Job van Uitert entame sa neuvième campagne en ELMS et sa troisième consécutive chez IDEC Sport. Un peu avant qu’il ne termine 10e de la manche de Barcelone, le Hollandais est revenu avec nous sur les faits saillants de sa dernière saison chez IDEC ainsi que sur ses attentes concernant celle en cours.
Job, revenons un peu sur votre saison 2025. Elle ne fut pas forcément très facile. Pouvez-vous nous la résumer ?
« Très tôt dans la saison, on a senti qu’on aurait du mal à figurer sur le podium régulièrement. Ce n’est pas forcément un bon sentiment à avoir mais dans ce cas, on prend sur soi. Heureusement, la deuxième moitié de la saison nous a été un peu plus bénéfique, même si cela s’est accompagné d’un certain nombre de frustrations. »
Effectivement, vous finissez vos courses de Spa, Silverstone et Portimao aux marches du podium…
« A Silverstone, nous nous sommes pris une pénalité qui nous a empêché de monter sur le podium. Et puis à Portimão, j’ai vraiment tout donné pour me battre devant, en vain. On doit reconnaitre qu’on a eu du mal à s’adapter aux nouveaux pneumatiques. Les autres équipes ont mieux réussi que nous en la matière. Inter Europol Compétition et Panis étaient « un ton au-dessus » de nous. Heureusement, on était proches d’eux lors de la dernière course et en mesure à nouveau de leur mener la vie dure en piste. »
Il y a eu aussi les 24 Heures du Mans. Une course marquante pour IDEC où les deux voitures abandonnent…
« Le Mans a été une course très dure pour nous. Nous menions à deux heures de la fin. Là aussi, on n’était pas forcément les plus rapides en piste intrinsèquement mais on donnait tout ce qu’on avait. Et puis on perd ces roues… cela nous a fendu le cœur. En revanche, l’interaction avec le public nous a beaucoup ému. On nous a applaudi pour notre course et pour cette belle bagarre en piste alors que la voiture était rangée derrière le rail. Inoubliable. »
Comment se présente cette nouvelle saison 2026 pour vous ?
« Je crois qu’on comprend nos pneumatiques de mieux en mieux et qu’on peut en tirer toute la quintessence. Par conséquent, on a de plus grandes chances de succès cette saison. On doit avant tout veiller à faire des courses « propres », sans faute. On espère que Paul (Lafargue) sera en mesure de me donner ou de donner à Paul-Loup (Chatin) une voiture qu’on pourra pousser vers le haut du classement. On a vraiment un superbe équipage pour y arriver. Nous avons une grosse expérience individuelle et collective… Tout cela devrait nous donner les moyens de nous bagarrer pour la victoire au général. »
Comment s’est passée votre course à Barcelone il y a quelques semaines ?
« Ce n’est pas la course que nous espérions. Elle ne reflète pas le travail accompli par l’équipe, donc je suis déçu pour eux. Le niveau est très élevé. Dès que vous faites une erreur, il est impossible de revenir. Il faut être irréprochable, et nous ne l’avons pas été. Nous avons commis une erreur, et cela nous a coûté la course. Il nous manquait encore un peu de rythme par rapport aux voitures les plus rapides, mais il y a eu des moments où je me suis senti vraiment performant. »
Au Mans, vous aurez un nouveau coéquipier… Valerio Rinicella
« Cela fait maintenant plusieurs années que je fais partie de l’équipe, et c’est toujours motivant de démarrer un nouveau défi avec un nouvel équipage. Avec Valerio, l’enjeu ne sera pas de le mettre au niveau en termes de vitesse – il est déjà très rapide – mais plutôt de l’aider à apprendre toutes les spécificités de l’endurance et des 24 Heures du Mans. Le Mans, c’est bien plus qu’une course classique. C’est un week-end très long, très intense, où il faut savoir gérer son énergie, rester concentré et bien se préparer, aussi bien physiquement que mentalement. Ce sera sa première expérience sur une course de 24 heures, donc il y aura beaucoup de choses à assimiler, mais il a toutes les qualités pour y parvenir. »
Vous avez maintenant beaucoup d’expérience au plus haut niveau de l’endurance. Avez-vous été approché par des écuries pour courir dans la catégorie Hypercar ?
« Il faut bien reconnaitre qu’actuellement, il y a bien plus de pilotes susceptibles de courir en Hypercar que de volants. De plus, il y a une certaine réticence des équipes présentes en Hypercar à se reposer sur des pilotes qui n’ont jamais conduit une Hypercar. C’est vrai, j’ai déjà couru par le passé pour Vanwall mais cette expérience était de courte durée. Je dois donc essayer de me frayer un chemin. Il est vrai qu’on est lié à aucun constructeur en LMP2 et que les teams sont essentiellement privés. Pourtant, je crois qu’on est presque plus professionnel que certains pilotes dit « usine ». Je sais représenter une marque en piste et hors-piste. »
Le récent retrait de Porsche de la catégorie Hypercar complique-t-il les choses sur le marché des transferts ?
« C’est indéniable. De nombreux pilotes, clairement très rapides comme Jaminet ou Estre se retrouvent tout d’un coup sur le marché. Cela ne sera pas facile pour moi, mais pas impossible non plus. Je suis encore jeune, plein d’espoirs et de volonté. Rien n’est interdit pour moi, y compris un volant dans la catégorie Hypercar ! »
Matthias Fernandez

