César Héreau est un commissaire piste français qui n’a pas peur de voyager et de partager ses expériences. On dit toujours que les rêves sont faits pour être vécus, ce jeune originaire de Bourgogne parcourt le monde pour vivre sa passion avec intensité. César s’est confié pour Endurance Live sur son expérience unique vécue lors de la dernière manche IMSA, les 12 Heures de Sebring.
César, vous êtes commissaire de piste officiel. Quel a été votre parcours pour le devenir ?
« Je suis passionné de sport automobile depuis mon plus jeune âge. Enfant, j’allais assister aux Grands Prix de Formule 1 avec mon père. Un jour, je suis allé sur le circuit de Dijon-Prenois, on peut dire que j’étais à la maison puisque je vivais dans cette région. Plus tard, en 2021, sur le même circuit, j’ai croisé la camionnette de l’Association Sportive Automobile (ASA). Elle proposait des stages de formations au profit des commissaires. J’ai pris note de l’adresse mail inscrite sur le véhicule et j’ai pris contact. Un mois après je participais à ma première formation. Par la suite, j’ai officié pendant deux années en tant que stagiaire. J’ai commencé à 16 ans, c’est l’âge minimum pour devenir commissaire de piste de la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA), je n’avais pas envie de perdre du temps. Aujourd’hui, je suis titulaire de la licence internationale de commissaire, la « B », comme on dit dans le jargon.
J’ai officié sur les trois grandes courses de 24 heures européennes l’an passé (Le Mans, Spa et Nürburgring), un marathon de trois semaines passionnant, un rêve éveillé. Aux 24 heures du Mans en 2023, pour le centenaire, c’était ma première expérience dans la Sarthe, inoubliable ! J’ai le bonheur de retourner aux 24 heures du Mans et à Spa-Francorchamps tous les ans, c’est aussi un honneur pour moi de représenter l’ ASA Bourgogne et d’assurer la sécurité des pilotes sur ces courses de légende. »
Vous avez été commissaire en ce début de saison aux USA, aux 24 Heures de Daytona puis aux 12 Heures de Sebring, ce doit être une aventure hors norme pour vous ?
« Mon objectif premier est de travailler dans le domaine du sport automobile, je me donne toutes les chances de prendre des contacts, notamment cette année, en m’inscrivant sur de nombreuses compétitons. En étant commissaire, je peux rencontrer et échanger avec des personnes de ce milieu. Il m’est venu l’idée d’officier aux Etats-Unis en janvier et mars à Daytona puis Sebring. Un ami commissaire qui a les bons contacts m’a mis en relation avec les organisateurs des 24 Heures de Daytona, il m’a inscrit et j’ai été retenu. En ce qui concerne Daytona et Sebring, il faut se rendre disponible via un site internet de la « FFSA locale floridienne », Motorsportsreg, je n’ai pas hésité une seconde, j’ai pris le temps de renseigner les informations et j’ai reçu ma convocation plus tard, j’étais super content. Il faut tout de même montrer patte blanche, les américains se sont renseignés sur mes expériences passées au niveau national et international. »
Être commissaire aux USA et en Europe, y-at-il des différences ?
« Aux 12 Heures de Sebring, j’étais placé au poste 1A. Le poste se trouve à la sortie des stands, c’est proche du virage 1. Pendant les qualifications, la sortie de piste d’une GTP, la BMW M Team WRT #25 pilotée par Philipp Eng, nous a valu une belle frayeur, elle a tapée le panneau publicitaire qui a atterri sur nos têtes ! En fin de course, lorsque le sprint final a été lancé, la Ford Mustang GT3 #16 du Myers Riley Motorsports a aussi effectué une sortie de piste à mon poste, j’ai passé le message à la direction de course, les équipes d’intervention de l’IMSA ont alors pris en charge le pilote et la voiture. En IMSA, les commissaires de piste n’interviennent pas, ce sont uniquement des professionnels qui portent secours. En résumé, nous sommes uniquement dédiés aux drapeaux et à la communication des tracks limits (limites de piste, ndlr). Cette activité de commissaire n’est pas sans risque, nous étions vigilants donc tout s’est bien terminé.
Pour revenir à votre question, oui, il y a bien évidemment des différences entre l’Europe et les USA. Par exemple, ils n’utilisent pas de double jaune. Le double jaune, c’est uniquement quand la Safety Car est en piste. L’équivalent du double jaune FIA est un jaune agité en IMSA. Le drapeau blanc peut être agité ou fixe, en Europe on l’agite.
Aux 12 Heures de Sebring, as-tu pu rencontrer tes homologues français sur place ?
« Oui ! Quelle surprise de rencontrer des français commissaires de piste venus en nombre, j’ai pu échanger avec eux le premier jour. Ils étaient 7 au total. »
J’imagine que l’ambiance générale d’un tel évènement, les 12 Heures de Sebring, est à vivre au moins une fois dans sa vie ?
« L’ambiance c’est quelque chose en effet, Daytona et Sebring ressemblent un peu aux 24 Heures du Nürburgring. Les spectateurs sont rassemblés à tous les virages et en nombre. Par exemple au virage 7, il y a des passionnés qui viennent depuis quinze ans ! Ils arborent leurs décorations fièrement et sont accessibles, j’ai eu la chance le vendredi soir de partager de très bons moments avec eux au Green Park, véritable lieu de fête situé à l’intérieur du circuit. Pour être honnête, certains ne suivent pas vraiment la course, ils profitent du climat, de l’ambiance et des animations, ils m’ont même demandéqui avait gagné à la fin de la course ! Comme à Daytona, on peut aisément visiter les stands, les paddocks, rencontrer les pilotes et les membres des équipes. Je ne vous cache pas que pour nous, commissaires, ce sont de belles récompenses, des moments que nous n’oublierons jamais. »
Pendant le track walk, j’ai été interpellé par Roger van der Zande, le pilote de l’Acura Meyer Shank Racing #93. Il m’a interrogé : d’où tu viens ? qu’est ce qui tu fais là ?Je lui ai répondu que j’étais commissaire de piste, il m’a répondu « AMAZING ! ».
Après votre retour en France, à quel évènement allez-vous participer ?
« Le Circuit Paul Ricard a accepté ma candidature pour officier en piste mi-avril lors de la première manche de la saison 2026 du GT World Challenge Europe powered by AWS. Je suis impatient de revenir dans le Var pour cet évènement de l’Endurance Cup. »

