec son nouveau format, a attiré près de 80 000 de moins qu’en 2025. Le week-end, cela allait encore, mais le vendredi le « vide » de certaines allées et autres tribunes (en plus payantes) était criant.
  • Les prix, notamment ceux de la restauration et des boissons, ont été jugés élevés par plusieurs spectateurs. Mais on pourrait dire la même chose des 24 Heures du Mans.
  • Le point le plus alarmant, selon nous, a été le faible nombre de voitures sur certains plateaux en particulier celui du Groupe C où on comptait 16 autos. Pas de Jaguar XJR, pas de Mazda, pas de Toyota, pas de Sauber Mercedes. Beaucoup de C2 et des Porche 962. Dans le plateau 8, on comptait 22 autos, idem pour la n°10. Certaines voitures n’ont pas roulé comme la Nissan R390 GT1 et on pourrait en citer d’autres. Et quand on sait la fragilité de ces autos…Alors pourquoi ? Des autos restées en Angleterre ? Un Goodwood la semaine prochaine ? Des frais d’inscription en hausse ? Beaucoup de raisons différentes !
  • Pour finir, difficile de voir les pilotes et parler avec eux, la chaleur n’arrangeant rien. Il manque plusieurs grands noms des 24 Heures du Mans comme on a pu voir par la passé. 
© MPS Agency

Bilan :

C’est une édition de transition, il ne faut pas l’oublier. Le nouveau format annuel (alternance entre Legend et Heritage) était nécessaire, mais va demander un temps d’adaptation aux visiteurs habitués à l’ancien Le Mans Classic. 160 000 personnes se sont quand même déplacées, un chiffre néanmoins intéressant. Comme dans toute nouveauté, il faut laisser le temps au temps et on verra déjà en 2027 comment va se dérouler la version « Heritage ». Ensuite, il faudra réussir un nouveau « Legend » en gommant les petits couacs de cette année comme le faible nombre d’autos dans certains plateaux car il ne faut pas oublier le public ! Ce Legend est considéré comme un bon événement, différent du Le Mans Classic traditionnel, mais il faut aller de l’avant…

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