Clément Mateu : « Les 24 Heures du Mans est un événement à part entière »

Chroniqueur d’Endurance Live cette saison, Clément Mateu s’apprête à découvrir les 24 Heures du Mans en LMGT3 avec Racing Spirit of Léman. Engagé en ELMS, le pilote Bronze français revient sur la préparation d’un rendez-vous à part, entre gestion de la pression, trafic et émotions mancelles.

Clément, aujourd’hui, quel est l’impact du sport automobile sur votre activité professionnelle ?

« Aujourd’hui, l’impact est multiple. D’un côté, c’est une opportunité et une vraie chance, puisqu’on peut générer des opérations de communication et de marketing à travers nos différentes marques liées à l’automobile au sens large. Je suis fier d’en être un ambassadeur et on essaie d’activer ce qu’il faut pour faire connaître notre marque, aussi bien auprès du B2C que du B2B. Cela permet aussi d’animer notre réseau commercial, nos partenaires et de rencontrer beaucoup de monde sur les circuits, notamment à travers les championnats dans lesquels j’ai roulé, et plus particulièrement l’ELMS ces deux dernières années.

C’est le côté bénéfique. Après, il y a aussi des contraintes, parce qu’il faut réussir à tout aligner et à tout gérer. Même si cela reste un hobby, c’est quasiment un travail à part entière. Il y a toute une préparation financière, budgétaire, physique, familiale et professionnelle. Ce sont des concessions qu’il faut accepter pour vivre sa passion. Mais quand c’est géré en famille, tout devient plus simple. Même si, avec l’arrivée des 24 Heures du Mans, il y a aussi l’arrivée du bébé qui approche. C’est une pression supplémentaire, mais une bonne pression. C’est une étape importante qu’il faut aussi structurer. »

© MPS Agency

Au Mans, comment apprenez-vous à gérer la fatigue au fil des relais ?

« Ce sera ma première participation au Mans. Je vais découvrir beaucoup de choses, même si j’ai déjà disputé deux ou trois fois les 24 Heures de Spa. C’est pour cela qu’on est bien accompagnés toute la semaine. J’ai reçu beaucoup de conseils de pilotes avec qui je suis proche, y compris de grands noms de l’endurance, qui m’ont expliqué qu’il fallait se préserver à chaque instant, savoir se reposer et ne pas se laisser envahir uniquement par l’émotion et l’excitation. C’est quelque chose qu’on garde dans un coin de la tête, même s’il faut aussi profiter du moment. On a un physio qui nous accompagne toute la semaine pour nous aider sur la récupération et sur toute la gestion du corps. Le recovery, comme disent les Anglo-Saxons, sera un point essentiel. »

À quel point le trafic des Hypercars et LMP2 complique-t-il aujourd’hui votre course en GT ?

« Le trafic sera aussi une des clés de la course. Dans nos championnats, on y est déjà habitués. J’ai roulé en WEC et en ELMS, donc je sais globalement à quoi m’attendre. Mais Le Mans reste un événement à part. Il faudra être prêt. »

Qu’est-ce qui change le plus pour vous lorsqu’arrive la nuit au Mans ?

« Je me rendrai disponible pour l’équipe, même si je ne sais pas encore si je roulerai de nuit. Cela dépendra de beaucoup de paramètres. Il y aura les qualifications et les essais pour appréhender cela. Pour le peu d’expérience que j’ai de nuit, notamment aux 24 Heures de Spa, c’est vrai que tout est différent. Il faut être particulièrement aiguisé pour être aussi performant que de jour. Avec notre rythme, je pense que les pilotes pros, Valentin (Hasse Clot) et Marius (Fossard), assureront probablement une grande partie du travail de nuit. Mais si l’équipe a besoin de moi, il n’y aura aucun problème. »

© MPS Agency

Comment apprenez-vous à gérer vos émotions sur une course aussi intense que Le Mans ?

« Les émotions du Mans, je les ai un peu connues à Monaco. C’est là que j’ai découvert le sport automobile avec mon père. Commencer en Porsche Supercup à Monaco est déjà quelque chose de très fort émotionnellement. Le Mans sera un peu dans cette continuité, même si le fait d’avoir la Journée Test et une semaine complète permet d’évacuer progressivement l’adrénaline. C’est plutôt positif. Cela va être très intense, mais on veut profiter de chaque instant de la manière la plus intelligente possible, tout en restant performants sportivement. »

Sur le plan familial, qu’est-ce qui est le plus difficile à concilier avec les contraintes de la compétition ?

« C’est vrai, c’est un énorme défi. Au moment où l’on parle, mercredi 27 mai, le bébé n’est toujours pas arrivé. Au plus tard, il devrait naître le lundi 1er juin… avant que je prenne l’avion pour Le Mans le 4 juin. Il faut rester unis, forts et bien entourés, aussi bien à la maison qu’au travail. Heureusement, tout se passe très bien. On avance étape par étape, tranquillement, sans pression. Le compte à rebours est lancé. »

© MPS Agency

Laisser un commentaire