François Hériau (Ferrari) : « Vu mon CV, l’ouverture de l’Hypercar aux pilotes Bronze m’intéresse »

Présent à Le Mans Classic Legend sur une LMP2 de 2008, le pilote de la Ferrari Vista AF Corse n°21 en a profité pour dresser son bilan des 24 Heures du Mans, donner ses impressions sur la manche de Sao Paulo. Le Français se confie également sur son futur en endurance.

Comment se sont passées vos 24 Heures du Mans ?

« On a fait une course que l’on peut qualifier de parfaite : pas de pénalité, ni tête-à-queue, pas une erreur. On a fait de super arrêts aux stands. C’est difficile de faire mieux. En performance, il nous en a manqué un peu, notamment en ligne droite. En vitesse de pointe, on était un peu juste et c’était un peu dur de se battre avec ce handicap. On a peut-être trop axé notre exploitation de la voiture sur les températures chaudes. On a eu un petit déficit de performance la nuit, on avait du mal à garder les pneus dans la fenêtre d’utilisation. Mais, en exploitation pure, on a fait zéro erreur. »

Est-ce que vous avez ressenti rapidement que Corvette, Lexus et Aston Martin étaient au-dessus du lot ou vous l’avez découvert en course ?

« On a quand même vu rapidement que les Corvette allaient être performantes. Depuis le début du championnat, on a cette impression que l’on a du mal en ligne droite pour dépasser. La performance sur un tour, elle est bien. D’autres n’ont pas ces difficultés. Mais on a vu que ça allait être un match avec ces marques là. Porsche aussi était très bien en termes de performance. »

Il reste encore cinq manches, l’objectif d’aller chercher le titre est-il toujours en tête ?

« On va pousser jusqu’à la fin. On est deuxièmes. On est tout le temps dans le coup et c’est la troisième année qu’on le prouve. Chaque point est important, l’an dernier on termine à 14 unités du champion (la Porsche n°92). On a l’impression qu’il y a plus de voitures dans le match cette saison. Sur cette fin de saison, on va se focaliser sur le titre. »

© MPS Agency

On arrive au Brésil. L’an dernier, la course ne vous a pas trop réussi. Est-ce que vous pensez que vous serez plus à l’aise ce week-end ?

« Il y a un élément qui ne nous avait pas favorisés l’an dernier, c’étaient les pneus durs. Là, on retrouve les médiums. Il y a deux ans, on avait fait une bonne course. J’étais parti 8e et remonté 3e. Avec les pneus médiums, on est confiants, on devrait avoir une course moins difficile qu’en 2025. »

Est-ce que vous vous concentrez uniquement sur le WEC ou vous allez faire d’autres activités sportives à côté ?

« Je vais être très concentré sur le WEC. Le week-end dernier, j’étais à Le Mans Classic, ça fait du bien de rouler dans une LMP2 de 2008 la tête dehors. Sportivement, le WEC reste l’objectif. Peut-être que je ferai l’Asian Le Mans Series ou autre chose selon les opportunités. »

Où en êtes-vous de votre projet ALMS ?

« Vu mon CV de pilote avec du GT et du proto, le fait que la catégorie Hypercar s’ouvre aux pilotes Bronze est quelque chose qui m’intéresse. Je peux avoir des discussions. Ça pourrait être sympa, une fois dans ma vie, de rouler dans une Hypercar et, avec un Bronze obligatoire dans l’optique d’être performant, de jouer quelque chose sportivement. »

Avez-vous ciblé des marques ?

« Il n’y a rien de fait encore. Il n’y a rien de figé. Cela ne sera certainement pas chez Ferrari, c’est à peu prés sûr ! »

Avez-vous des pistes pour la saison prochaine en WEC ?

« Ce sont plus que des idées parce que plus ça va, plus les championnats se décident tôt. On est début juillet, les discussions sont déjà avancées. Il y a plein de choses possibles. J’ai deux objectifs personnels : gagner Le Mans et le WEC. Dans tout projet que je regarde, il faut qu’il y ait ces deux possibilités. En tout cas, je ne m’éparpille pas dans les possibilités. Je regarde des programmes qui sont solides et régulièrement aux avant-postes. Celui dans lequel j’évolue avec Ferrari me convient très bien. »

Propos recueillis par David Bristol

© DPPI / FIA WEC

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